ASIE
des chiffres soit plus exacte. Ce travail a été fait pour d’autres dispensaires de l'ŒÆuvre de la tuberculose humaine à Paris et pour celui de Lille. D’après Calmette et Bernheim, il y a en général un dixième des tuberculeux indigents qu’on est obligé d'assister sous tous les rapports, loyer, vêtements, literie, chauffage, nourriture; et ils évaluent l’un à 80 francs, l’autre à 100 francs par mois et par malade ce genre d'assistance ; quant aux neuf dixièmes restant, un secours de 5 francs par mois et par malade serait largement suffisant, en tenant compte des assistances publiques où privées en dehors du dispensaire. Ces chiffres permettent de faire les choses grandement et sont d'ailleurs plulôt majorés. Ils montrent bien que les véritables dépenses d’un dispensaire sont fonction du nombre des consultants et de la pauvreté du quarüer, et non de la grandeur de l'immeuble ni du luxe de son aménagement intérieur.
Nous allons maintenant aborder l'étude de ces œuvres dans leur action. Comme nous avons assidüment fréquenté le dispensaire de la rue Saint-Maur, c'est de lui surtout que nous parlerons ; nous dirons comment on v travaille, comment on y secourl, comme on y soigne le luberculeux indigent.
Comme tout établissement de ce genre, le dispensaire du XI° arrondissement est sous la direction d’un personnel médical et d’un Conseil d'administration. Nombre des membres de celui-ci, qui appartiennent aux services de l'Assistance publique et des Bureaux de bienfaisance, ont bien voulu se charger des enquêtes domiciliaires, dégrevant ainsi par leur dévouement le budget du dispensaire des frais d'un
personnel enquêteur.
C'est par l'étude de ces visites que nous commencerons ce chapitre, parce que c'est sur elles que sont basées les admissions au dispensaire et la mise en traitement des malades ; c'est par elles qu'on peut attirer aux consultations louvrier, vaincre sa méfiance, éclairer son ignorance de l'hygiène et empêcher l'exploitation de la charité par les faux pauvres.
L'enquêteur est en effet muni d'une fiche sur laquelle, après sa visite, 1] consigne les renseignements qui lui ont été fournis par ses constalations personnelles et par sa conversation avec l’ouvrier. Nous donnons ci-après la copie de celle
fiche :