‹ Contribution à l'étude de la lutte antituberculeuse: Le DispensaireChapitre 8 sur 15 · ANA · texte numérisé non relu

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sur la valeur des remèdes ? « Intentionnellement, dit Calmette, nous ne délivrons pas de médicaments, parce qu'aucun n'est spéciliquement efficace. » D'accord ; mais si nous ne pouvons, pour la tuberculose pulmonaire, faire, Jusqu'à présent du moins, une thérapeutique netlement spécifique, pouvons-nous renier les bienfaits d'une thérapeutique symptomatique ? Quand les malades viendront se plaindre à notre visite de sueurs profuses, de diarrhées irréductibles, d'hémoptysies, de troubles gastriques, nous nous contenterions, pour les réconforter, de leur servir de bonnes paroles ; de leur faire un beau discours sur la nécessité d'observer les règles de l'hygiène publique ! Allons donc ! Laissons à nos parlementaires en veine celte façon de socialisme: nous ne sommes pas 1c1 devant une galerie de jolies femmes, mais devant des malheureux qui crient misère et réclament du soulagement.

D'ailleurs, on n'a guère élevé contre la thérapeutique au dispensaire que deux objections. Si l'on y distribue des médicaments, a-t-on dit, on fait aux pharmaciens et aux médecins du quartier une concurrence déloyale. Ce reproche ne tient pas debout; d'abord parce que les médicaments pourront être fournis, avec, 1l est vrai, le bénéfice minimum, par les pharmaciens du quartier ; et surtout parce que la clientèle du dispensaire élant Indigente ne nourrit guère son médecin.

La seconde objection, formulée par Calmette pour son dispensaire attenant à l'institut Pasteur de Lille, ne saurait être érigée en loi générale ; la voici: « La distribution des médicaments ne manquerait pas de laisser supposer que Îles médecins du dispensaire sont chargés d'éprouver sur leurs’ malades, pris comme sujels d'expérience, la valeur d'un remède nouveau découvert à l'institut Pasteur, ineriminé en raison même de son voisinage immédiat. »

Que ces scrupules soient juslifiés pour le dispensaire Emile

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Roux, soit; mais celte mitoyenneté avec un laboratoire de recherches est une exception. La dignité professionnelle du médecin traitant doit être à l’abri de toute suspicion ; le docteur du dispensaire peut bien prétendre, il nous semble, à la confiance de ses malades en échange de son dévouement.

L'étude d'un dispensaire comportera donc celle de son rôle de prophylaxie, rôle social, et de son rôle individuel par la thérapeutique et par l'assistance. Rien que par l'exposé succinct de ce programme on peut prévoir que ces fondations seront plus efficaces que toules les autres œuvres antituberculeuses actuelles, parce que seules elles ont envisagé la lutte dans l’ensemble ; que seules elles se proposent de mener de front l'attaque dans l'individu, l'attaque dans la société.

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