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dit, et que nous n’avons trouvé décrit nulle part. Nous voulons parler de la contraction réflexe du biceps.
Au moment du choc de la paume de la main contre le
l, le biceps, sous l’action d’un réflexe, se contracte énergiquement ; sans doute, quand l’avant-bras est tout à fait étendu, la traction qu’il produit sur la tubérosité bicipitale est beaucoup moins efficace que lorsque le bras est à demi fléchi ; cependant, il ne faut pas oublier que c’est un muscle d’un volume considérable ; et l’on sait, d’autre part, que l’influx nerveux d’un réflexe peut produire une contraction extrêmement violente de la fibre musculaire ; témoin la contraction si puissante du quadriceps dans le mécanisme des fractures de la rotule.
Or, cette traction n'agit pas tout à fait dans le sens longitudinal de l’os. Il y a, en effet, sous le biceps, le brachial antérieur qui, par sa masse, soulève la partie supérieure du tendon bicipital et le rejette un peu en avant.
On peut donc dire que si la traction sur le radius se fait de bas en haut, elle se fait aussi en partie d’arrière en avant.
C’est cette traction musculaire d’ordre réflexe qui est, croyons-nous, en grande partie, la cause de la luxation de la tête radiale en avant.
Sur le cadavre, il est très difficile de reproduire la luxation par choc sur la paume de la main. On ne peut réussir, « qu’à condition de choisir des cadavres de femmes ou d’enfants », sujets chez lesquels les ligaments sont en général peu résistants. C’est, qu’en effet, la contraction du biceps n'intervient pas alors, et, seul, le choc traumatique doit produire la lésion.
On pourrait objecter que si l’on admet he contraction réflexe du biceps, il faut aussi admettre la contraction ré-
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flexe des autres muscles du bras et de l’avant-bras, des muscies épicondyliens en particulier, lesquels venant s’appuyer fortement sur la tête radiale et au-devant d’elle, empêcheraient celle-ci de se luxér.
Tout en constatant que leur action, lorsque l’avantbras est en supination forcée, n’est pas tout à fait antéro-postérieure, mais plutôt un peu externe ; nous croyons que c’est à l’explication de l’extrême rareté de la luxation de la tête radiale en avant. Luxation extrémement rare, même chez les enfants où, cependant, les chutes en arrière sur la paume des mains ne se comptent plus. |
Voyons maintenant la luxation par suite de chute directe sur le coude ; là encore, l’action du biceps peut être importante, d’autant plus que dans cette position de
- flexion à angle droit, son action est bien plus efficace ; cependant, on comprend très bien que le choc seul agissant directement sur l’os, puisse la repousser en avant et vaincre la résistance ligamentaire.
En résumé, nous croyons que la luxation de la tête radiale en avant peut être, dans certains cas, le résultat du seul choc traumatique, mais que bien plus souvent, l’action du réflexe du biceps est prépondérante.
La luxation est commencée par le traumatisme luimême, elle est achevée par la contraction de la fibre musculaire.
ANATOMIE PATHO LOGIQUE
Au point de vue anatomique, on peut diviser en deux groupes les luxations de la tête radiale en avant : les récentes et les anciennes. Il est évident que dans ces dernieres, les lésions seront un peu différentes, car la tête radiale se sera adaptée plus ou moins à sa nouvelle position.
Luxations récentes. — La tête radiale est maintenue en place par deux ligaments, sans compter la capsule artieulaire : le ligament annulaire et le ligament latéral externe au moyen de ses fibres antérieures. Le ligament latéral externe se divise, en effet, en trois faisceaux. Seul, le faisceau antérieur a une action très nette sur le maintien de la tête radiale ; il est dirigé de dehors en dedans et obliquement de haut en bas. Ses fibres viennent s’attacher sur le bord de la petite cavité sigmoïde du cuhitus, de sorte qu’elles se confondent absolument avec celles du ligament annulaire dans toute la partie antérieure.
Voiei ce que dit M. le professeur Poirrier dans son Traité d’Anatomie 5
« Le ligament annulaire n’est pas, comme le décrivaient les auteurs classiques, un ligament épais et fort, haut de un centimètre, et qui, s’insérant aux deux extrémités de la petite cavité sigmoïde du cubitus, complète l’anneau ostéo-fibreux dans lequel tourne la tête du radius.
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» Au contraire, si l’on examine la disposition de l’ appareil ligamenteux radio-cubital en le regardant par sa face articulaire, on constate que la très grande majorité des fibres du ligament annulaire classique ne sont que des faisceaux réfléchis du ligament latéral externe de l’articulation du coude. »
Nous voyons done que le ligament annulaire n'existe pour ainsi dire pas en avant, et d’autre part, que c’est un ligament relativement faible. Or, entre le faisceau antérieur du ligament latéral externe et le faisceau moyen, il y a un espace libre, sorte de petit triangle à base inférieure, au fond duquel on peut tomber directement sur le ligament annulaire.
C’est évidemment là le point faible, c’est là que se fera le plus souvent la déchirure.
D’autres fois, au contraire, le ligament annulaire ayant conservé une certaine indépendance, ne sera pas déchiré avec le faisceau antérieur du ligament latéral externe, il descendra simplement sur le col du radius et l’enserrera comme dans un anneau. 3
Dans la plupart des cas, cependant, les ligaments antérieur, latéral, externe et annulaire sont rompus. La tête radiale est portée en avant de l’humérus et souvent un peu ‘en dehors (1. Cahier). Dans un fait rapporté par Üonner, elle s'était logée sous le tendon du biceps.
Comme lésions rares, on a signalé la blessure de l’artère humérale (Le Dentu), la contusion du médian et même la rupture de la branche postérieure du nerf radial.
Luxations anciennes. — Dans le cas de luxations anciennes, les pièces d’autopsie facilitent beaucoup les constatations.
L’articulation subit d'importantes fentes Les