ARTS
surfaces articulaires normales peuvent avoir complètement disparu et à côté, d’autres, au contraire, de nouvelle formation, peuvent se montrer en des points où il n’en existait pas. C’est surtout lorsque l’on a une ancienne luxation qui s’est produite chez un enfant, que l’on peut voir ces néoformations, Chez lui, en effet, l’articulation récupère bien une partie de sa mobilité. Chez l’adulte, au contraire, les tissus sont moins lâches, moins élastiques et s'adaptent moins bien à toute nouvelle fonction.
On peut trouver des modifications profondes, soit du côté de l’humérus, soit du côté du radius. L
Dans l’humérus, se creuse généralement, à la partie antérieure de l’épicondyle, une nouvelle cavité de réception destinée à la tête radiale déplacée.
Une nouvelle synoviale et une capsule fibreuse en font une véritable petite articulation.
Il est rare, toutefois, que cette capsule fibreuse de nou velle formation soit absolument nette, et l’on peut dire que « nulle part ce manchon fibreux n’acquiert assez de force pour constituer de véritables ligaments ». (Thèse de Frigaux.)
Au contraire, au miveau de l’ancienne capsule inhabitée, la chute dans la cavité des tissus environnants à vite fait de la combler, et des adhérences nombreuses s’établissent, apportant ainsi un obstacle insurmontable à ja réduction.
Dans une pièce très curieuse du musée anatomo-pathologique de Zurich, dont on peut voir la photographie dans le nouveau Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet, il s’est formé une surface articulaire à la face postérieure et un peu en dessous de la tête radiale, de sorte que le radius ( présente, comme le dit Frigaux, l’aspect die
SYMPTOMATOLOGIE
Inspection. — L'’avant-bras est généralement demifléchi, il est dans une position intermédiaire à la supination et à la pronation, plus rarement en pronation complète. Il est infléchi en dehors et présente un certain raccourcissement sur son côté externe.
Le plus souvent, le sonflement est considérable, et lorsque la chute a eu lieu sur le coude, il est accompagné d’une ecchymose plus ou mois forte.
Lorsque le gonflement est peu accentué, ou quand on exa-
“mine le malade lorsqu'il a diminué, les détails apparaissent mieux, l’articulation comparée à celle du côté sain est caractérisée par la diminution de son diamètre transverse et par l’augmentation de son diamètre antéro-postérieur. Au niveau du pli du coude, on voit une petite masse saillante, occupant la gouttière formée par le biceps à l’intérieur et par la masse des muscles épicondyliens à l’extérieur. |
Tantôt aussi c’est le tendon bicipital lui-même qui est soulevé et rejeté en avant.
Enfin, en regardant la partie postérieure du bras, on voit une dépression notable au-dessous de l’épicondyle.
Palpation. — La palpation du coude, lorsque le gonflement est modéré, fait percevoir en avant une saillie dure et arrondie, qui roule très mettement sous le doigt
Hole
si l’on a soin de faire exécuter en même temps à l’avantbras des mouvements de pronation et de supination. Une dépression existe à deux centimètres environ au-dessous de l’épicondyle là où normalement on découvre un relief. On peut quelquefois obtenir encore de légers mouments de latéralité, en agissant sur l’avant-bras d’une main, tandis qu'avec l’autre on immobilise l’humérus. Les mouvements actifs sont très limités et plus ou moins douloureux. La flexion dépasse rarement l’angle droit ; l’extension, très douloureuse, reste incomplète, la supination et la pronation sont difficilement exécutées. Cependant, ce n’est que dans les premiers jours qu’on
voit cette impotence fonctionnelle presque absolte. Il
n’est pas rare qu’au bout d’une ou deux semaines les mouvements soient beaucoup plus amples et beaucoup plus faciles.
En provoquant des mouvements passifs, quelques auteurs ont décrit un choc perçu par la main qui tient l’avant-bras, lorsque l’on veut fléchir ce dernier sur le bras, et l’on a, disent-ils, la sensation très nette d’un obstacle mécanique empêchant la flexion complète.
D'autres fois, la tête radiale s’échappe latéralement, et la flexion dépasse alors de beaucoup l’angle droit.
L'extension passive est en général peu diminuée. La pronation est beaucoup moins douloureuse que la supi-
- nation.
Enfin, dans certains cas, on a la sensation de la « touche de piano », qui est produite par le retour de la tête radiale en avant, quand on a essayé de la réduire en la pressant avec le pouce.