‹ Contribution à l'étude de la lymphadénie caséeuse du moutonChapitre 23 sur 27 · TRAITEMENT. — PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT. — PROPHYLAXIE

Nous ne dirons rien du traitement banal des différentes formes cliniques de la maladie. Il s’agit là d’une thérapeutique de symptômes qui ne se distingue en rien des interventions utilisées contre des affections viscérales ou régionales quelconques étrangères au bacille de Preisz- Nocard ; thérapeutique dont l'efficacité reste d’ailleurs à démontrer dans le cas particulier qui nous occupe.

Par contre, des mesures prophylactiques bien comprises pourraient avoir parfois le plus heureux effet sur l’évolution de la maladie dans une exploitation donnée.

D'une façon générale, il serait indiqué d’entretenir les troupeaux dans de bonnes conditions de nourriture, d’abreuvement, de logement ; de leur donner de l'air et de la lumière ; de les soustraire aux températures extrêmes ; de ne pas les laisser stationner pendant une longue période sur le même fumier. Ces prescriptions seraient utiles pour lutter contre l’infection par le bacille de Preisz-Nocard, mais

encore une foule d’autres maladies des moutons. Par mal-

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heur, elles ne sont pas réalisables en quelques jours et ne pourront être adoptées qu’à la longue, lorsque les éleveurs seront éclairés sur les inconvénients de leur façon de faire.

On pourrait songer également à débarrasser une bergerie de cette affection en supprimant d’un seul coup les animaux atteints. Cette méthode ne peut donner satisfaction puisque nous savons que des animaux sains en apparence sont des porteurs de germes redoutables et infectent constamment le milieu extérieur par leurs excréments. Malgré cela, il est tout de même indiqué d'éliminer les animaux qui toussent, qui ont du jetage ou sont atteints d’abcès superficiels.

Il peut être indiqué également de protéger les plaies contre l'infection, notamment la plaie ombilicale du nouveau-né et celle de la section de la queue. Pour l’ombilic, il faut faire la ligature aussitôt après la naissance, puis badigeonner la région avec une solution iodée, et enfin la recouvrir avec du collodion iodoformé ; même pansement au niveau de la queue.

Ces indications suivies de façon précise ont parfois donné de bons résultats (Carré et Bigoteau.) Dans d’autres exploitations, le succès a été moindre et cela se comprend, car si l’agneau n’a pas été infecté par la plaie ombilicale, il Pa été très rapidement par le tube digestif. Enfin et surtout, ces précausions assez minutieuses et réclamant une maind'œuvre laborieuse et de bonne volonté, ont été rapidement

abandonnées par les éleveurs. Il y a peut-être inertie de

notes

la part de certains, mais la plupart sont plutôt découragés par la pénurie ou la mauvaise qualité du personnel. Et à cela nous ne voyons pas de remède tout au moins dans un avenir prochain.

Quoi qu'il en soit, les mesures prophylactiques recommandées à l’origine par Carré et Bigoteau, et dont certaines pouvaient avoir une réelle valeur, ne sont pas passées dans la pratique courante.

On a donc cherché d’autres moyens de lutter contre cette redoutable maladie. C’est ainsi qu'on a fait appel à Îa sérothérapie et à la vaccination.

Dès 1908, Carré et Bigoteau ont préparé un sérum à l’aide de la toxine de Preisz-Nocard. « Nous avons pu obtenir, disent-ils, sur le cheval un sérum antitoxique suffisamment actif ; 1 cc de sérum protège le cobaye contre 3 cc de toxine ; c’est au moins 30 fois la dose mortelle, mais il n’a aucune action sur le microbe lui-même qui envahit l'organisme aussi bien des traités que des témoins. Très largement employé sur les moutons de tout âge... il a été incapable d'empêcher l’apparition des abcès. »

La vaccination, au contraire, a donné des résultats très

satisfaisants ; nous allons l’étudier en détail.

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