‹ Contribution à l'étude de la maladie de BarlowChapitre 15 sur 28 · LOT VE · texte numérisé non relu

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Allant plus loin, d’autres auteurs se sont demandés si les bactéries parasites ou pathogènes de l'homme peuvent où non fabriquer des vitamines. Pacini et Russell paraissent démontrer que le B. d'Eberth est capable de synthétiser une vitamine. Mais, par contre, le coh bacille, infiniment plus répandu, qui persiste dans lintestin des animaux en avitaminose, ne semble pas capable de fabriquer des vitamines.

Poursuivant encore dans celle voie, Portier prétend qu'il existe non seulement dans l'intestin, mais dans l'intérieur de nos cellules-mêmes spécialement dans les cellules graisseuses des micro-organismes SYMBIOTIQUES qu'il a pu isoler et cultiver. Se basant sur ce que vitamines et symbiotes seraient localisés dans les mêmes tissus : cellules graisseuses, cuticules de grains, etc., sur ce que vitamines ef symbiotes sont détruits aux mêmes températures, l'auteur en conelut que les symbiotes ont pour mission de synthétiser les vitamines. La plupart des auteurs nient l'existence des micro-organismes symbiotiques et prétendent qu'il s’agit d'erreurs d'observaüon et de culture:

Telles sont brièvement résumées nos connaissances sur les facteurs de croissance. L'absence de ces facteurs de croissance dans Falimentation produit ce que l’on a appelé lavitaminose, terme que nous avons déjà employé el sous lequel la dénomination duquel certains auteurs groupent le béribéri, le scorbut des adultes, la maladie de Barlow, la pellagre et la xérophtalmie. Pour la maladie de Barlow, il semble bien en effet que l'absence de Fun ou de l’autre des facteurs de croissance “puissent jouer un rôle. On doit cependant rester troublé par ce fait expérimental de l'échec du beurre, de l'huile

de foie de morue et de la levure de bière.-employés simultanément, apportant par conséquent les deux facteurs dans la prophylaxie du scorbut expérimental du cobaye. De même en clinique, pour le Barlow, le jus de citron est un moyen euralif bien supérieur aux aliments les plus riches en substance A et B.

C'est que la maladie de Barlow, ainsi que les maladies dont nous avons parlé’ ci-dessus sont non seulement:des avilaminoses, mais des maladies de « carence » selon le terme d'Hugouneucq repris par Weill et Mouriquaud.

Carence, peut-être, des sels minéraux dont nous avons parlé, carence peut être aussi d'acides aminés, comme il s'agit peut-être encore de carence de vitamines, à moins qu'il n'y ait une carence d'éléments que

nous ne faisons qu'entrevoir comme ces groupements

fondamentaux de 4 nutrition que Bierry signale dans les hydrates de carbone et les graisses, groupements fondamentaux qui ne sont pas rigoureusement interchangeables, comme on à paru le croire-au cours des recherches sur les vitamines.

Quel que soit l'élément dont l'absence cause la carence, nous pouvons nous demander si c'est bien à cette carence que sont dus les troubles et quel est leur node de production. On ne peut guère dire, à l'heure actuelle, s’il s'agit de troubles dus en somme à l'application de la loi du minimum qui veut qu'un aliment n'ait de valeur qu'en proportion de Son élément nécessaire le moins abondamment représenté ou, au contraire, S'il s'agit de phénomènes plus complexes comme une action spéciale sur certaines glandes à sécrétion interne (c'est ainsi que le brome à été trouvé dans le thyroïde-Labat), ou encore si l'absence de certains éléments rend les ali-

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ments toxiques. I'semble bien qu'il y ait plus qu'une simple application de la loi du minimum qui ne pourrait guère produire qu'un arrêt de la croissance chez le jeune ou de la dénutrition chez l'adulle, tandis que, dans la maladie de Barlow on observe une symptomatologie {très nettement caractérisée, Un auteur américain, Robert Me Carrison, a même fait des recherches dans le but d'élucider cette pathogénie. Après avoir nourri de riz décortiqué des pigeons, il à examiné leurs viscères, et a noté de. Fhypertrophie des surrénales (hypertrophie paraissant en relation avec l'ædème des sujets), de l'atrophie du {hymus, des glandes génitales, de la râte, du foie, du cerveau. Cés lésions d'atrophie frapperaient surtout les noyaux. Au point de vue bactériologique, on aurait trouvé des seplicémies chez 94 sujets, et le sang aurait été slérile chez 48 seulement. Parmi les témoins, il y avait 6 cas d'infection sur 63 examens.

En passant par l'alimentation, dite de carence, nous voici done revenus à la théorie de la septicémie déjà émise par Ausset, il v aura bientôt vingt ans. Cette théorie semble recevoir une confirmation du fait qu'il existe une température irrégulière oscillant autour de 38 et même au-dessus, symptôme sur lequel M. le Professeur Marfan insiste dans son enseignement. Cette température se produit surtout dans les premiers jours du traitement. Mais nous pensons, ainsi que M. Marfan le fait remarquer, que ce symptôme n’est pas dû à une septicémie, mais à la résorplion du sang épanché dans les hémalomes. EU il semble bien que sous cet aspect, pas

plus que de la façon dont elle s'était présentée autrefois, la théorie septicémique ne puisse reconquérir la faveur

des médecins, Car on n'a jamais trouvé de facon régulière el constante de microbes dans les hémocultures.

Nous venons de voir quelles éfaient, dans l'état actuel des travaux scientifiques, les substances dont l'absence pouvait entrainer la notion de carence, Nous nous sommes basés surtout sur des expériences de physiologie expérimentale, Voyons, ainsi que le disent Weill et Mouriquaud, quelle application pratique nous pouvons faire de ces travaux. I n’est pas possible d’assimiler en tout el pour lout l'organisme de l'animal sur lequel on expérimente à celui de l'homme ef surtout à celui de l'enfant, Alors que l'enfant peut être alimenté pendant toute sa première année avec du lait de vache qui n’est pourtant pas son alimentation spécifique, Weill et Mouriquaud ont montré, à la suite d'expériences faites en 191%, que des cobayes. succombent au bout d'une vingtaine de jours avec une alimentation lactée exclusive, même si ce lait est frais. Les mêmes auteurs rappellent aussi des expériences analogues sur des chiens faites par Gibson et Conception, aboutissant à cette conclusion que le lait de vache frais est insuffisant pour l'alimentation des chiens adultes. Il se produit des troubles polynévritiques.

C'est que chaque espèce, bien plus chaque individu ou {out au moins chaque âge, a besoin d’une nourriture en quelque sorte spécijique. Chaque fois que l'on s'éloigne de cette alimentation, on observe des troubles. Ces troubles sont dus évidemment dans bien des cas à la carence ; mais, dans d’autres cas, ils peuvent être dus à d'autres causes. Me Collum prétend que bon nombre de ces prétendus troubles sont, en réalité, dus à la constipation. Morgen et Beger élablissent qu'il y a survie de

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lapins devenus scorbutiques par un régime exclusivement composé d'avoine, si on ajoute du bicarbonate de soude à leur régime. Schaumann et Laqueur notent aussi des survies avec du carbonate de soude. IIS attribuent ce fait à ce qu'il existerait de l'acidose. Des expériences ultérieures n'ont pu confirmer ce fait et il ne semble pas qu'il v ait de l'acidose dans la maladie de Barlow. $

Quoi qu'il en soit de ces troubles, que ce soient des troubles digestifs ou autres, il n'en subsiste pas moins que le nourrisson à un organisme adapté pour recevoir une nourriture, et une seule nourriture, le lait de sa propre mère. Et encore est-il besoin de préciser dans quelles conditions doit être nourrie la mère pour que son lait soit bon. Nous avons vu que le scorbut infantile peut survenir chez des enfants au sein : cela tient très probablement à ce que le lait de la mère est carencé, parce que la mère a elle-même une alimentation carencée. Nous avons exposé l'influence de l'alimentation sur les vitamines du lait au cours de notre étude sur les vitamines.

Les cas de scorbut infantile, possibles avec l'alimentation au sein, mais très rares, somme foute, deviennent plus nombreux à mesure qu'on s'éloigne de cette alimentation spécifique.

Si on emploie le lait de vache seulement bouilli, on a peu de chance de les avoir. Comby, sur plus de 40 cas personnels, ditne jamais en avoir trouvé un seul au lait simplement bouilli, pas plus qu'au sein d'ailleurs. C’est que le lait de vache, tout en n'étant pas très riche en vitamines, à, à priori, plus de chances d’en contenir que le lait de femme, el cela pour deux raisons : 1° les

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