PATHOGÉNIE
Avant d'étudier la pathogénie de la maladie de Barlow, il est bon de rechercher quels peuvent être ses rapports avec les maladies du même genre avec lesquelles divers auteurs lui ont reconnu une identité de nature.
Le rapprochement avec le purpura a été fait (Lenoble). Mais il est difficile puisque le purpura comprend des état morbides différents dont la nature est fort mal connue. Néanmoins, les auteurs qui ont été frappés des analogies de la maladie de 3arlow avec le purpura, se sont demandés si dans les deux cas il n'y avait pas une dyscrasie hémorragique spéciale, Mais on leur objecte que l'éruption purpurique est ass2z rere dans la maladie de Barlow el que dans le purpura, même chez les enfants, on-ne trouve pas dhématomes sous-périostiques.
Reste donc l'analogie avec le scorhut d'une part, le rachitisme de l’autre. La plupart des médecins français penchent vers la première hypothèse pour les raisons suivantes :
1° La maladie de Barlow peut coexister et coexiste en effet souvent sur un même sujet avec le rachilisme, mais elle n’est pas précédée d'un des états loxiques nécessaires à Ja production {u rachitisme. Le rachitisme est plus fréquent dans la classe pauvre, le scorbut se rencontre plutôt &ans la classe aisée, dont les enfants sont nourris plus jongtemps avec des aliments spéciaux et mis plus tard à la table conmune.
2° La similitude des symplêmes avec le ecorbut est frappante, et s'il y a des différences elles s'expliquent par la différence entre l'enfent et ladulle. Si les statistiques donnent un pourcentage
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moindre pour la gingivile durs le scorbul infantile, c'est qu'en général elle fait défaut chez les malades qui n'ont pas encore de dents. El si les hémalomes sôus-périostés existent moins souvent chez l'adulte on les observe pourtant, et leur plus grande fréquence chez l'enfant s'explique tout nalurellement par Flactivité des échanges nutritifs dans l'intimilé des tissus osseux en accroissement intense. :
3° Au point de vue anatomo-patholosique, mêmes épanchements sous-périostés, même ostéite raréfiante prédisposant à Ja fracture.
4° Enfin, poml essentiel, la guérison est obtenue par le même traitement qui est un véritable traitement pierre de touche.
D'autres auteurs (Prun et Renaut, Ausset, certains médecins allemands) perisent pourtant que la maladie de Barlow n’est autre que le rachitisme aigu.
Ils disent que la maladie de Barlow apparaît moins rapidement que le scorbul, qui rrésenterait de préférence une allure épidémique.
Ils montrent les quelques cas indiscutables d'enfants nourris avec des aliments qui sont considérés comme anliscorbutiques enfants au sein, au lait frais ou Seulement bouilli ou encore enfants nourris à la table commune.
Hs citent les nombreux exemples de malades frappés à la fois de scorbul et de rachitisme, ajoutant que si la coexistence n'est pas plus fréquente encore, c’est que les lésions osseuses du rachitisme n'ont pas toujours le temps de se produire.
Ces ohjections ne sont pas irréfutables
l° Si le scorbut paraît plus épidémique que FR maladie ce Barlow, c'est qu'en général dans les conditions où il se produit (dans les villes assiégées, sur les navires) tout le monde est nourri de même facon, et il est logique que les cas soient multiples, tandis que la dielélique des nourrissons varie selon les individus :
8" Le-fail que le régime antistorbutique ne guérit pas loujours
le scorbut iniantile peut très bien s'expliquer : c'est que ce régime, dit antiscorbutique, ne contient pas loujours en réalité tous les principes auliscorbutiques nécessaires : nous verrons plus loin comment un lait même frais peut se lrouver dans ces condilions Ft
3° Enfin, les objections anatomiques sont sans valeur, car à l'examen histologique, on ne trouve jamais dans le rachitisme de bande de tissus conjonctif -seléreux: dans la couche ossiforme, immédiatement au-desscus de la chondro-calcaire, il n’y a jamais la même atrephie et la même raréfaction de la couche ossilorme, raréfaction très précoce qu'on retrouve même düns les côles qui sont pourtant peu touchées par le scorbut infantile. La réaction médullaire n'est que secondaire dans la maladie de Barlow, alors qu'elle est primitive dans le rachitisme. Dans la maladie de Barlow, elle aoit être considérée comme consécutive à l'anénue.
Quant à la coexistence des deux maladies sur le mème sujet, coexistence fréquente, mais non constante, elle s'explique tout naturellement par la pathogénie des deux maladies; le rachitisme étant considéré comme produit jar des troubles toxiques, le scorbut étant produit par l'absence de certains éléments dans l'alimentation : le régime qui produit les troubles gastro-intestinaux manquant scuvent de ces éléments.
La maladie de Barlow ayant été considérée comme une forme aiguë du rachitisme, il est logique qu'en relation avec celte assimilation de nature, il ait été formulé des théories pathogénétiques.
Ausset pense que la maladie de Barlow ne serait autre chose qu'une vérilable seplicémie ou toxhémie hémorragique, les jeunes malades en se nourrissant d'aliments conservés ont une modification inconnue de leur chimisme gastrique, modification exaltant la virulence des microbes de lPintestin qui traversent la paroi intestinale et vont causer la septicémie hémorragique. Le scorbul serait une pasteurellose se produisant, soit sous l'influence des saprophytes des’ voies digestives, soit même sous l'influence des pasteurelles ingérées avec certains aliments de conserve accidentellement altérés.
Et l’auteur voit la confirmation de celte théorie dans l’analogie qui existerait ainsi entre le rachitisme et les maladies infectieuses dans lesquelles il existe des formes hémorragiques, variole ou scarlatine.
Nous aurions alors, Comme causes du scorbut infantile, toutes les modifications du lait : modifications provenant de la santé des vaches, de leur alimentation, de la facon dont le lait est trait el conditionné.
Les laits peuvent, en effet, être toxiques, à cause - d’une maladie de là vache laitière. Et, à ce point de vue, on ne saurait trop signaler l'influence de la tuberculose, dont sont atteintes bon nombre de vaches dont le lait est livré à la consommation.
Le lait peut êlre {oxique, à cause de l'alimentation défectueuse de la vache laitière. Le Professeur Marfan signale, dans son traité de l'allaitement, l'influence de l'alimentation des vaches sur la qualité du lait, soit que les vaches reçoivent une nourriture Composée de sousproduits de l'industrie comme des pulpes de betteraves, des tourteaux, des drèches de distiflerie, soit même que les vaches reçoivent à la ferme des aliments nuisibles pour une raison quelconque, comme les feuilles de betterave à cause de leur trop grande teneur en sels de polasse. té
Le lait peut être toxique à cause des souillures microbiennes qu'il subit avant sa stérilisation définitive. Celleci tue bien les microbes, mais il persiste les toxines qu'ils :ont fabriquées avant d'être tués. Dans quelle mesure ces toxines sont-elles modifiées par la chaleur ? Et quelles modifications peuvent-elles faire subir au lait pendant sa stérilisation ? Question bien difficile à résoudre.