‹ Contribution à l'étude de la maladie de De QuervainChapitre 16 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il peut être médical ou chirurgical.

1° Médical :

a) Externe : Au début pour calmer la douleur, s'impose l’immobilisation avec une attelle légère et une compression oualée; cette mesure réunit l’unanimité des suffrages, mais .ensuile l'accord cesse. Si quelques auteurs se font les avocats du traitement médical (Marion, Poulsen), la majorité le condamne comme inopérani.

De multiples traitements ont été proposés et essayés : applications chaudes ou froides, enveloppements à l'acétate d’alumine ou frictions avec solutions alcoolisées ; révulsion sous forme de vésicatoire, de pointes de feu, de teinture d’iode ou de pommades ; séances d'air chaud, injections loco dolenti d'acide salicylique, ete.

De Quervain conseille d'éviter le massage, Celui-ci paraît en effet avoir une action aggravante très réelle.

Chester C. Schneider vante l'appareil plâtré laissé en place 4 à 6 semaines.

La radiothérapie paraît avoir parfois une action efficace et rapide et le troisième cas de M. Lamy en est une bonne démonstration. Weissenbach et Françon lui doivent également un succès dans leur série.

b) Interne : Nous signalerons l'effet nettement favorable donné chez un des malades de Weissenbach et Françon par une médication complexe, qui associait

| Ce QT |

l'opothérapie thyro-ovarienne à l'urotropine, l'iode et 1 Lithium.

c) Hydrologique : Soit sous forme de cure thermale à Aix-les-Bains comme le préconisent Weissenbach et Françon, soit plus simplement sous forme d’applications locales de compresses d'eaux mères (Salins, Salies, etc.). La deuxième malade de M. Lamy en avait retiré un bénéfice notable.

Ces moyens restant le plus souvent sans effet et les malades continuant à souffrir, il convient d'intervenir.

>° Traitement chirurgical : La méthode de choix, car elle agit sûrement et rapidement.

La technique en a été réglée par De Quervain. L'intervention est exécutée sous anesthésie locale. On incise la peau suivant une ligne aussi courte que possible à la hauteur de l’apophyse styloïde radiale le long des tendons du long abducteur et court extenseur du pouce. On découvre et écarte avec soin la veine céphalique du pouce et la branche dorsale cutanée du nerf radial. Puis on traverse l’aponévrose et on lève l’étranglement soit par un coup de ciseaux au tissu fibreux, soit en réséquant Ja demi-virole qui recouvre superficiellement les deux tendons, ou bien toute Ia gaine séreuse. On procède ensuite à la suture immédiate : la guérison est obtenue en 8-10 jours pendant lesquels il faut mobiliser le poignet systématiquement.

Il s’agit, on le voit, d’une intervention simple, facile, sans risques, qui soulage immédiatement.

Les résultats éloignés sont des plus favorables à en juger par les statistiques de De Quervain, d’'Eschle ou d’autres.

En résumé, voici la ligne de conduite telle qu'elle résulte des considérations précédentes.

Au début : expectation avec immobilisation et thérapeutique sédative.

Au bout de trois semaines environ, s'il n’y a pas guérison, conseiller un traitement thermal ou par les agents physiques (radiothérapie).

Si, malgré ce traitement, les symptômes persistent, intervenir chirurgicalement.

L'indication doit être posée plus précocement quand la douleur et l’invalidité sont très prononcées.

Page 1