OBSERVATION I
(Laver, Lancet, 1896, p. 114).
Un cas de dermatite herpétiforme
envahissant le tube digestif et à évolution mortelle. :
Une femme de 52 ans fut admise à l'hôpital le 15 juillet 1896, avec l'histoire suivante : au début de mars dernier, après un deuil familial qui amena une dépression mentale grave, elle commença à souffrir d’une éruption qni débuta derrière les épaules et continua à s'étendre rapidement jusqu’au moment de son admission. A cette date, fla peau était couverte d’une éruption consistant en larges bulles irrégulières de forme et de volume, siégeant sur une base érythémateuse. En plus des bulles, il y avait des squames et des pustules, mais les premières prédominaient. La température à ne monta pas, il n’y eut pas de signes de maladie aiguë. La
malade éprouvait une sensation de douleur diffuse générale
plutôt qu’une grande irritation, accompagnée d'une dépression constitutionnelle.
Pas d'antécédents cutanés héréditaires ; aucun signe de syphilis.
Ménopause un an avant.
On prescrit une préparation à l'iodure de potassium, perchlorure de mercure et liqueur arsenicale et une pommade à l'oxyde de zinc et azotate mercureux.
Sous l'effet de ce traitement, la peau s’améliora très rapi-
dement, les bulles séchèrent et les lésions furent remplacées par l'apparition de plaques pigmentées et décolorées. Le quatrième jour, on remarqua deux bulles, de chaque côté de la partie postérieure de la voûte palatine ; en même temps s'installa une diarrhée qui se montra très rebelle, malgré qu on ait tenté de l'arrêter par des pilules de sulfate de cuivre et opium. Le traitement mercuriel fut alors arrêté et l'opium administré en plus larges quantités le onzième jour. Depuis lors la malade déclina rapidement, et pendant les deux jours qui précédèrent la mort, la diarrhée fut accompagnée de vomissements, qui ne purent être que partiellement maîtrisés. Mort le quatorzième jour. Malheureusement, on n'a pu
faire l’autopsie.