NOSOLOGIE
L'étude de la symptomatologie et surtout de la pathogénie de la maladie de Harada conduit tout. naturellement à un problème difficile à préciser actuellement : celui des limites de cette maladie.
Nous avons vu plus haut, au chapitre de la discussion pathologique, que certains auteurs, comme Okamura par exemple, voudrait identifier à cette affection des manifestations symptomatiques analogues dues, soit au spirochète, «it au tréporème, soit au bacille de Koch. 1l est éviuer: que de tels microbes sont susceptibles de créer des associations de méningo-uvéites, mais le syndrome de Harada avec son allure clinique particulière, sa curieuse évolution et surtout sa bactériologie toujours négative, constitue une entité clinique indiscutable dans laquelle n’ont pas place des manifestations méningo-uvéales d’origine bacillaire, spécifique ou spirochétosique.
En rapportant, dans le chapitre précédent les expériences de Okamura nous avons vu que cet auteur, ayant reproduit expérimentalement une uvéite voisine de la maladie de Harada avait eu Ja curiosité d’en faire l’examen histologique. Cet examen lui avait montré une infiltration uvéale et choroïdienne, constituée par des éléments mononucléaires arrondis, rappelant énormément l’aspect d’une uvéite sympathique. Faut-il rapprocher pour cela le syndrome de Harada et l’ophtalmie sympathique ? Certainement non ; létiologie si précise de cette dernière affection qui est toujours conditionnée par un traumatisme perforant, jamais en cause dans le syndrome que nous étudions ; l’absence de signes méningés ou cutanés dans l’ophtalmie sympathique, son caractère jamais infectieux nous interdisent de rapprocher ces deux affections.
ST À Re
Par contre, et c’est également j’opinion de Harada, Kitazawa, Metsuoka, Ogawa, une forme rare d’uvéite décrite par Vogt en 1906 doit être considérée comme relevant d’une étiologie analogue sinon identique. Cette uvéite serait une maladie de Harada incomplète :; les signes uvéaux sont les mêmes mais n’aboutissent pas au décoilement rétinien, les signes généraux sont rares ou très discrets ; par contre les signes cutanés et pileux sont identiques : canitie, poliose, calvitie.
Enfin, il existe certaines affections ophtalmologiques rares qu'il est logique de rapprocher de la maladie de Harada : les uvéites à hypopion récidivant et surtout les décollements inflammatoires de la rétine, Nous avons signalé, en tête de cette étude que de tels décollements, qui font en sorte la transition entre les décollement idiopathiques et le syndrome étudié, avaient été publiés et observés il y a déjà fort longtemps au cours de. sclérites, d’irido-cyclites. Ces décollements surviennent donc toujours en cours d’une affection d’allure inflammatoire, ils sont le plus souvent unilatéraux mais peuvent être bilatéraux ; ils sont ae ment unis au décollement de la maladie, de Harada. ‘Is sont en somme des formes frustes de cette maladie comme le pensent Magitot, Malbron et Muhlman.
La méningo-uvéite avec calvitie représente done une entité clinique indiscutable, distincte de toute autre. affection, à l’exception de l’uvéite à hypopion récidivant et sur-
tout des décollements inflammatoires de la rétine.