CHAPITRE VII
Traitement.
Au moment où la maladie kystique de Reclus était synonyme de cancer, l’ablation des deux seins était la règle. A la suite des découvertes histologiques et des observations cliniques, on a réagi contre cette tendance et voici quel est le traitement habituel que l’on emploie.
Dans les cas de maladie kystique survenant chez la jeune fille ou jusqu’à l’âge de 40 ans, on pourra appliquer un traitement médical, c'est-à-dire compression lente et continue des deux seins, administration d'iodure de potassium à l'intérieur, tout au plus si les kystes sont trop volumineux les ponctionner et injecter des substances irritantes dans l’intérieur (solution iodée ou phéniquée, par exemple) et pour détruire la paroi du kyste.
Mais chez la femme de 40 à 50 ans, qui est inquiète sur son état, il faudra appliquer le traitement que préconise Quénu : ablation des gros kystes, ignipuncture des petits kystes sur la tranche de l’incision faite à la glande mammaire.
Il fait une section demi-circonférencielle de la peau (demicirconférence inférieure) qui sectionne la glande en deux, de la face profonde vers la face superficielle et qui porte de préférence au point où siègent les plus gros kystes apparents. Ces deux tranches vont servir, d'une part à s'assurer du diagnostic, à voir s'il n'y a pas une dégénérescence squirrheuse d'une maladie kystique simple et, d'autre part, à découvrir les kystes et à les ignipuncter profondément.
On ne peut avoir la prétention d'ouvrir tous les petits kystes, mais on peut espérer que chaque point cautérisé est un centre
de transformation conjonctive, c'est-à-dire d'étouffement des kystes par une sclérose atrophiante inter-acineuse.
Cette méthode est rationnelle d’après la conception émise de la maladie de Reclus, à savoir d’une origine inflammatoire débutant à la surface du revêtement épithélial et gagnant le tissu conjonctif péri-acineux; c’est dans le même sens qu'ont été préconisées les injections de liquides irritants dans les petits kystes.
Cette incision permet également dans la plupart des cas de conserver la forme de la mamelle.
Cette méthode thérapeutique aurait donné d'excellents résultats à son auteur. |
L'abstention de toute intervention dans la maladie kystique pourra être laissée à la libre appréciation du chirurgien, mais il devra tenir le plus souvent les malades sous une surveillance étroite, et dans les cas de dégénérescence maligne pratiquer l'amputation des deux seins aussi largement que possible.