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Mais quelques cas très nets avaient évolué spontanément d'une façon favorable, d'autres cas opérés n'étaient jamais suivis de récidive, ces faits semblaient en désaccord avec l'idée première de malignité basée surtout sur les examens histologiques. Brissaud, après avoir éludié un grand nombre de maladies polykystiques, au point de vue histologique, conclut à l'existence d'un épithéliome kystique intra-acineux, quelquefois de marche lente.
En 1888, à la Société de chirurgie eut lieu une grande discussion au sujet de la maladie kystique. Quénu démontra le rôle primordial joué par l’épithélium, il fit de la maladie de Reclus une cirrhose épithéliale kystique {mot créé par Charcot) d’origine inflammatoire, ayant son point de départ dans les cellules épithéliales acineuses dont la perturbation aurait retenti secondairement sur le tissu conjonctif.
Bard tend à distinguer deux catégories dans la maladie kystique de la mamelle, une première où celte affection serait d'origine épithéliale, néoplasique et une autre qu'il appelle maladie kystique essentielle où les kystes seraient le résultat de la dilatation des canalicules glandulaires préexistants. Ainsi nous trouvons certains auteürs qui pensent à l'existence d’un néoplasme malin, d'autres à une inflammation chronique provoquant une réaction des cellules épithéliales glandulaires de la mamelle. C'est alors que l'on pensa que le syndrome constituant la maladie polykystique de Reclus n'était pas une entité morbide, correspondant à des lésions anatomiques déterminées et uniques de la glande mammaire, mais pouvant au contraire être fournie par des types histologiques différents : mammite chronique ou néoplasme.
Toupet, en 1890, dit que l'on peut rencontrer trois types d’altérations cellulaires, d'abord de la mammite chronique simple, ou bien de la mammite chronique avec lésions conjonctives intra et péri canaliculaires, enfin quelquefois même un épithélioma cylindrique.
Pilliet décrit quatre sortes de lésions : mammite noueuse,
De
cirrhose épithéliale, adéno-fibrome kystique et enfin épithé- Hioma kystique.
C'est à Pierre Delbet que revient le mérite d'avoir contrôlé soigneusement les-résultats histologiques par l'observation clinique. Il en a conclu que toutes les fois que le syndrome de Reclus se rencontrait en entier : absence de ganglions, multiplicité des kystes et bilatéralité, il se rapportait à des mastites chroniques, par conséquent il altribue nettement à cette affection une origine inflammatoire.
Cependant il ajoute que ces mastites chroniques peuvent subir dans certaines conditions que nous exposerons plus loin la dégénérescence cancéreuse.
Coyne affirme que les formations kystiques sont un mode d'évolution possible des adénomies.
En résumé, nous dirons que la maladie polykystique de Reclus, individualisée depuis peu, a d’abord été considérée comme élant de nature néoplasique, cancéreuse, puis d’origine mixte, tantôt inflammatoire, tantôt néoplasique, enfin de nos jours on tend généralement à l’envisager comme le résultat d’une mammile chronique (Tillaux, Phocas, Quénu, Delbet) à rapprocher de la mammile noueuse décrite ultérieurement par Phocas.
Il nous a paru intéressant, à l'occasion de deux observations inédites que nous rapporlons, d'étudier cette affection assez rare et de discuter la conduite à tenir en pareil cas qui a subi, ces dernières années, des interprétations si diverses