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liquide. Il est sans importance pour la nature inflammatoire de ce processus de savoir si les nodules sont dus à l'irritation de la glande ou s'ils constituent toute la maladie. Je ne puis décider quelle forme on trouve le plus souvent, celle où les vésicules dégénèrent de celle où, comme dans la glande en lactation, il se forme de nouveaux nodules qui dégénèrent ensuite avec les anciens. On n’a pas le droit ici de parler d’adénome, ou alors il faudrait considérer la glande en lactation comme un adénome. J'insiste avec tous les auteurs sur l’état tout différent du tissu interstitiel. Régulièrement, quand j'avais affaire à des nodules relativement jeunes, je trouvais le tissu conjonctif très développé avec des noyaux et de nombreux leucocytes. Les vieux nodules sont facilement reconnaissables à la dureté fibreuse du tissu conjonctif. Cette dureté est en rapport avec celle des noyaux, qui se répandent peu à peu dans la glande ».
Delbet, sur des coupes de seins atteints de maladie kystique, note une prolifération de l’épithélium des acini et des canaux excréteurs, ainsi que leur dilatation consécutive. Il remarque une infiltration de cellules embryonnaires dans le tissu conjonctif avec réaction fibreuse; les culs-de-sac glandulaires présentent un épithélium proliféré, c’est ce qui a fait dire à cet auteur que « la maladie kystique n’est qu’une modalité des mammites chroniques », la lésion épithéliale étant plutôt antérieure à la lésion conjonctive.
Rochard a trouvé que les kystes répandus dans toute la glande ont un revêtement épithélial présentant dans quelques endroits la superposilion de deux couches. Il n’y a pas de trainées épithéliales ayant franchi la limite des acini, mais des modifications du tissu conjonctif qui semble plus développé et où l'on rencontre des traces d'inflammation chronique interstitielle, notamment à la périphérie de la glande et autour des vaisseaux. Ce sont bien là, dit-il, des altérations dues à la mastite chronique.
Quénu avait démontré auparavant, en 1888, l'importance du rôle de l’épithélium dans la formation des kystes multiples de
la mamelle succédant à un processus irritatif de l’épithélium Roux 3
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acineux et à de la sclérose périacinienne; il avait donné à cette suite de phénomènes le nom de cirrhose épithéliale kystique.
Dans une observation d’Andérodias, maladie kystique chez une femme de 30 ans, nous trouvons qu’il existe des kystes nombreux disséminés dans toute l'étendue des deux glandes, contenant les uns un liquide séreux, les autres une bouillie hématique verdâtre, leur volume variant de celui d'un petil pois à celui d’une noix.
Ce liquide paraît contenir des granulations graisseuses et des grains de cholestérine.
L'examen histologique démontra que les parois du kyste étaient développées aux dépens des canalicules et des acini; ces parois étaient tapissées de cellules cubiques subissant une dégénérescence graisseuse et tombant dans la cavité du kyste.
Renon, sur des préparations de maladie kystique, communiquées par Delbet, a constaté les faits suivants :
Sur une préparation on voit peu la disposition lobulaire; les acini sont agglomérés en petits lobulins, mais disséminés. Le tissu conjonctif n’a rien de particulier, il est pauvre en noyaux, sans infiltration. On voit de la prolifération épithéliale des acini el ceux-ci végètent en rompant les cloisons inter-acineuses, ce qui donne à des points de la préparation un aspect arborescent, puis tous ces vestiges de cloisons disparaissent, de sorte qu’on a une cavité irrégulière avec un magma central cellulaire et, à côté, de plus grandes cavités qui vont s'agrandissant en aplatissant leur épithélium, en même temps que le tissu conjonetif s'ordonne en stratas concentriques, hyalins, au contact même de l'épithélium. Sur une autre préparation, la disposition lobulaire est mieux conservée, mais le mode de formation des kystes est le même.
L'observation suivante (Richelotet Mercadet), citée par Renon, nous parait bien présenter les altérations de la glande mammaire telles qu'on les admet de nos jours dans la maladie kystique.
Il s'agit d'une femme de 50 ans, entrée en mars 1901, dans le
ne.
Nate
service de M. Richelot, pour une affection des seins; elle a eu trois enfants à vingt-deux, vingt-trois et vingt-cinq ans, n’en à nourri aucun.
Les règles ont toujours été normales ; depuis trois ans, elles sont devenues irrégulières et actuellement la malade ne les a plus depuis six mois.
Il y à huit à dix ans que la malade s'est aperçue d’une pelite tumeur grosse comme une noisette ne déterminant ni douleur, ni gêne, ni écoulement par le mamelon. Il y à deux mois, la tumeur a augmenté rapidement de volume, en même temps qu'elle devenait douloureuse avec irradiation dans toute la poitrine. Actuellement, on trouve plusieurs tumeurs, dont une grosse comme une mandarine, et trois à quatre autres du volume d’une groste noix, faisant corps avec la glande, adhérant légèrement à la peau, mais pas aux plans profonds. Dans le sein gauche, on trouve simplement de petits noyaux durs. Pas d'écoulement par le mamelon, un peu de douleur à droite par la pression; pas de ganglions. Amputation des deux seins.
À la coupe, le sein droit se présente bourré de cavités kystiques dont la taille varie d’une petite mandarine à une tête d’épingle; leur contenu, variable comme couleur, est plus ou moins limpide; mais dans la plupart on trouva une masse assez épaisse qui, coagulée par l'alcool dans lequel la pièce a séjourné, à un vague aspect de matière caséeuse. Mêmes lésions dans le sein gauche.
À l'examen microscopique on constate les faits suivants : sur les parois des kystes, on arrive à déceler, même sur les plus gros, un revêtement épithélial qui, dans ce cas, est extrémement aplati; le reste du tissu glandulaire est représenté en majeure partie par du tissu fibreux au sein duquel on trouve irrégulièrement répartis des acini glandulaires qui sont tous plus ou moins dilatés. Quelquesuns de ces acini présentent des altérations épithéliales tout à fait particulières : leur paroi est constituée par une paroi propre formée d'une couche cellulaire sur laquelle reposent des cellules hypertrophiées à petits noyaux réguliers formant par place des bourgeons saillants et irréguliers dans la cavité kystique. On voit enfin ces cellules desquamer et leurs débris encore nucléés détachés de la paroi occuper la cavité du kyste ainsi formé.
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En résumé, formation kystique multiple au sein d'une glande à tissu conjonctif sclérosé; altérations épithéliales consistant en hypertrophie cellulaire suivie de la mort et de la desquamation de ces
cellules.
Dobrinoff rapporte également une observation type de maladie kystique :
Femme ayant déjà eu un kyste semblable au niveau de la mamelle opposée. Ablation du sein par M. le professeur Tédenot, 1898.
A la coupe de la mamelle on voit une cavité kystique du volume d'un œuf de pigeon et formée d’une grande loge avec laquelle communiquent largement d’autres cavités du volume d’une noix.
La paroi de ces cavités est lisse, d'apparence membraneuse, coupée par des cordages qui forment seulement une légère saillie. La grande cavité est entourée d’un tissu très dur donnant à la main la sensation d’une tumeur squirrheuse ; son épaisseur est très prononcée en certains endroits où on trouve de véritables noyaux du volume d’une noisette. À la coupe, on voit que les parties dures et les nodosités sont formées par un tissu blanc jaunâtre, très dur, criant sous le scalpel; mais, ce qui est le plus frappant, c’est que ce tissu est criblé de corpuscules durs, arrondis, saillants et incolores, ou légèrement teintés en jaune; ils représentent assez bien l'aspect de gros sudamina. Sion les pique avec une aiguille, ilss'affaissent et il s'écoule un liquide citrin. Par une section médiane, on voit qu'il se forme un petit kyste à parois rigides grâce à leur accollement au tissu induré qui les entoure et leur surface interne est lisse, bril- Jante. Les kystes sont très nombreux et très variables suivant les points où porte la section : les plus nombreux sont du volume d'un grain de semoule, d'une grosse tête d'épingle, d'un grain de chénevis, mais on en trouve fréquemment qui ont le volume d'un petit pois. Ceux-ci sont ronds, résistants, leur paroi élant tendue au maximum par du liquide de couleur jaune violacé par transparence. A leur ouverture s'écoule une matière nulliforme légèrement granuleuse, ressemblant à la pulpe vaccinale glycérinée. À l'examen microscopique, le groupement lobulaire de la glande est conservé. On peut
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observer dans le tissu fibreux des trainées de vésicules adipeuses séparant les lobules les uns des autres. Ceux qui par endroits arrivent à se toucher présentent une augmentation considérable du nombre des acini, serrés les uns contre les autres et possédant une membrane basale assez épaisse. Certains lobules sont constitués d’acini ayant l'aspect de l’acinus fœtal, à côté, d’autres dans lesquels on peut observer toutes les allérations au début de la dilatation kystique.
On voit des acini à double contour épithélial cylindrique limitant la cavité kystique, remplie d'un coagulum granuleux et colorant bien en rose par l’éosine. Dans certains kystes, au cours de leur dilatation, le revêtement épithélial devient cubique ou aplati; dans d’autres, il forme une couche stratifiée de cellules polymorphes avec dégénérescence et desquamation des cellules limitantes, dont on voit tous les stades depuis la diminution de l'intensité de coloration du noyau jusqu'à la dégénérescence vacuolaire ou granuleuse du protoplasma. C’est sur la paroi de ces kystes qu’on peut observer des formations papillaires épithéliales. Dans d’autres kystes du même volume où le processus épithélial est plus actif, l'acinus, très agrandi, est transformé en un amas de cellules épithéliales polymorphes, limitées par la membrane basale, plus amincie à cause de la distension. Puis, dans un stade plus avancé, la lumière kystique se forme par dégénérescence centrale de l'épithélium.
Dans les grands kystes visibles à l'œil nu, le revêtement épithélial se réduit en une couche cellulaire qui s’aplatit progressivement et arrive à former une mince pellicule épithéliale.
Il est important de remarquer que, dans tous les cas, les éléments épithéliaux s'orientent de façon à reproduire la forme d'un acinus, élément primordial normal. La cavité du kyste est occupée par des cellules vacuolaires, claires et gonflées, de volume beaucoup plus considérable que celui des cellules de revêtement kystique. On peut très bien voir qu'elles proviennent de la dégénérescence vacuolaire progressive de la couche interne de l'épithélium du revêtement kystique. Le tissu fondamental fibreux présente une irrilation manifeste. Les cellules conjonctives ont proliféré en nombre considérable.
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Les gros canaux galactophores irrégulièrement distendus ne forment pas de kystes. Leur épithélium, comme celui des acini, est en prolifération et desquamation actives.
Ces phénomènes, joints à l'irritation manifeste du tissu conjonctif parsemé de foyers d'infiltration au voisinage des canaux galactophores et des grands kystes, plaident en faveur d'un processus inflammatoire qui aurait suivi les canaux excréteurs et se serait propagé au reste du parenchyme et du stroma glandulaire ».
Il résulte de la présente observation que, dans la maladie kystique de Reclus, nous assistons à une extension diffuse du processus dans toute la glande dont la structure lobulaire est conservée ; il y a une hypertrophie adénomateuse intense et nous voyons dans un même lobule, à côté d’acini embryonnaires, d’autres acini se trouvant aux différents stades d'évolution kystique.
Cornil et Petit ont étudié un cas de maladie kystique chez une chatte de 14 ans. Il y avait trois kystes, dont l’un formé par un réseau de cloisons fibreuses très minces tapissées de petites cellules cubiques. Les cavités circonscrites ainsi par des travées fibreuses et revêtues d’épithélium étaient plus ou moins grandes et contenaient des agglomérations de cellules épithéliales. Les deux autres cavités kystiques étaient simples, sans réticulum intérieur ; leur surface interne présentait une ou plusieurs couches de cellules épithéliales cubiques et leur contenu était formé de cellules épithéliales plus ou moins dégénérées, sphériques, granuleuses, au milieu d'un mucus abondant.
Dans la glande, on trouve des kystes tapissés de petites cellules cubiques, on rencontre des acini normaux et des acini à cul-de-sac dilaté.
Il est à noter que les lésions étaient bilatérales.
Depuis longtemps on a remarqué la facilité relative avec laquelle, chez certaines femmes ayant atteint la ménopause, la maladie polykystique du sein subissait la dégénérescence cancéreuse, ce fait même à contribué pendant longtemps, alors que le syndrome de Reclus n’était pas basé sur des lésions anatomo-
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pathologiques nettement déterminées à faire croire que cette affection élait identique aux tumeurs malignes de la mamelle.
Mais il est bien établi que primitivement, à son début, la maladie kystique n’est pas de nature néoplasique maligne et que ce n'est que dans certaines conditions mal déterminées de son évolution (ménopause par exemple) qu'elle peut subir la transformation cancéreuse.
Les observations d'épithélioma greffé sur la maladie kystique ne sont pas rares.
En 1897, Coÿne présente un sein sur lequel on remarque dans le voisinage du mamelon deux petites cavités kystiques avec des végétations assez volumineuses analogues à celles de la salpingite végétante; ces végélations ont proliféré dans la cavité kystique. Les ganglions axillaires étaient augmentés de volume. Cet état durait depuis six ans et il s’écoulait du sang par le mamelon.
A cette époque, Cÿone concluait que les tumeurs kystiques étant susceptibles de subir un processus végétant et une transformation épithéliomateuse, il y avait nécessité de les enlever.
L'observation suivante nous montre une maladie kystique en transformation cancéreuse (Dobimoff).
« À l'examen macroscopique, toute la masse de la mamelle est dure, augmentée de volume et comme criblée de grains de plomb ou de nodules. Vers l’aisselle, tout à fait sur le bord de la glande hypertrophiée, tumeur très dure du volume d'une grosse noix. Peau et mamelon sains.
A la coupe, faite en pleine glande hypertrophiée, on constate l'existence d'un tissu blanchâtre et dur. La surface de section est parsemée de parties plus dures et plus blanches qui forment une légère saillie et présentent, soit un pelit orifice, soit un kyste grisätre et de nombreux comédons bosselés et gris rosé sur les bords. Cette masse donne un suc au râclage.
La coupe portant sur les bords de la tumeur montre une surface de section jaune-grisâtre également dure, mais criblée de kystes isolés ou réunis et remplis d’un liquide brun, épais, assez graisseux.
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Les bords de la tumeur se continuent avec la glande et avec les kystes volumineux situés dans cette partie; il semble qu'il y ait donc un rapport entre les formations kystiques et le cancer.
A l'examen microscopique, dans les endroits qui n'ont pas subi de dégénérescence cancéreuse, la structure lobulaire des éléments glandulaires est conservée. Quelques lobules présentent une augmentation du nombre de leurs acini et ils sont uniquement constitués d’acini d'aspect fœtal. D'autres sont constitués par un petit nombre d'acini dont les uns ont l'aspect fœtalet les autres présentent tous les stades de l’évolution kystique, depuis la simple dilatation à double contour épithélial cylindrique jusqu'aux petits kystes à revétement pluristratifié dout les cellules internes dégénèrent. Par l'atrophie et la résorption des cloisons interacineuses des petits kystes voisins se forment des grands kystes à parois anfractueuses. Les éléments lépithéliaux infiltrent les interstices du tissu conjonctif et on assiste à un processus évident de transformation cancéreuse.
Au voisinage de ces transformations, on voit de petits groupes de cellules cancéreuses qui s'orientent de façon à former des pseudoacini en contact immédiat avec la trame conjonctive.
Plus loin, l’infiltration néoplasique revêt l'aspect de petits cordons cellulaires élevant les interstices conjonctifs ».
Nous conclurons avec Delbet de cette étude anatomo-pathologique que, dans la maladie polykystique de Reclus, il y a hypertrophie adénomateuse, avec abondance de tissu conjonctif autour des éléments glandulaires, prolifération conjonctive nettement périacineuse, ce tissu conjonctif est adulte, fibreux, avec infiltration de cellules embryonnaires. Enfin, la desquamation des cellules épithéliales mortes et leur produit de
sécrélion forment le contenu des kystes.