‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 13 sur 45 · CONSÉQUENCES HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES HYGIÉNIQUES

D’après Kufferath (29), les vaches atteintes de mammites doivent être considérées comme un danger perpétuel ; même guéries cliniquement, elles restent dangereuses car elles sont porteuses de germes et peuvent propager l'infection dans l’étable. À lappui de sa thèse, il relate un cas mortel pour l’homme dû au streptocoque de la mammite.

Cooke (47), dans son rapport de la Cnsion des affections contagieuses se communiquant à l’homme,

mentionne que dans trois villes sur 113 inspectées aux Etats-Unis, il y eut des épidémies provoquess bn de lait.

Dans une ville de 270.000 habitants, on eut une épidémie d’angine infectieuse ; durant les cinq premiers jours de l’épidémie, on enregistra 487 cas dont 22 mortels. La plupart des malades prenaient du lait d’une laiterie réputée comme une des meilleures de la ville. Dans les 24 heures consécutives à l’interdiction de vendre du lait cru de cette laiterie le nombre des nouveaux cas diminua dans de telles proportions qu'on peut présumer qu’ils étaient attribuables à linfection par le contact avec les malades. ;

On trouva un organisme du type « streptocoque hémolytique » en culture presque pure dans la mamelle d’une vache atteinte de mammite, le pharynx d’un des trayeurs et les pharynx de nombreux malades. Cooke en conclut que la vache avait été infectée par le trayeur. u

En 1913, au cours d’une épidémie d’angine survenue à Chicago, transmise par le lait, Rosenan (66) constate que Îles streptocoques isolés de la gorge des malades sont virulents pour les animaux.

La même année, While et Avery (68) signalent des cas semblables ; les germes isolés dans la gorge des malades présentent les mêmes caractères que ceux provenant du pis des animaux.

En 1917, Hesse et Rosenan (67) relatent une autre épidémie frappant 200 personnes avec 11 cas mortels provenant de vaches atteintes de mammites à streptocoques.

En 1922, Jorgensen (73) indique l'importance de la mammite non seulement au point de vue économique, mais aussi de l'hygiène publique ; il mentionne une épidémie d’angine provoquée par le lait d’une vache atteinte de mammite streptococcique ; cette vache avait été infectée par le trayeur qui souffrait d’angine. Il y eut 487 malades dont 22 cas de mort.

Bornant (65) fait remarquer que le plus grand nombre de cas semblables ont été observés en Amérique, mais que si on étudiait systématiquement en Europe l’étiologie des angines à streptocoques, on trouverait qu'un bon nombre d’entre elles ont l’absorption de lait comme origine. II cite le cas d’un de ses préparateurs qui, ayant examiné un lait mammiteux, le dégusta et trois jours après fut atteint d’une angine sévère à streptocoques. |

Wheeler (80), dans une épidémie d’angine contagieuse de l’homme découvrit que le streptocoque incriminé était en tous points identique au « streptococcus mastitis contagiosae » de Nocard et Mollereau.

Mais, d’autre part, Puppel (71) isole des streptocoques du lait de 12 vaches et ne les trouve pas virulents pour l’homme. |

Ruhm (72) fait ingérer à des veaux, chevreaux, cobayes, du lait à streptocoques ; aucun ne réagit. Mais malgré ces résultats négatifs, l’auteur ne se croit pas autorisé à conclure à l’inocuité du lait à streptocoques.

Nous rappellerons que Nocard et Mollereau ayant consulté le laboratoire municipal, à propos d’un lait de mammites, obtinrent la réponse suivante : « Mau-

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vais, non nuisible ». Ils donnèrent de ce lait à quatre chiots d’un mois et à quatre lapins de six semaines. Trois des chiots reçurent le lait cru, le dernier le lait bouilli. Trois lapins absorbèrent le lait le cru, le dernier le lait bouilli. Au bout d’un mois, il était impossible de noter la plus petite différence dans l’état de santé des animaux d’expérience. Un lapin et un chien qui avaient consommé le lait cru furent sacrifiés, leur appareil digestif ne montra aucune lésion (4).

Cependant, les expériences de Escherich ont montré qu’un tel lait peut rendre l’homme gravement malade. ' :

Et enfin j’ai pu remarquer, depuis que j’exerce, que, contrairement à l’opinion de Ruhm, dans la plupart, je pourrais dire dans toutes Les étables, où on a observé la forme intestinale de la maladie des jeunes veaux, on découvre, soit chez la mère, soit chez une des vaches de l’étable, une mammite streptococcique.

Toutes les observations citées à la fin de ce travail proviennent d’étables où la maladie des jeunes sévit à l’état endémique. Et je puis dire que c’est en partant de la maladie du jeune âge que j’ai découvert la mammite streptococcique.

Le décret du 25 mars 1924, modifié par celui du 7 octobre 1927, portant règlement d’administration publique de la loi du 1” août 1905, dit dans son article 2: « Ne peut être considéré comme propre à la consommation humaine :

1° Le lait provenant d’animaux atteints de maladies dont la nomenclature sera donnée par arrêté du

0 te

Ministre de l'Agriculture, pris sur avis du Comité Consultatif des Epizooties. »

Il n'est pas douteux que les mammites feront partie de cette nomenclature, car ces laits sont impropres à la consommation humaine en raison des dangers possibles que certains d’entre eux peuvent faire courir au consommateur. é |

Ces laits sont « toxiques et corrompus » et de ce fait ils peuvent faire l’objet de saisie justifiée par l’article 477 du Code Pénal ; leur vente constitue un délit tombant sous le coup de l’article 3 du décret précité et ceux qui « exposeront, mettront en vente ou vendront ces laits corrompus ou toxiques » pourront être punis des peines prévues à l’article premier de la loi du 1” août 1905 sur la répression des fraudes.

Au sens de Ia loi allemande sur les denrées alimentaires, un lait de mammite est un lait altéré, dangereux pour la santé. Le lait normal, mélangé avec du . lait mammiteux doit être exclu du commerce.

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