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ETUDE PARTICULIÈRE DU STREPTOCOQUE DE LA MAMMITE

Nous avons passé très rapidement sur les caractéristiques du streptocoque type. Etudions maintenant le streptocoque de la mammite contagieuse.

Le streptocoque de la mammite contagieuse, « streptococcus mastitis contagiosae » de Guillebeau ou streptococcus agalactae de Kitt, a été décrit par Nocard et Mollereau en 1884 en ces termes (4) :

« Organisme spécial, unique, cultive dans le lait à l’état de pureté, affectant la forme d’un long chapelet très régulier, de très petites dimensions, dont chaque grain légèrement ovoïde de 1 u de largeur sur 1 & 1/4 de longueur fixant énergiquement les diverses couleurs dérivées de l’aniline (vésuvine, bleu de méthylène, fuchsine, violet de gentiane, etc.).

« Ensemencé avec les précautions de rigueur dans du lait, du bouillon de poule, de porc, de veau, il cultive avec facilité, soit au contact, soit à l’abri de l’air et reproduit en 36 à 48 heures une proportion consi-

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dérable de chapelets doués d’immobilité propre d’autant plus grande qu’ils sont plus courts.

« Après chaque culture le bouillon qui était neutre accuse une réaction franchement acide ».

Ce streptocoque présente la morphologie et la plupart des caractères de culture du streptocoque type ; il en diffère par ses réactions colorantes et ses aptitudes pathogènes. Il se décolore incomplètement par le Gram (25). 1 . Kufferath dit qu’il prend le Gram (25).

Il n’est pas pathogène pour les animaux de laboratoire : souris, cobaye et lapin. .

Inoculé dans la mamelle de la vache, il reproduit la mammite spécifique.

Injecté dans la mamelle de lapine ou de chèvre en lactation, il produit une mammite éphémère avec formation d’abcès (113).

Il cultive lentement sur bouillon lactosé ou glucosé, le milieu restant transparent ; de même, il cultive dans les milieux liquides et solides, sucrés ou olycérinés mais non peptonisés ou additionnés de sels marins.

La culture meurt en quelques semaines. Si on ajoute du carbonate de chaux on conserve huit mois sa vitalité.

Le streptocoque mastitis colore le lait tournesolé en rouge par acidification puis il le coagule en le décolorant de bas en haut sur une partie (20).

Ruhmekorf a classé le streptocoque de la mammite dans le groupe des streptocoques lactiques. D’après lui, les streptocoques pathogènes ont des caractères

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très nets : ils sont toujours accompagnés de leucocytes ; ils forment des chaînettes de diplocoques dont chaque élément est aplati perpendiculairement à l'axe de la chainette, ce qui leur donne l'apparence de palissades.

Quelquefois, la chaînette est entourée d’une fine capsule, les éléments à l'extrémité étant sphériques (48).

Le streptococcus mastitis est du type hémolytique, c’est-à-dire que cultivé sur milieu au sang il y aura hémolyse.

Mais il n’y a pas qu’une seule variété de mammite à streptocoque. On trouve des variétés de mammites à gros cocci, d’autres à petits cocci, enfin des associations de ces variétés. Le

Glietenberg (85) avec Ernst dit qu’il n’existe qu’une seule espèce de microbe agent de la mammite, mais capable de se montrer sous toutes les formes intermédiaires depuis les diplocoques jusqu'aux chaînettes de plus de cent articles.

Le streptococcus longus décrit par Lafranchi est l’une de ces variétés : il prend le Gram, coagule le lait en 5 à 6 jours, cultive lentement sur gélose en colonies punctiformes blanches, ne liquéfie pas la gélatine, cultive bien en bouillon glycériné, mais en formant un dépôt abondant dans le fond du tube.

Pour Ernst (93), les formes courtes sont surtout de la période aiguë de l’inflammation, les formes longues de Ia période chronique.

Staeli a constaté que les caractères de longueur des chaînes, de grosseur des grains qui les constituent sont

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tellement variables qu'ils ne peuvent servir à létablissement d’espèces distinctes selon la nature du milieu ; les diverses formes se substituant les unes aux autres dans les cultures successives.

L'Ecole américaine avec Ayers et Rogers reconnaît “les formes hémolytiques qui seraient pathogènes pour l’homme et les non hémolytiques qui ne seraient pas pathogènes ; ces dernières seraient peu acidogènes.

Ayers dit, au contraire, que le streptococcus mastitis bovin hémolytique se trouve très souvent dans le pis des vaches d'apparence normale et qu’il n’y a nulle raison de croire qu’il est pathogène pour l’homme (43).

Le streptocoque lactique banal (streptococcus lactis acidi) ou encore « bacillus lactis acidi >» que l’on trouve couramment dans le lait sous la forme de grains aplatis en leur milieu associés deux par deux, peut-il devenir pathogène ? Heineman semble avoir répondu par l’affirmative en opérant sur la souris (19).

Comment reconnaître ces streptocoques ?

Le streptocoque de la mammite pousse en 24 heures sur milieu au pourpre de bromocrésol en donnant des colonies de 0 mm. 5 à 3 mm. de diamètre ; leur coloration jaune foncé, leur opacité, leur zone centrale trouble, leur périphérie jaune plus clair permettent de les reconnaître.

Les colonies de lait acide (streptococcus acidi lactis) sont très différentes, elles sont plus petites, presque incolores, en gouttes de rosée et ie milieu de culture avoisinant ne change pas de couleur ; les bords

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sont plats, alors que pour le premier ils sont arrondis et à niveau surélevé (20).

Pour différencier les streptocoques d’origine humaine que l’on peut rencontrer dans le lait, Tapernoux préconise la culture sur milieu à l’hippurate de soude. Le streptocoque de la mammite sécrète des diastases hydrolysantes qui transforment l’acide hippurique en acide benzoïque et glycocolle.

Les souches d’origine humaine ne présentent pas cette propriété. pete

L’acide benzoïque est mis en évidence par sa précipitation en ajoutant de l’acide sulfurique. I faut un centimètre cube d’acide sulfurique à 50 % pour 4 centimètres cubes de milieu à l’hippurate (20).

IL existe aussi, nous le savons, une variété de mammite à streptocoque que l’on ne peut reproduire expérimentalement, qui n’est pas contagieuse et qui est provoquée par un agent microbien que l’on a appelé « streptococcus mastitis sporadicae ».

Ernesti et Waurick (76) émettent l’opinion que le streptocoque n’est pas aussi spécifique que l’on veut bien laffirmer. « Toutes les lésions prétendues spécifiques du streptocoque, disent-ils (noyaux indurés, abcédation, atrophie de la glande) sont également déterminées sur des câs isolés et aussi d’une façon enzootique par la flore bactérienne de la mamelle normale ».

éLe streptocoque est l’agent le plus pathogène des microbes de la mamelle mais il n’est pas pathogène si la mamelle n’est pas déjà malade »,

Le streptocoque du type pyogène a été signalé comme cause de la mammite (79).

Stableforth, après avoir examiné du point de vue bactériologique près de dix mille échantillons de lait assure que plus de 40 % de ces laits sont infectés par les streptocoques quelquefois non hémolytiques, le plus souvent hémolytiques (77).

Enfin Carne, tout récemment (113), pense que la mammite streptococcique ne relève peut-être pas d’un streptocoque spécifique et différencié. ,

Des streptocoques, d’origine variable, gagnant la mamelle pourraient produire les lésions classiques.

Nous le voyons, l’étiologie de la mammite streptococcique est’une question excessivement complexe et peut-être non encore complètement résolue.

Nous verrons d’après les observations que j’ai pu enregistrer et qui sont consignées à la fin de ce travail, la fréquence et la diversité des streptocoques rencontrés. Mais l’on peut dire avec certitude qu’il n'y a pas une, mais des mammites streptococciques, comme il n’y a pas un, mais des streptocoques.

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