‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 24 sur 45 · I. — Diagnostic clinique · texte numérisé non relu

I. — Diagnostic clinique

La mammite streptococcique est surtout fréquemment rencontrée dans ses formes lentes chroniques.

Très simple lorsque le lait a changé d’aspect et que la glande a réagi violemment à l'infection, le diagnostic clinique devient d’une difficulté insurmontable au début de l’affection ; la glande ne présente alors aucune induration, le lait est absolument semblable à du lait normal, ni son odeur, ni sa saveur, ni sa couleur ne peuvent faire soupconner la redoutable affection dont la mamelle est atteinte.

C’est alors qu’il importerait de faire le diagnostic : précoce pour isoler les porteuses de germes et pour

qu'un traitement d’urgence efficace puisse être institué. \

Mais la clinique est absolument déficiente et la surveillance constante des laitières par analyse hebdomadaire du lait assurera seule le diagnostic précoce de l'infection et le contrôle de la guérison pour les animaux en traitement, car la guérison clinique peut n’être qu’une guérison illusoire ; à Fintérieur de la glande un noyau de germes peut dormir et n’attendre qu’une occasion favorable pour envahir à nouveau la mamelle ; ce sont les cas dits sporadiques qui ne sont que des séquelles d'anciennes infections.

Ces mamelles, infectées à l’insu du clinicien, sont d'autant plus dangereuses qu’elles restent ignorées.

À mesure que l'infection dans la glande augmente, le praticien décèle la mammite avec une facilité de plus en plus grande ; des signes d’une extrême importance apparaissent, signes indispensables à connaître et qu’une inspection sérieuse, qu’il est nécessaire de pratiquer à chaque entrée d’une vache nouvelle à l’étable, fera connaître.

J’attache une importance très grande au « noyau » que l’on trouve constamment à la base du trayon au début de toute mammite, noyau de la grosseur d’une noix que l’on sent parfaitement à la palpation. Dans toutes les observations que je cite à la fin de ce travail, le noyau induré a été pour moi le moyen de dépister la maladie et de la diagnostiquer ou tout au moins de la soupçonner et de conseiller immédiatement l’isolement de l'animal. Les analyses chimique

et bactériologique ont toujours confirmé mes soupçons.

Puis vient ensuite le changement dans le lait. Nous verrons un peu plus loin que le laboratoire a montré comment, au cours des infections mammaires, le sucre diminuant, le chlorure de sodium augmente : le lait sécrété devient alors plus salé.

Mais il n’y a pas que les laits de mammites qui

soient salés ; ceux de rétention le sont également (19).

Il n’en est pas moins vrai que, lorsqu’une laitière fournira du lait salé, on devra soupçonner immédiatement qu'elle peut être la proie d’une mammite.

L’éleveur est souvent aiguillé sur la voie d’une affection mammaire streptococcique par le fromager qui se plaindra que le lait d’une étable ne € coagule pas normalement ».

Le laboratoire nous enseignera que le lait mammiteux a un taux de caséine diminué, que cette diminution marche de pair avec une augmentation de l’albumine et de la globuline, augmentation qui gêne l’action de la présure, car ce sont des colloïdes protecteurs pour la caséine et qui empêchent sa coagulation par le ferment du lab.

De plus, la diminution. de la caséine entraîne celle du phosphate et du citrate de chaux qui sont contenus dans le lait et cette diminution de la chaux abaisse aussi le pouvoir de coagulation du lait sous l’action de la présure (19).

Donc un lait qui ne coagule pas normalement est ès souvent un lait malade et peut provenir d’une mamelle infectée,

La diminution de la quantité de lait « sans aucune raison connue d’ordre alimentaire ou autre », doit aussi faire soupçonner la mammite, car à mesure que l'infection se propage le rendement du quartier atteint diminue (94) et l’on sait que chez une vache en bonne santé les deux quartiers de devant donnent généralement la même quantité de lait, et qu'il en est de même pour les deux quartiers de derrière (95). On pourra donc s’apercevoir assez facilement de la diminution de rendement d’un des quartiers. Cette diminution n’est pas au début très sensible mais si la traite se pratique à la maïn un bon trayeur pourra s’en apercevoir par le temps qu’il mettra à égoutter les différents quartiers.

Puis les caractères de l’infection se précisent : c’est le lait qui tourne plus facilement et qui provoque la coagulation en masse des laits de mélange de toute létable. Ce lait contient d’abord des grumeaux (des brèches diront les Suisses), il devient ensuite aqueux, bleuâtre, enfin visqueux, jaunâtre et souvent d’odeur fétide.

Zschokke (12-27) certifie que par simple repos pendant 24 heures dans une éprouvette, on doit constater dans un lait de mammite streptococcique la présence d’un dépôt. Nous reviendrons plus loin à l'épreuve qu’il préconise.

La « contagion » est aussi un des éléments les plus sûrs du diagnostic : dans un milieu que l’on sait infecté toute modification dans la consistance de la glande, la souplesse du trayon, la facilité de la traite, Pattitude des femelles mêmes à cette traite, doit faire

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penser à la mammite. Le clinicien, en dehors du Îaboratoire, aura à poser le diagnostic différentiel d’avec la mammite tuberculeuse qui a très souvent l’allure chronique d’une mammite streptococcique. Il le fera d'emblée sans le secours de la tuberculine, car il sait que dans la mammite streptococcique il ne se produit pas de tuméfaction des ganglions rétro-mammaires si facilement explorables.

Il. — Diagnostic par les méthodes de laboratoire

Nous avons insisté longuement dans un chapitre précédent sur l’importance économique de la manniite streptococcique ; il est donc indispensable d’en assurer un diagnostic précoce pour éliminer rapidement Les animaux atteints en vue d’une prophylaxie indispensable (77).

Nous avons vu que ce diagnostic n’était possible avec tous les éléments de certitude qué par les méthodes de laboratoire ; tous les auteurs sont d’accord sur ce point.

Nous avons puisé largement dans le remarquable travail de M. le Professeur A. Tapernoux les éléments de ce chapitre. ;

Il n’y a pas de mammite sans infection et il n’y a pas d'infection sans réaction de la part de la glande et sans phagocytose.

Cette défense locale de l’organisme est appelée à porter, et sur le lait, et sur l'agent infectieux.

LS ED ee

Dans le cas qui nous occupe, l’action de agent spécifique est insidieuse, lésant lentement le parenchyme ‘et portant atteinte à son intégrité d’une manière persistante, graduelle, progressive, tendant à provoquer le tarissement de la sécrétion lactée. À une plus ou ‘moins longue échéance la sécrétion est altérée fatalement et les principes chimiques du lait sont les premiers touchés.

Rappelons tout d’abord {a composition qualitative et quantitative du lait telle que l’a établie M. le Professeur Porcher et telle qu’il l’a exposée dans sa magistrale conférence faite en mars 1924 à la Société des Sciences de Lyon (19).

BAD RE Re ele LT Pan 900 à 910 sr.

Matière grasse . .. ...... TNT 35 à 40 gr.

LACIOSC ML AMEN SN ES 47 à 52 gr.

Matières protéiques . . ............ 30 à. 55: gr: (Caséine ..... 27 à 30 er.

Albumine ..... 9 à 4 gr.

globuline . . .. 1gr.au plus) Azote non protéique ...... Ram AE 1gr.5à2 gr. (Urée, acides aminés, groupe purique, groupe de la. guanidine) Matières minérales: :".,0.4//0 9gr. à9 or. 5

Ces matières minérales comprennent :

Chlorure de sodium ..

GhlGrute ‘dépotassitn MAR ER en 0 gr. 80

He + TRS

Phosphate monopotassique .. ........... 1 gr. 10 Phosphate bipotassique . . : :.:.....:..:. l'or. Phosphate bi:et-tricalcique:. "3:44 44. 1 gr. 13 Phosphate bi et trimagnésien .:........... 0 gr. 189 Gitrate Nriodiciquenne ri een: 1 gr. 80 CHIRATeLETINTAURéSIen RPM SAUT. 0 gr. 70 Citrate IDD PASSE AU ROM SIMS 0 gr. 75 Bicarbonate de soude .. ................ 0 gr. 25 SUFater de, DOtASSIUN. 3e rer uen 0 gr. 20 ChatRidela Caséne rat MMM A ‘1 gr. 600

M. le Professeur Porcher a montré que c’étaient les molécules élaborées qui sont les premières touchées et modifiées dans le cas de mammite.

Ces molécules élaborées sont :

le lactose, la caséine, les phosphates, les citrates.

Ces principes chimiques sont diminués dans les laits mammiteux, et au contraire on verra s'élever le taux des autres principes pour assurer la constance de la concentration moléculaire.

Les méthodes de laboratoire employées se divisent! en :

méthodes physiques et physico-chimiques,

méthodes chimiques,

méthodes biochimiques,

méthodes cytologiques,

méthodes bactériologiques,

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