‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 25 sur 45 · MÉTHODES PHYSIQUES ET PHYSICO-CHIMIQUES · texte numérisé non relu

MÉTHODES PHYSIQUES ET PHYSICO-CHIMIQUES

a) Densité du lait

La densité normale du lait varie de 1.030 à 1.033 à 15°; c.

Un lait de mammite a une densité plus faible, ce qui peut le faire confondre avec un lait mouillé, mais la prise de densité du lait étant très simple et ne nécessitant que des appareils peu coûteux : un densimètre, un thermomètre et une éprouvette graduée ou crémomètre, tout clinicien qui prélève lui-même le lait suspect à la glande et qui mesure la densité ne peut confondre avec le mouillage.

Cet abaissement de la densité du lait de mammite ressort clairement de toutes les analyses de lait suspect des observations rédigées à la fin de ce travail.

b) La densité du lacto-sérum

Celle-ci, qui est normalement de 1.025 à 1.028, est aussi diminuée. Cette prise de densité nécessite l’emploi d’un densimètre spécial (20).

c) Concentration en ions hydrogène

En 1928, la maison Gerber de Leipzig a préconisé l'épreuve au thybromol qui est à la portée des producteurs.

Rœder, l’auteur de cette méthode, déclare qu’elle est basée sur les modifications de la concentration en

ions hydrogène accompagnant tous les troubles de la sécrétion mammaire,

Rs

5 grammes de lait sont mélangés à un gramme de la solution orange de thybromol.

Prange dit que le thybromol consiste en une solution à 0,2 % de bromothymol bleu dans l’alcoo! éthylique à 60 %.

Le lait des quartiers sains donne une coloration jaune vert, celui des quartiers malades donne une €toloration verdâtre ou bleu vert. à

Zeegler, Muller et Lousky ayant fait des essais sur 510 échantillons disent que la valeur de cette épreuve est insignifiante et qu’elle est inutilisable pour l’éleveur (111).

Fleischauer (112) a examiné 964 échantillons de lait et a pratiqué sür eux l’épreuve au thybromol. Il ne lui confère aucune valeur pour le dépistage des vaches atteintes de mammites.

Svend O. Koch (113) a expérimenté une méthode de coloration qui, d’après cet auteur, donnerait des résultats certains dans le cas d’inflammation mammaire récente et pour les cas non décelables par la clinique.

C’est la réaction à l’alcool acide rosolique de Hoyberg.

À 5 cc. de lait, on ajoute 5 cc. 5 du mélange alcoolacide rosolique (solution alcoolique à 1 % d’acide rosolique mélangée à de l’alcool à 96° dans la proportion de 0,45 à 5 cc).

Si le lait contient « des substances d’inflammation » c’est-à-dire une proportion anormale de leucocytes, de la fibrine et des bactéries, il apparaît une coloration rouge qui varie du saumon au carmin. Avec le lait normal la coloration varie du jaune à l’orange.

L'épreuve peut être faile à l’étable avec du lait recueilli de chaque quartier de la mamelle.

Au cours de l’évolution de la mammite chronique la coloration diminue d'intensité à mesure que la selérose s'établit et, dans quelques cas, malgré des altérations appréciables de la mamelle ou du lait on n’obtient aucune réaction.

II faut aussi être averti qu’à la fin de la période de lactation le lait donne une réaction positive en l’ab- sence de mammite, mais cette réaction disparaît dès l'accouchement. |

L'épreuve à l’alcool-alizarine de Morres préconisée par Goranson (58) et par Valencien et Panchaud (116) consiste à mélanger 3 cc. de lait à examiner à 3 cc. d’une solution d’alcool-alizarine.

Avec le lait frais normal la teinte est rouge lilas, s’il y a altération du lait on observe une teinte violacée.

Pour préparer cet alcool alizarine, on verse dans un litre d'alcool à 68° neutre 1 gr. 5 d’alizarine ; on laisse macérer le mélange une dizaine d’heures en agitant de temps en temps, on filtre au bout de ce laps de temps, la filtration doit être couleur vieux bordeaux.

Avec cette épreuve, les laits en voie de fermentation lactique donnent une réaction rose brun ou jaune suivant leur degré de fermentation (20).

Quelle est la valeur de ces réactions ?

Lorsqu'on ajoute de l’eau à un lait frais normal on obtient des colorations qui se rapprochent des laits anormaux.

Si le mouillage peut être éliminé, par les commé-

SLT, pet

moratifs et par la présence du vétérinaire à la traite suspecte, deux cas peuvent se présenter :

1° Une réaction positive indiquant un lait alcalin.

Dans ce cas, on peut conclure à un lait anormal.

2° Une réaction négative, la coloration se présente comme celle d’un lait acide ou normal.

Les réactions, dans ce cas, ne permettent pas de concfure.

En effet, une des propriétés spécifiques de la cellule mammaire est d'élaborer un liquide de sécrétion dont le pH est égal à 6,5 ou 6,8 (c’est-à-dire acide ioniquement). Dans l'infection de la mamelle le pH se rapproche de celui du sang qui est 7,4, c’est-à-dire alcalin. Maïs dans ces cas, la fermentation lactique a, par production d’acide lactique dans le milieu, tendance à redonner au lait une concentration en ions H normale ou même à la dépasser (20).

Par conséquent, les réactions que nous venons de décrire qui sont basées sur la modification du pH du lait malade ne peuvent servir sérieusement à fonder un diagnostic certain.

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