MN. HER
c) Dosage du chlorure de sodium
Le taux du chlorure de sodium (chlorure de sodiuni el potassium) dans le lait normal est de 1 gr. 5 à 1 gr. 8. Les laits anormaux sont riches en chlorure de sodium ; la clinique nous a révélé en effet la saveur salée de certains de ces laits.
Le chlorure de sodium est molécule non élaborée. Ses molécules augmentent pour compenser la perte en molécules élaborées, le lactose en particulier.
Plus la perte en lactose sera grande, plus la richesse en chlorure de sodium sera grande : plus le lait sera salé. C’est la « loi de Porcher » qui nous permet de faire le diagnostic clinique de la mammite streptococcique.
Les méthodes de dosage du chlorure de sodium sont nombreuses ; nous ne les décrirons pas. Une firme allemande, Funke et Cie, de Berlin, livre depuis 1927, un appareil « le chlorofunk », qui permet de déceler. l’excès de chlore dans le lait et par conséquent de doser le chlorure de sodium car l’ion Na est neutralisé complètement par l’ion CI (Porcher).
Zeiïigler et Muller, Lousky (111) affirment que cet appareil donne des résultats erronés dans 79 % des cas.
3° MÉTHODES CYTOLOGIQUES
Qui dit infection dit défense de l’organisme. Un envahissement microbien d’un organe a pour corollaire un trouble leucocytaire, une phagocytose qui tendent à digérer les streptocoques et aussi à débarrasser la mamelle des produits irritants de linflammation,
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Cette apparition de phagocytes est constante et Kufferath (29) y attache une importance primordiale, aussi a-t-il pu dire :
« Les relations entre la présence de streptocoques, l'élévation du taux leucocytaire du lait et l'apparition de la mammite avec ses caractères cliniques, sont d’une constance absolue, au point qu’un contrôle régulier des vacheries permet de signaler au vétérinaire traitant les bêtes à surveiller et les trayons suspects avant que tout signe extérieur dénonce la maladie ».
Il considère qu’un lait est suspect quand son dépôt leucocytaire après centrifugation à la température ordinaire est de 0,6 %. |
Zschokke (27) assure que toutes les fois que dans un lait il y a plus de 1 cc. de dépôt, il s’agit d’un lait suspect.
L'importance de la phagocytose et par conséquent l'importance du dépôt est en raison directe de la qualité de l’attaque.
Si la mammite est aiguë on peut apprécier ce dépôt sans centrifugation en laissant reposer (voir photographie observation 8).
Mais pour faire une analyse de surveillance il est indispensable d’opérer la centrifugation dans les tubes dits de Trommsdorff qui ont leur partie inférieure effilée et graduée.
Kufferath conseille la centrifugation à chaud à AOPN CA (20);
On peut même, à la suite de la centrifugation, faire l'examen de ce culot et établir sa formule leucocytaire,
On remarque que dans les différents laits de mammites streptococciques, 80 à 85 % des leucocytes sont des polynucléaires (94).
Dans les laits de rétention le pourcentage des polynucléaires n’augmente pas ; seuls des mononucléaires destinés à absorber la matière grasse sont en plus grand nombre.
Dans tous les cas, on peut affirmer que tout lait suspect, est fatalement un lait de mammite, si dans le champ du microscope on trouve plus de 10 leucocytes polynucléaires, |
4° MÉTHODES BIOCHIMIQUES
Au cours des mammites il se produit une augmentation de l’albumine et de la globuline, molécules non élaborées, parce qu’il y a une diminution notable de la caséine, molécule élaborée (19).
Cette diminution de la caséine entraîne une diminution des phosphates et des citrates de chaux et c’est ce qui explique le retard à la coagulation, la difficulté de présuration du lait mammiteux, difficulté qui a aiguillé le clinicien vers une mamelle malade.
De même l’augmentation des molécules non élaborées, albumine et globuline, se traduit par une protection vis-à-vis de la coagulation sous l’influence de la présure.
On s’apercçoit de la diminution de la caséine, ou plutôt de l’augmentation de la globuline et de l’albumine par le dosage de l’azote qu’on obtient par la réaction
du tryptophane (19).
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Pour apprécier le retard à la coagulation on se basera sur ce fait que 100 cc. de lait à 37° mélangés avec 1 cc. de présure du commerce à 1/10.000 diluée au 1/10
coagule en 4 minutes.
Epreuve de la catalase
On sait que la catalase est une diastase du lait d’origine leucocytaire ou microbienne et qui est susceptible de décomposer l’eau oxygénée et de mettre en liberté de l’oxygène.
Par conséquent ce dégagement sera en raison directe du chiffre de catalase, c’est-à-dire d’éléments leucocytaires ou microbiens.
Il faut agir sur un lait fraîchement récolté, et récolté aseptiquement, car si l’origine de la catalase est microbienne elle pourrait se produire par apport de microbes surajoutés après la traite.
Cette épreuve est faussée s’il y a hémogalaxie car le sang décompose l’eau oxygénée,
On fera cette détermination au moyen d’appareils spéciaux qu’on peut trouver dans le commerce, et on se rappellera que dans les laits normaux le chiffre de catalase est inférieur à 4.
Epreuve de la réductase
Le lait microbien possède aussi une diastase qui présente la propriété de réduire une solution stérilisée dans de l’eau distillée de bleu de méthylène à 0,20 % et de la décolorer en un temps d’autant plus court que l'importance en élément microbien est plus grande.
071 et
Le lait normal n’est décoloré qu’au bout de trois heures. |
Une décoloration obtenue entre 2 et 3 heures indique un lait plus riche en microbes, une décoloration en moins de 2 heures est l’indice d’un lait très microbien,
5° MÉTHODES BACTÉRIOLOGIQUES
Ce sont les seules méthodes qui permettent de faire le diagnostic étiologique et de déterminer si l’on a affaire à une mammite occasionnée par les streptocoques ou bien, par le bacille tuberculeux, le micrococcus mélitensis, le bacillus abortus, le bacille de la nécrose, le bacille pyogène, le bacille coli, les staphylocoques, le bacillus mastitis contagiosæ de Carré, tous microbes capables de déterminer une affection de la mamelle.
Mais la recherche de l’élément microbien est une opération délicate et longue, souvent décevante.
Il faut se rappeler que le streptocoque prend plus ou moins bien le Gram : bien d’après J. Courmont et Panisset (26), se décolore incomplètement d’après Ch. Dopter et E. Sacquepée (10), lé prend normalement d’après Moussu (17) et d’après Kufferath (29).
Lorsque « la mammite est à son stade terminal, dit Tapernoux, un certain nombre d’articles prennent mal les colorants et la chaîne se présente sous la forme d’un ruban qui garde la coloration de fond et sur lequel se détache en divers points des articles encore très bien colorés » (20).
Milieux de culture
Le streptocoque de la mammite sur certains milieux recommandés par les auteurs présente des caractères assez nets.
Sur milieu au pourpre de bromocrésol de Klimmer, Haupt et Roots il pousse en 24 heures par colonies de O0 mm. 5 à 3 mm. de diamètre, de couleur foncée, à zone centrale trouble et à périphérie plus claire.
Le streptocoque lactis (lait acide) sur même milieu a des colonies plus petites et presque incolores (20).
Le streptocoque colore le lait tournesolé en rouge, puis le coagule en le décolorant de bas en haut.
Dans le bouillon lactosé peptoné il se forme des flocons mais pas de trouble diffus.
Le streptocoque lactis le trouble uniformément en 24 heures.
F. C. Minett recommande la gelose au sang de bœuf et les cultures en profondeur pour différencier les souches hémolytiques et non hémolytiques du streptocoque (140).
S. J. Edward préconise le milieu de choix suivant : bouillon de viande dont le pH est de 7,4 avec 1 % de glucose et 5 % de sérum (145). -
Pour pouvoir faire un diagnostic bactériolgique, on
aura soin de recueillir le lait aseptiquement de la manière suivante : c’est la méthode que nous avons employée pour toutes les observations recueillies à la fin de ce travail.
On lave d’abord la mamelle à l’eau bouillie chaude et au savon blanc, on la rince à l’eau bouillie tiède,
puis on lotionne particulièrement le bout des trayons avec de l’alcool à 50°, On introduit ensuite dans le sinus galactophore une sonde trayeuse qui aura été préalablement bouillie pendant 5 minutes, puis enduite de vaseline aseptique.
Le récipient dans lequel on recueillera le lait aura été préalablement bouilli 5 à 6 minutes dans de l’eau à laquelle on aura ajouté une pincée de cristaux de soude.
L’échantillon aura au moins 250 cc. ; il ne contiendra aucun conservateur chimique. Le lait destiné aux recherches physico-chimiques pourra être additionné de 0 gr. 25 de bichromate de potassium.
Pour la détermination des espèces microbiennes, un artifice intéressant signalé par Porcher et Katrandjieff consiste à additionner le lait pur de son volume de bouillon avant de le porter à l’étuve à 37° (83).
En résumé, pour faire le diagnostic de la mammite streptococcique, les connaissances cliniques sont insuffisantes, surtout au début de l'infection et dans les formes frustes et légères. Seul le laboratoire pourra éveiller l’attention du clinicien et lui signaler les laits malades qui proviennent d’une glande paraissant saine.
Legrand, du Service Sanitaire de la Seine, disait en 1910 : « Les laits prélevés sont quelquefois d’apparence normale et renferment cependant des microbes spécifiques de la mammite streptococcique.
«< Un lait provenant d’une mamelle apparemment saine, d’un aspect absolument normal, peut être im-
propre à la consommation et cette constatation suffit à considérer l’examen microscopique comme indispensable. Le contrôle sanitaire du lait l'exige impérieusement » (94).
Schranz (95) dit que l’analyse est indispensable pour dépister les laits malades « qui sont souvent ignorés de bonne foi » par le propriétaire et découvrir les atteintes les plus légères du parenchyme glandulaire au lieu de se trouver plus tard, si on attend, en faee d'infections massives plus ou moïns explosives contre lesquelles il est difficile, sinon impossible d’intervenir (100).
Par conséquent une surveillance étroite de toutes les laïiteries devrait toujours être pratiquée par des prises de lait régulières, ainsi que cela a été institué à Bruxelles par le Laboratoire intercommunal pour tous les laits de consommation humaine, car, comme l’a dit le Professeur Ch. Porcher : « La mamelle saine esi rare, la mamelle infectée est de règle » (19). F