CHAPITRE IV
Traitements
Le traitement de la mammite streptococcique doit être curatif et prophylactique.
I — Traitement curatif
Avant d'aborder la prophylaxie qui doit prendre dans cette affection, à mon avis, une importance primordiale, je vais essayer de donner un aperçu des divers traitements qui ont été einployés et de ceux qui sont encore préconisés.
a) TRAITEMENTS PRATIQUÉS SUR LA MAMELLE
Les pommades, lotions, cataplasmes qui, dans d’autres cas de mammites, peuvent donner quelques résultats en agissant sur l'élément douleur, sont ici complètement inopérants et doivent être de ce fait abandonnés.
La chimiothérapie, par injections intra-mammaires, a été préconisée par Nocard (4) qui indiquait de faire
dans le quartier malade, après une traite aussi complète que possible, une injection de 150 gr. d’une solution d’acide borique à 4 %, injection renouvelée 2 ou 3 fois à 5 à 6 jours d'intervalle, en laissant le liquide un certain temps dans l'appareil excréteur.
Ce traitement n’est pas délaissé; mais on préfère injecter dans la même journée 3 ou 4 fois la solution boriquée qu’on laisse agir 1/2 heure à 1 heure; après quoi on opère une traite complète.
Avec ce traitement on peut avoir des améliorations, et quelquefois des guérisons de bêtes peu atteintes ; les formes peu actives sont seules justifiables de ce traitement.
G. Moussu (17) conseille des injections de fluorure de sodium à:1/2000 ou à 1/1000 ; il dit en avoir obtenu de bien meilleurs résultats et la guérison de plusieurs cas anciens de mammite portant sur les quatre glandes.
Weber préconise une injection de solution de nitrate d'argent à 0,75 % tous les 15 jours ; il laisse agir le liquide 1/2 heure en contact avec la glande et il opère au cours de ce contact plusieurs massages pour diffuser le liquide dans les acini. Il provoque ainsi le tarissement de la mamelle en détruisant la glande.
Meier (55) a essayé le syrgotral à 1,7 % en injection dans le sinus mammaire. Il a constaté que ce médicament n’a exercé aucun effet nuisible à condition que la traite à fond soit pratiquée après l'injection.
Dans quelques cas aigus il a noté une amélioration sensible. |
em (7
Douze heures après le traitement, dans un quartier malade, il opéra quatre traites et le lait recueilli fut chaque fois constaté exempt de germes. Une injection de syrgotral à 4 % maintenu dans le pis pendant 12 heures a pénétré jusque dans les alvéoles ; ce qui semble démontrer que le médicament a ün pouvoir de diffusion très puissant.
Meier, avec ce traitement, aurait obtenu 53,3 7 de guérisons et 15,4 % d'améliorations.
Richter et Demmel (39) préconisent, dans les cas bénins, des injections dans la mamelle des dérivés de Pacridine : trypaflavine, rivanol, uberasan, septacrol, brillantphosphine.
Seeleman emploie le rivanol et Fratozo0n (161) soit sous forme dé granulés en solution, soit sous forme de bougies ou bâtonnets. C’est la méthode du Professeur Docteur Küst. Giessen.
Schnorf (46) injecte directement dans un quartier 800 cc. d’une solution à 5/1000 de brillantphosphine. L'examen du quartier traité, après l’abatage, montre que le liquide a pénétré dans le tissu inter-glandulaire et que les vaisseaux lymphatiques sont gorgés d’une lymphe jaunâtre, les ganglions mammaires et iliaques sont également colorés.
Schnorf préfère à a brillantphosphine un autre dérivé de l’acridine : l’uberasan (46), car la brillantphosphine, si elle détruit rapidement le streptocoque, peut tarir aussi la sécrétion lactée; au contraire l’uberasan ne provoque ni douleur, ni altération de la glande.
Dit 7e Ce
On dilue une ampoule de 20 cc. de ce produit et on injecte la solution à 38° c. dans le quartier atteint.
L’injection est renouvelée après 5 et 10 jours avec une dose un peu plus forte s’il est nécessaire. On peut injecter jusqu’à 2 litres par quartier. Dans les cas légers la guérison est, paraît-il, complète après une seule injection.
Les Usines du Rhône préparent en ce moment un dérivé de l’acridine qui semble, dans certains cas, donner d'excellents résultats. Il s’agit d’un chlorométhylate neutre de diamino-acridine appelé gonacrine. à
Une combinaison d’un sel d’acridine avec une albumine est préconisée par une maison de produits pharmaceutiques vétérinaires, l'U. V. A. : le dyamil. Ce produit a l’avantage de n’être pas caustique comme la plupart des dérivés de l’acridine.
Schéchli préconise des massages fréquents des quartiers atteints après injections de glycérine phéni- quée à 5 % ; les massages durent de 10 à 15 minutes, puis on procède à une évacuation complète de la sécrétion. Il poursuit le traitement jusqu’à disparition complète du streptocoque et accuse par ce moyen un pourcentage de guérison de 80 à 85 % avec 50 % de retour au rendement normal.
P. Vedel emploie la térébenthine (138).
Zwijnenberg (51) affirme qu'aucune de ces méthodes n’est efficace, car les médicaments dits bactéricides sont ou trop caustiques ou impuissants à pénétrer partout où l'infection réside. Il affirme que l’affection est guérissable dès son début dans 80 % des
cas sans aucun médicament ct uniquement par Ja traite répétée.
J'ai essayé la plupart des médicaments préconisés ; aucun ne m'a donné un résultat certain lorsque l’affection était cliniquement caractérisée et je n’ai eu satisfaction que lorsque l'affection débutant il n’était nullement besoin de médicaments pour l’enrayer ; le balayage de la glande étant à ce moment-là le plus efficace des traitements et ceci est un argument de plus en faveur de l'immense importance du diagnostic précoce que seul le laboratoire est en mesure de faire avec certitude.
Récemment le Docteur Baaxa (54) a préconisé un traitement par insufflations intra-mammaires de médicaments gazeux. À ma connaissance aucun résultat de ce traitement n’a encore été publié.
En s’adressant toujours à la chimiothérapie, mais en utilisant d’autres voies que par injections intramammaires, J.-M. Frost (42) utilise le formol en capsules de 25 cc. à l’état pur ou dilué dans du lait ou de l'huile, administré par la bouche pendant deux ou trois jours, à la dose de 25 cc. par jour.
Deux heures après son administration le médicament est retrouvé dans le lait et l’élimination dure 48 heures. Le lait donnerait des cultures stériles après le 6° ou le % jour.
W. Lentz (155) préconise le calcidigal en ingestion. Ce produit est un mélange de calcium, phosphore et levures.