‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 29 sur 45 · PRAGUE · texte numérisé non relu

PRAGUE

b) TRAITEMENTS PAR INJECTIONS SOUS-CUTANÉES, * INTRA-VEINEUSES OU INTRA-MUSCULAIRES

De nombreux auteurs ont appliqué la chimiothérapie en utilisant soit la voie sous-cutanée, soit la voie veineuse ou intra-musculaire.

Schnorf (46), en 1920, utilise les dérivés de l’acridine : trypaflavine, brillantphosphine, septacrol, en injections intra-veineuses.

10 vaches atteintes et jugées incurables sont guéries par 4 à 5 injections de brillantphosphine à la dose de 2 à 3 grammes, ces doses ne devant être jamais dépassées, car chez deux génisses destinées à la boucherie l’injection de 4 à 6 grammes a déterminé de la dyspnée avec abaissement de la pression sanguine et on a retrouvé chez ces deux animaux des infarti hémorragiques du poumon et du myocarde. Ho

Richter et J. Demmel (34) utilisent la trypañflavine, le rivanol, l’uberasan, le parenchymentol.

L’injection sous-cutanée de ces médicaments n’est pas à recommander, disent-ils, à cause du gros engorgement qui peut se produire. L’injection intra-musculaire employée seule n’exerce pas d'action appréciable et n’amène pas en tous cas la guérison. Ils conseillent de conjuguer la méthode par injections intramammaires à celle par injections intra-musculaires. Ils accusent 58 % de guérisons et 42 % d’insuccès. IL faut, disent-ils, associer toujours les soins hygiéniques et la pratique de la traite fréquente et complète.

En suivant la même méthode, la gonacrine en injections intra-veineuses à la dose de 0 gr. 50 à 1 gr.

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en solution à 1/50 associée à une injection intramammaire d’une solution du même médicament à 1/4000 m'a donné d’excellents résultats.

Val François (53) préconise l'injection intra-veineuse de leucosol (sérum physiologique, formol, adrénaline) dans les divers cas de mammites.

Le formol seul en solution à 1/100 dans du sérum : physiologique à la dose de 2 à 5 grammes en injection intra-veineuse donne déjà d'excellents résultats, mais le Ieucosol a cet avantage d’être plus pratique à employer et de ne jamais donner lieu à des accidents. J’en ai obtenu toute satisfaction.

Sérothérapie

La découverte du sérum antistreptococcique a conduit les auteurs à essayer son utilisation.

Eggink injecte 30 cc. de sérum antistreptococcique dans le tissu conjonctif sous-cutané de la glande atteinte ; il aurait obtenu quelques succès. 24 à 48 heures après l'injection le lait redeviendrait plus abondant et reprendrait ses caractères normaux.

‘ De même on a employé le sérum polyvalent Leclainche et Vallée avec des résultats semblables, sans réussir cependant dans tous les cas traités.

: Protéinothérapie

C’est la méthode qui consiste à introduire dans l’organisme par la voie parentérale (intra-veineuse, intrapéritonéale, intra- musculaire, sous-cutanée) des albumines ou protéines de façon à provoquer un choc

eg Ue , bienfaisant, une réaction brusque, capable d'exercer une influence sur la résistance de l’organisme malade.

On a utilisé des protéines très diverses, soit animales ou bactériennes, soit les produits complexes qui les renferment.

Cette méthode a été surtout employée sous la forme pyothérapie et vaccinothérapie. Elle semble avoir donné dans de nombreux cas des résultats encourageants. RE

La pyothérapie peut être amicrobienne ou microbienne. Dans ce dernier cas c’est à proprement parler la vaccinothérapie. ne

La pyothérapie amicrobienne est utilisée de la facon suivante : on fait un abcès de fixation à un animal sain au moyen d’une injection sous-cutanée de 2 à 5 cc. d'essence de térébenthine. Au bout de 4 à 5 jours, on récolte aseptiquement le pus de l’abcès au moyen d’une ponction dans une seringue stérile. On le mélange avec 4 fois son volume d’eau phénolée à 5/1000 dans un flacon renfermant quelques perles de verre. |

On injecte à l'animal que l’on veut traiter par cette méthode 5 à 10 cc. de mélange rendu homogène par agitation. (Bridré).

La « Zooleucine » de l’Institut Mérieux, basée sur cette méthode, m’a donné dans certains cas entière satisfaction.

La pyothérapie microbienne ou vaccinothérapie, appelée encore bactériothérapie, peut employer le lait de la malade elle-même (liquide de sécrétion). C’est

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alors, si j'ose m'exprimer ainsi, l’autovaccinothérapie, ou encore employer le lait streptococcique de malades atteintes de la même affection, et l’injecter à Janimal en traitement après lui avoir fait subir la préparation choisie : c’est alors l’hétérovaccinothérapie.

C’est donc une méthode qui consiste à traiter les maladies infectieuses par des injections d’antigène qui sont les microbes eux-mêmes dont la vitalité ou le pouvoir pathogène ont été abolis par des moyens physiques, par exemple par la chaleur ou par des moyens chimiques (liode, l’alcool-éther, l’éther, l’acétone, le formol, le fluorure de sodium, le phénol, le tricrésol, etc…..). ie

Certains considèrent que cette méthode est un stimulant cellulaire dans la production des anticorps. Elle intervient aussi et surtout en excitant le pouvoir phagocytaire de l’organisme et produit un choc colloïdal brusque favorisant la guérison.

Essai de traitement personnel

C’est un procédé semblable qué j’emploie avec souvent quelques succès.

J'opère de la façon suivante : je prélève aseptiquement du lait du quartier malade dans un bocal stérile contenant quelques perles de verre. Pour 2 cc. de lait, j'ajoute 5 cc. d’éther.

Je laisse 10 heures en contact, en émulsionnant souvent le mélange, puis j’additionne la quantité précédente de 15 cc. de sérum physiologique.

J'injecte à l’animal malade sous la peau de l’enco-

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lure, avec les précautions aseptiques d’usage, tous les jours ou tous les trois jours, suivant les cas, 5 cc. du liquide obtenu.

Ce moyen de traitement s’est révélé d’une efficacité certaine dans tous les cas où j’ai pu l’employer de bonne heure, avant que la glande n’ait subi de dégât trop important, les quelques observations que j’ai réunies à la fin de cette étude en sont la preuve.

Le nombre d’injections nécessaires varie suivant l'importance des lésions et suivant l’animal lui-même. Chez certains, 3 injections ont suffi pour guérir définitivement la glande, mais j’ai quelquefois été obligé de faire jusqu’à 12 injections et il est possible qu’un plus grand nombre serait arrivé à bout de cas réputés incurables.

Pour Gotze, l’antigène consiste en un mélange de 4 parties de lait purulent et d’une partie de solution formolée à 5/1000. II laisse en contact 6 à 8 heures et injecte tous les 15 jours 30 à 40 cc. du mélange préparé fraîchement chaque fois.

On peut employer aussi l’hétérovaccinothérapie au moyen de stockvacins tout préparés par des laboratoires spécialisés (entre autres le « Mulsor »), inoculés sous la peau tous les 5 jours par exemple, à la dose de 5 ce. Lenz (97), qui les a employés, dit en avoir obtenu d'excellents résultats ; 400 vaches ont été ainsi traitées par ses soins. |

Glientenberg (85) a essayé toutes ces méthodes et affirme que tous ces essais de traitement donnent peu d'espoir sur la possibilité de guérir la mammite streptococcique. Sur 29 animaux traités, 3 à peine On été

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guéris et aucune des vaches qui possédaient le streptocoque à longue chaîne n’a vu sa mamelle stérilisée. Il préconise plutôt l’inoculation de cultures vivantes.

Dans ce même ordre d’idées, Moussu (17) a employé les injections sous-cutanées de lait malade après simple filtration sur gaze ou coton : 20 cc. tous les 2 jours.

Cette thérapeutique donne généralement de bons résultats, mais est souvent le point de départ de petits abcès locaux.

Antivirusthérapie

Nous savons que d’après les travaux de Besredka, les filtrats sur bougie de culture microbienne virulente, maintenue au préalable à l’étuve à 37° pendant 15 à 20 jours, ont la propriété de paralyser l’activité des germes, de s’opposer à leur pullulation. Cette propriété, et par extension les filtrats eux-mêmes, ont été appelés par Besredka des « antivirus ». Ils agissent comme antagonistes des virus et ont une affinité élective pour les mêmes organes, les mêmes tissus et les mêmes cellules que les microbes dont ils proviennent.

On peut employer ces antivirus soit en applications locales, soit en injections intraveineuses avec des doses variant de 40 à 100 cc. Ces injections intra-veineuses produisent un choc plus ou moins accentué mais non inquiétant. La préparation de l'antivirus antistreptococcique pourrait être la suivante : des cultures de streptocoques de la mammite en bouillon Martin glucosé à 2/1000 seraient laissées à l’étude à 37° pendant 20 jours. On filtre sur bougie L3; ce

filtrage est recommencé 3 fois. On contrôle la stérilité, puis on met en ampoules qu’on chauffe une heure à 68°.

Cernowsky, en 1928, utilisa un antivirus spécifique pour traiter la mammite streptococcique. Cet auteur. injectait à l’aide d’une seringue et d’une sonde 20 cc. d'antivirus par le trayon du quartier malade après -avoir eu le soin d’en retirer tout le lait. Après 12 heures de contact l'antivirus était enlevé par la traite. Cinq jours après le traitement le lait ne renfermaït, paraît-il, plus aucun streptocoque. Dans le cas de lésions anciennes, il était indispensable de faire deux injections d'antivirus à 12 heures d’intérvalle pour obtenir un résultat satisfaisant.

L’antivirus reste, paraît-il, sans action s’il est injecté dans le parenchyme glandulaire ou lorsqu'il est employé en onctions incorporées avec de la lanoline (118).

Scholl et Jacquart (99) ont aussi essayé ce nouveau mode de traitement et les quelques observations données par eux sont encourageantes.

Enfin tout récemment A. Urbain, L. Ricaud et J. Camus ont employé un mélange d’antivirus et de bactériophage (mélangés extemporanément) injecté directement dans les parties indurées (130).

Mais tous les traitements employés présentent des lacunes, car je ne crois pas que l’on puisse affirmer sincèrement la guérison de tous les cas de mammite streptococcique à n’importe quel stade de leur évolution. Un réveil est toujours possible sous une forme

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plus ou moins accentuée et c’est pour cette raison que la prophylaxie doit prendre dans cette affection une importance primordiale,

IH, — Traitement prophylactique

a) MESURES HYGIÉNIQUES DE PROPHYLAXIE

Elles doivent instituer les règles suivantes :

1° Isolement complet absolu, si cela est possible, des ou de la vache malade ou tout au moins séparation par un couloir des autres vaches de létable.

2° Désinfection de la place antérieurement occupée par la malade.

3° Le véhicule le plus fréquent de la contagion étant soit les mains du trayeur, soit surtout les tubes des machines à traire, il serait donc indiqué de désinfecter ces tubes avant la traite de chacune des vaches de l’étable.

Glietenberg (85) affirme que la mammite streptococcique s’est répandue en quelques mois sur la moitié de l’effectif d’une vacherie municipale au moyen des machines à traire.

A ce point de vue rappelons l’expérience récente de G. Moussu (62). Dans une même étable, séparées par un couloir, il mit 4 vaches laitières saines d’un côté et

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2 vaches hollandaises atteintes de mammite streptococcique de l’autre, toutes en plein rendement; ces laitières furent traites au moyen d’une machine à traire Alfa-Laval de la manière suivante : la traite était effectuée sur les saines d’abord, puis sur les bêtes à mammite. La traite finie les appareils étaient passés à l’eau froide, au goupillon-brosse, puis lavés à l’eau javellisée, ensuite mis à égoutter jusqu’à la traite suivante.

Au bout de 2 mois d’un pareil mode d'emploi on n’a enregistré aucun cas de contagion parmi les vaches saines et l’examen de leur lait n’a mis à jour aucun streptocoque.

Way (O0. H.) dit que dans 80 % des fermes on trouve le streptocoque dans les accessoires en caoutchouc des machines à traire mal entretenues. Quand on les conserve dans une solution d’hypochlorite au lieu de les conserver dans l’eau ou à sec, on ne constate plus la présence de streptocoques dans le lait (59). A ce point de vue je crois ce dernier mode de traitement des organes en caoutchouc des machines à traire indispensable et je le conseille à tous les agriculteurs qui se servent de ces appareils.

. De même une désinfection des trayons et des mamelles avant la traite serait utile.

4 Chaque mois les trayeurs seront examinés au point de vue médical, ainsi que le recommande Jorgensen (73. Chaque trayeur devrait être obligé de revêtir des vêtements blancs, lavés et stérilisés après

deux jours d'usage au maximum. Il devrait également

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se nettoyer les mains au savon avant la traite de chaque vache et surtout ne pas les mouiller avec du lait comme ils le font le plus fréquemment. C’est une méthode qui doit être combattue avec la plus grande

énergie, car c’est souvent par ce moyen que se transmettent les maladies de la mamelle (96).

5° Les vaches malades auront un personnel spécial qui les soignera pendant le temps du traitement, s’il y a lieu, et le lait mammiteux recueilli sera rejeté après ébullition pour le rendre inoffensif.

Kufferath (29) préconise l’élimination immédiate de toute bête atteinte de streptococcie de la mamelle ; il s'appuie sur ce fait que les bêtes atteintes risquent d'infecter les autres et que leur conservation est une spéculation désastreuse au point de vue économique.

« L'évolution d’une mammite bien soignée dure de 3 à 6 semaines ; ce lait étant un danger continuel d’infection doit être rejeté de la vente, la guérison illusoire demande de grands soins, des médicaments, des frais de toutes sortes qui viennent augmenter la perte

due au rejet du lait. »

6° Lorsqu'on introduit de nouvelles vaches dans un troupeau, il est indiqué de les mettre dans une étable de quarantaine et de ne les faire admettre dans celle des laitières qu'après avoir soigneusement vérifié leur lait.

# 7° Enfin un contrôle chimique et bactériologique des laits de chaque vache de l’étable sera fait fré-

quemmént de manière que chacune d'elles soit vérifiée au moins deux fois par mois.

Le contrôle du laboratoire est recommandé par Ostertag qui dit qu’il complète le contrôle vétérinaire d’étable et qu’il joue un rôle analogue au contrôle bactériologique des viandes (74).

Magnusson Hilding préconise que tout propriétaire d’une vache laitière doit s’assurer tous les jours que les mamelles de sa vache sont d’une consistance normale et que le lait n’a pas subi de modification. S'il observe quelque chose d’anormal l’animal doit être immédiatement isolé, les sécrétions détruites et des échantillons de lait doivent être envoyés au Iaboratoire pour y être examinés. Si on utilise une machine à traire il est très important de ne pas l’appliquer aux bêtes ayant des grumeaux dans le lait (brèches) (32).

La National Health Society de Londres a fait publier une instruction pour les producteurs de lait ; elle recommande que les fermiers ne doivent acheter que des vaches sur la santé desquelles ils n’ont aucun doute ; que ces animaux doivent être tenus très proprement et que le pis et le trayon doivent être fréquemment nettoyés. Si ces organes sont salis ils doivent être lavés au savon et à l’eau chaude, puis essuyés soigneusement avec un linge propre. Les personnes chargées de la traite examineront les pis et les trayons à chaque opération et s'ils trouvent quelque chose de suspect ils doivent demander l'avis du vétérinaire. Quand les trayons ou le pis seront manifestement malades, il ne faudra pas vendre le lait (86). |

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