‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 30 sur 45 · ROIS · texte numérisé non relu

ROIS

À Kansas City (Missouri) l’Hospital and Health Board (Commission des Hôpitaux et d'hygiène) a institué l’examen physique régulier des troupeaux fournissant le-lait pour la consommation sur le territoire de la ville.

16.000 vaches sont examinées tous les 6 mois, elles fournissent du lait qui n’est vendu qu’après pasteurisation.

7.000 sont examinées tous les mois pour fournir le lait cru. Cet examen est fait par des vétérinaires. Chaque vache est visitée dans sa stalle, la mamelle vide ; la visite porte sur l’état général et l’état de la mamelle.

L’élimination définitive du troupeau d’un animal se fait lors de l’existence d’affections chroniques de la mamelle. La mammite streptococcique est cause de 95 % des éliminations; elle est toujours confirmée par le laboratoire (87).

Ernesti et Waurick (76) affirment que les mesures prophylactiques indiscutablement les meilleures sont : l'hygiène de létable et l'hygiène de la mamelle.

b) MESURES LÉGALES DE PROPHYLAXIE

De nombreux Etats n’ont pas hésité à édicter des lois et décrets pour la réglementation de la production et de la vente du lait.

La Grande-Bretagne, par son décret-loi qui est entré en vigueur le i* octobre 1926 (88) ordonne que :

Tous les possesseurs de vaches pour la production du lait doivent être enregistrés par l’autorité sanitaire

de leur district ainsi que les locaux y compris les étables et dépôts de lait utilisés dans le but de vendre ou de travailler le lait.

Le lait doit être recueilli sous un éclairage convenable. Les mamelles de la vache et leurs parties voisi- ‘nes ainsi que les mains du trayeur doivent être nettoyées et Le lait trait à sec autant que possible.

Le fumier doit être enlevé une fois par jour, les étables constamment tenues « raisonnablement propres et attrayantes » avec les murs et plafonds badigeonnés à la chaux ou désinfectés par tout autre moyen au moins deux fois par an, en avril-mai et septembre-octobre. : à

Si une personne employée à la traite ou à la manipulation du lait contracte une maladie contagieuse, l'inspecteur médical peut exiger qu’elle abandonne son travail jusqu’à ce que les risques d’infection du lait soient passés ; il a le droit de suspendre la livraison si la maladie contagieuse est véhiculée par le lait. Le décret considère comme une infraction de vendre du lait de vache souffrant :

1° de fièvre ;

26 d'infection de l’utérus ;

3° de toute infection de la mamelle.

La Hollande, par son arrêté royal du 23 juin 1925, Melkbesluit (89) réglemente la production et le commerce du lait et des divers produits de laïiterie.

L'article 2 détermine les caractéristiques du lait ; il édicte que le lait doit être obtenu par « la traite complète d'animaux exempts de maladies mentionnées au paragraphe 2 de l’article 20 », et cet article 20 spé-

rome

cifie que le lait vendu, livré ou détenu en vue de la vente pour la consommation, ne peut provenir d’animaux atteints des affections suivantes

1° mammites (exception faite pour le lait provenant des quartiers sains) ;

2° entérite avec diarrhée profuse i

3° métrite avec écoulement vaginal répété ;

4° tuberculose ouverte ;

5° plaies de la mamelle ou des trayons provoquant la souillure du lait par du pus ou des produits provenant des plaies.

Le lait des animaux atteints de ces affections peut être vendu dans des récipients portant l'inscription « lait d'animaux malades » ou lorsqu'il a été dénaturé pour le rendre impropre à la consommation humaine.

Pour faire observer cet arrêté, un corps de fonctionnaires inspecteurs gouvernementaux a été formé.

Ces fonctionnaires, les gendarmes, les fonctionnaires des douanes et des contributions, l'inspecteur d'hygiène du Gouvernement ont accès aux locaux où des produits lactés sont ou pourraient être déposés.

La Belgique (90), par son arrêté du Ministre de l’Intérieur du 31 mars 1935, institue des mesures très sévères. Cet arrêté classe ledit lait en catégories qui doivent être mentionnées sur les récipients, réglemente le transport et le nettoyage de ces récipients et prévoit la suspension de la consommation des laits provenant de vaches atteintes de certaines affections, la mammite en particulier.

La Suisse a un service d'hygiène cantonal très développé qui est chargé du contrôle du lait. Tous les

Las JOCE

jours, à diverses heures de la journée, ce service opère des prélèvements : chez les producteurs, sur les camions de transport, parmi les porteurs de lait à domicile, chez les laitiers détaillants.

Les fautes sont sanctionnées sévèrement, les revendeurs doivent noter obligatoirement sur les récipients les provenances des divers laits.

Le Vétérinaire Cantonal surveille l’état de santé des vaches et le producteur ne peut vendre son lait qu'après autorisation de ce vétérinaire.

En Bulgarie (85) on a vu décréter successivement les lois suivantes : :

1° Tuberculination obligatoire des vaches laitières ; 2° Contrôle sanitaire vétérinaire des femelles productrices de lait ; |

3° Contrôle vétérinaire de l’approvisionnement des villes en lait et en produits dérivés.

Les Bulgares ont compris qu’on ne saurait s’Opposer à l’établissement d’une police sanitaire des mamelles visant au traitement des mammites et à l’éradication des femelles à la glande fortement touchée.

Au Canada, dans l'Etat de Toronto, chaque fois qu’un fermier offre de vendre du lait, un Inspecteur, accompagné d’un Vétérinaire spécialiste se rendent à la ferme et procèdent à l’inspection minutieuse du bétail et de l’étable.

Ils dressent ensuite un rapport sur l’état de santé des bêtes et les conditions d’hygiène dans lesquelles elles sont tenues.

Suivant ce rapport le fermier est autorisé à vendre son lait ou bien le permis lui est refusé.

L’inspecteur se rend une fois par semaine chez les producteurs et leur donne les conseils qu’il juge utiles. Si certains d’entre eux ne suivent pas ses conseils, ils reçoivent un avertissement officiel, si cet avertissement ne suffit pas, on peut suspendre et même interdire la vente aux délinquants.

Ces mesures ont donné les résultats suivants :

En 1909, la mortalité infantile pour diarrhée et entérite était de 78 0/00 des naissances ;: en 1922, elle n’était plus que de 8 0/00. :

Aux Etats-Unis des agents du Conseil National de la Laïiterie font des inspections fréquentes chez les fermiers producteurs de lait. Ils contrôlent le sédiment (dépôt), la pureté bactériologique et le degré d’acidité.

Des réunions éducatives avec conférences et séances de cinéma ont lieu fréquemment.

La pasteurisation est obligatoire.

On applique sur une grande échelle le système du Docteur North en ce qui concerne la production hygiénique du lait.

Ce système résume les règles essentielles par lesquelles on peut arriver à avoir régulièrement un lait contenant moins de 10.000 bactéries au centimètre cube :

1° Traire avec des mains nettes et sèches directement dans des récipients couverts à petite ouverture et absolument propres ;

2° Stérilisation de tout l’outillage par l’eau bouillante ; |

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