‹ Contribution à l'Étude de la Marche de la Paralysie GénéraleChapitre 13 sur 20 · ARE · texte numérisé non relu

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D'autrefois les malades restent constamment alités; les jambes ne peuvent plus supporter le poids du Corps qui penche de côté; les mains sont incapables de saisir les objets ; la préhension des aliments est impossible ; les malades mâchent mal les aliments, la déglutition ne s'opère plus qu'avec beaucoup de peine ; ils oublient d’avaler ou ils engloutissent plutôt qu’ils n’avalent; et le bol alimentaire peut devenir une cause d’asphyxie.

L'affection continue sa marche progressive, se généralise de plus en plus ; les selies et les urines sont involontaires, parfois surviennent des diarrhées colliquatives qui précipitent la marche.

Quelquefois, à cette période, le malade a encore conservé son embonpoint, mais ce phénomène n’est que passager; quelques | semaines se passent et il maigrit et s'émacie presque complètement si la durée de la maladie se prolonge.

Quand on adresse la parole aux malades à cette de ils comprennent très difficilement ; leur intelligence est presque abolie ; et, cependant, si on leur demande comment ils vont, ils disent qu’ils se portent bien ; les idées de satisfaction persistent quoique le malade pousse parfois des cris et des gémissements.

Les paralytiques ne sentant plus rien, se gâtent continuellement et ont une existence tout à fait végétative. Les traits du visage s’altè-

- rent et restent sans expression ; parfois on observe des eontractures

convulsives des muscles de la face (grincements de dents), puis une immobilité absolue. | | Malgré tous ces désordres physiques et intellectuels, les malades se laissent nourrir comme des enfants et cet état peut se prolonger pendant plusieurs semaines et même pendant plusieurs mois. Malgré les soins hygiéniques, le sacrum, les talons, la partie interne des

genoux peuvent s’ulcérer en largeur et en profondeur. Le phlégmon

et la gangrène surviennent alors comme complications ultimes. D’autrefois, la mort arrive par suite d’une affection intercurrente des voies respiratoires ; souvent on trouve à l’autopsie les lésions de la pneumonie lobulaire, quand une attaque épileptiforme n’est pas survenue comme cause finale de la mort. Tel est le cas dans l’observation VI.

Observation VI.

Paralysie générale. — Excès alcooliques. — Troubles moteurs. — faiblesse intellectuelle. — Perte de la mémoire. — Période avancée de paralysie générale. — Marche rapide. — Mort

après 9 mois de séjour.

V... (François), de B..., marié, àgé de 33 ans, domestique, sachant lire et écrire, entré le 7 septembre 1880 (mort Le 25 juin 1880). = V... exerçait d’abord la profession de garçon de café; après, il a été employé chez un distillateur, il aurait fait des excès alcooliques, et depuis 4 ans ilést à peu près incapable de tout travail. D'abord il a cessé de travailler, parce que sa femme, disait-il, était assez riche pour lui donner tout ce dont il aurait besoin. Peu à peu se sont manifestés des signes de paralysie ; le malade à commencé à avoir la langue lourde et la marche moins assurée. Il perdait la conscience de ses actes et à deux reprises a failli par insouciance mettre le feu à son domicile. Deux fois aussi il a eu des attaques épileptiformes avec paralysie durant de 2 à 4 jours.

A son arrivée à l’Asile, V... est calme; il ne semble avoir aucun souci de sa famille. Il paraît toujours très content et demande à s'occuper au Jardin. Il a l'embarras de la parole très prononcé, sa marche est très incertaine ; Le délire des richesses ne paraît pas très accentué ; c’est un malade en démence ; il n’y a pas d'activité intellectuelle ; pas conscience de sa situation ; il n’a pas de délire des grandeurs ; mais la mémoire lui fait défaut; il parle lentement et avec beaucoup de difficulté ; ses pupilles se contractent avec lenteur et sont inégales ; sa marche est incertaine.

Septembre. — V... présente les mêmes symptômes que lors de son entrée. La paralysie n’a pas fait de progrès appréciables ; intelligence affaiblie, parole lente et embarrassée ; marche incertaine ; inégalité pupillaire, la gauche est plus dilatée que la droite.

Octobre et novembre. — La paralysie fait des progrès ; le malade est alité et gàteux. Il répond avec insouciance aux questions qu’on lui pose ; il est toujours content de lui, et il se trouve bien.

Décembre. — Même état mental.

Janvier 1881. — Paralytique en démence; grand affaiblissement

J 0 physique, intellectuel. V... est alité ; il est gateux ; il parait toujours content de lui et souriant ; il ne peut plus marcher. Il ne comprend plus rien aux questions qu’on lui pose.

Ê 4 Février et mars. —- Même état mental. Parfois alité, parfois assis *. sur un fauteuil pendant une heure.

px Avril et mai. — La maladie fait des progrès avec lenteur. V... est er S toujours alité et malpropre. Il mange et dort bien la nuit. # N ; Juin. — L'état de V... devient de plus en plus grave ; il est toujours ui un état semi-comateux, ne répondant pas, ne sachant plus s’il

| existe ; enfin il est dans un état voisin de la vie végétative. Malpropre, selles et urines involontaires.

23 juin. — V... a des attaques convulsives répétées coup sur coup. Il ne prend plus d'aliments ; il avale les liquides avec beaucoup de difficultés. On lui applique des révulsifs aux extrémités, sinapismes, ‘ ventouses, lavement avec sené et sulfate de soude, mais en vain, le cours des attaques n’est pas interrompu, et V... succombe le 25 juin

1881 à la suite d'attaques épileptiformes.

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