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A. — LE CYCLE DE L'EAU DANS L'ORGANISME

L'eau entre dans la constitution de tout organisme vivant. Il n°y a pas de vie sans eau et on le comprendra aisément, si l’on considère que toutes les substances consti- Luant notre organisme sont dissoutes ou suspendues dans un milieu aqueux. Le paradoxe de Claude Bernard « tous les animaux sont des organismes aquatiques » semble exact au point de vue biologique. En dehors de son rôle de dissolvant l’eau a une influence considérable sur la régulation thermique et elle est l'agent de toutes les réactions d'ordre électrolytique.

L'eau existe dans l'organisme sous trois formes :

1° L'eau de constitution qui est une constante cellulaire ne pouvant varier à l’état physiologique. »° L'eau de circulation, contenue dans le système clos des vaisseaux

sanguins et Ilymphatiques, est également assez fixe,

moins cependant que l’eau cellulaire. 3° L'eau lacunaire ou de réserve, contenue dans les espaces intercellulaires dénommés par Achard « le système lacunaire », est contrairement aux deux précédentes, éminemment variable. 1! est facile de comprendre la différence qui sépare cette catégorie d'eau des deux précédentes, si l'on considère que le système lacunaire est un immense réservoir où sont emmagasinées nombre de substances dont l’organisme n'a pas besoin momentanément. À l’état physiologique le milieu intérieur, c'est-à-dire la cellule et le sang circulant, ont une constitution remarquablement fixe. Or les pertes et les acquisitions détruiraient rapidement cette fixité, cette « homéostatie » {B. Canone), si les espaces interstitiels n'étaient chargés de régulariser la teneur du milieu intérieur en diverses substances. Si nous insistons sur cette notion, c'est que son intérêt est considérable, car l’œdème n’est autre chose que la surcharge de ce réservoir lacunaire,

On-conçoit que la teneur en eau d'un organisme est variable, en raison mème de la variabilité du système lacunaire. On admet en moyenne que le corps humain adulte contient 65 % de son poids d’eau, La majeure partie de cette eau provient des boissons et des aliments ingérés, ce n’est qu'une partie insignifiante qui a une origine endogène par la combustion des tissus. L'eau absorbée au niveau du tube digestif traverse le foie. En dehors de son addition mécanique au plasma il semble qu'il y ait un mécanisme colloidal de fixation sur les albumines du sang. On admet, à la suite des travaux de Martin H.

Fischer que le sang veineux riche en CO? absorbe l’eau q

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pour la mettre en liberté aussitôt qu'il s'oxygène, L'eau passe donc dans la circulation générale, provoque une dilution du sang et une hypertension artérielle passagère. La fixité du milieu intérieur serait compromise si deux mécanismes régulateurs ne venaient la rétablir : l’éliminalion de l’eau par le rein et sa fixation dans le système lacunaire.

La physiologie pathologique de l’eau semble être dominé par ces deux facteurs : facteur tissulaire, et facteur rénal.

La fixation tissulaire de l’eau est une des questions les plus importantes de la pathologie générale. Elle est actuellement à l’ordre du jour et nous estimons que sa solution aurait une-immense importance pour la connaissance du mode d'action des diurétiques. L’emmagasinement lacunaire de l’eau est un processus normal. L'organisme doit tenir à sa disposition des réserves d’eau à utilisation rapide, sans avoir besoin de recourir aux moyens extérieurs. [Il est exposé à des déperditions aqueuses surtout du fait de la régulation thermique et ces déperdilions doivent être compensées immédiatement. Cette mise en réserve est réglée par des facteurs dont nous commençons seulement à entrevoir limportance. Pour résumer ces facteurs, considérons un être vivant au point de vue purement physico-chimique. Il est constitué par de l’eau contenant d’une part des substances cristalloïdes à l’état de dissolution plus ou moins ionisée, d'autre part des substances colloïdes en pseudo solution coHoïdale, Les substances minérales dissoutes dans l'eau

de l'organisme s’y trouvent à l’état de cations (CH) et à

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l'état d’anions (H + Na + K + Ca +). L'importance de ces constituants minéraux a été pleinement vérifiée par les travaux de Widal et de ses collaborateurs qui en ont déduit d'importantes applications thérageutiques. Mais tandis que Widal considérait le cation CI- comme facteur d’hydratation, les travaux actuels de LE. Blum tendent à montrer le rôle prédominant des anions. L’'anion

H + et Na + et No + favoriseraient l'hydratation des

tissus, tandis que les anions K + Ca + agiraient en sens

inverse. On conçoit toute l'importance de ces notions au point de vue de la médication diurétique.

Des deux constituants colloïdaux, les graisses et les lipoïdes jouent un très grand rôle sur l’hydratation cellulaire. A. Mayer et C. Schaeffer ont montré: que le

cholestérine

coefficient lipocytique : est une cors-

acides gras tante cellulaire et ce rapport est proportionnel au pouvoir d’imbibition des cellules. Le coefficient lipocytique joue certainement un rôle important dans le maintien de Fa fixité de l’eau de constitution ; mais son influence sur la mise en réserve lacunaire est encore douteuse.

Le deuxième constituant colloïdal des humeurs organiques est l’albumine. Les substances protéiques semblent jouer un rôle considérable dans l’affinité des tissus pour l’eau. Les nombreuses hypothèses formulées à ce sujet

n’ont pas encore pu éclairer la question de façon à pou-

voir en déduire une application thérapeutique. [1 semble

démontrer que nombre de troubles de la répartition de l’eau sont dûs à une viciation du métabolisme azoté. On peut toujours discuter si les lésions rénales troublant l’é-

limination ont été le primum movens de cette viciation

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ou bien si le trouble primitif du métabolisme a fini par retentir sur le rein. Rien ne permet en ce moment de re-

trouver l’origine de ce cercle vicieux.

De quelle façon ces troubles du métabolisme, ces désé: quilibres agissent-ils sur la rétention de l’eau : Par simple changement d'état colloïdal rendant les tissus avides d'eau ,jou bien par un changement de perméabilité des mebranes modifiant la tension osmotique ? Nous ne pouvons répondre actuellement à ces questions et la multiplicité des troubles du métabolisme hydrique est telle que nous ne sommes pas forcés d'admettre l’exelusivité d’un

mécanisme.

Existe-t-il d'autre part un mécanisme régulateur du métabolisme aqueux qui soit accessible à nos investigalions ? En d'autres termes, y a-t-il des organes et des glandes à sécrétions internes qui tiennent sous leur dé-: pendance la régulation des mouvements de l’eau ? Nous n'avons en effet aucune prise sur les modifications intimes des colloïdes cellulaires, mais nous pouvons peut-être agir

sur ces organes el obtenir des résultats fasorables.

Le foie semble avoir une influence considérable sur le métabolisme de l'eau. Le professeur H. Roger à montré depuis longtemps que les produits d’autolyse du foie, injectés à l’animal produisaient de l’œdème, Plus récemment, Molitor et Pick ont précisé deux mécanismes d’actions du foie : le premier consisterait en une modification des territoires veineux ; le second influerait sur l’imbibition, des proténines, lissulaires. Il s'agirait d’après ces

auteurs, qui sont d'accord avec H. Roger, d'un produit du

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