‹ Contribution à l'Étude de la Médication HypnotiqueChapitre 19 sur 32 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Mme Marthe C..., 42 ans, sans profession, à Pertuis (Vaucluse).

Examinée le 6 septembre 1930.

Vient consulter pour des vertiges, des maux de tête et des étouffements, pour des douleurs à localisation imprécise dans tout le corps se calmant et revenant brusquement, en outre souffre d’un état d’anxiété extrême, est inquiète sans motifs plausibles pour elle-même et pour ceux qui l’entourent, se eroit coupable de fautes imaginaires, tous symptômes particulièrement accentués pendant la nuit où ils contribuent à entretenir une insomnie parfois complète.

Le début de cette affection remonterait à 1918 et aurait succédé à un accès de grippe. Il y aurait eu des périodes de rémission de quelques mois, puis reprise de l’état morbide. |

Mme Marthe C.. nous apporte une auto-observation extrêmement fournie, car elle craint d’omettre un certain nombre des troubles dont elle souffre.

Elle nous apporte aussi un nombre d'ordonnances médicales absolument extraordinaire, une centaine environ.

A l’examen nous constatons un amaigrissement considérable, de l’hypotension (11-6), une déviation de l'œil gauche en dehors d’origine inexpliquée (aucun antécédent de syphilis).

Les réflexes sont normaux.

Le réflexe oculo-cardiaque est indécis.

Les fonctions génitales sont satisfaisantes.

Il existe des vertiges, mais pas de signe de Romberg.

Pas d’autres signes objectifs.

Pas d’albuminurie. Taux d’urée sanguine normal, réaction sérologique dans le sang négative.

Au total il s’agit sans doute d’un syndrome mélancolique fruste, avec multiples sensations cœnesthésiques, dans lequel l’insomnie a la valeur d’un symptôme très important.

C’est à lui que nous jugeons utile et intéressant de nous attaquer au moyen d’un traitement à l’isopropylacétylcarbamide que nous instituons de la façon suivante :

Pendant trois soirs, une heure après le repas, un comprimé à 0 gr. 25 : résultat nul.

Le quatrième soir et les jours qui suivent, tantôt O0 gr. 375, tantôt 0 gr. 50 procurent dans un délai de trois quarts d’heure un sommeil tranquille qui dure cinq à six heures.

Page 1