OBSERVATION II
M. Georges G..., 45 ans, employé de chemin de fer à Pertuis.
Examiné le 28 août 1930. Vient consulter pour une insomnie tenace, presque complète depuis une douzaine de jours.
Il a été atteint, il y a dix ans nviron, d’une blennorrhagie, imparfaitement soignée. Il a toujours gardé de l’uréthrite chronique, puis à fait une rechute qui s’est compliquée d’orchite unilatérale.
En dernier lieu il est survenu une poussée de prostatite avec cystite qui s’est d’ailleurs très bien guérie.
Nous ne trouvons à l’examen aucune lésion, ni du côté de l’urêtre, ni du côté de la prostate, ni de la vessie et des glandes annexes.
Les fonctions génitales se font mal, les besoins ne peuvent être satisfaits que de façon intermittente et le malade en éprouve beaucoup d’inquiétude.
Des difficultés extérieures (querelles d'intérêts avec des voisins, disputes, et coups, d’où sanctions) sont venues compliquer l’état initial.
M. Georges C.. est très affecté, il se plaint des conditions défavorables de son existence, d’ailleurs avec une prolixité qui trahit un tempérament inquiet, hyperémotif avec réactions très vives.
L’insomnie est venue s’adjoindre à ce tableeau morbide et le malade s’en préoccupe beaucoup. Il maïigrit chaque jour et craint de devoir bientôt abandonner ses occupations.
En somme nous pensons être en présence ‘d’un cas de neurasthénie dans lequel les préoccupations d'ordre génital ont joué et continuent certainement à jouer un grand rôle, quoique les données de l’examen clinique soient à peu près négatives.
A côté des adjuvants habituels (repas, hygiène, toniques généraux, petite hydrothérapie), nous prescrivons l’allylisopropylacétylcarbamide.
D'abord à la dose de un comprimé de 0 gr. 25 chaque soir.
Au bout de dix jours, M. Georges C.…. vient nous revoir très satisfait,
Le sommeil obtenu sans peine est de qualité meilleure, et le réveil est moins pénible.
Nous conseillons de rester à cette dose, mais de la doubler si les résultats ne se maintiennent pas, nous conseillons en même temps d’interrompre pendant trois ou quatre jours au bout d’une semaine.
Revu trois semaines plus tard, M. Georges C... s’est déclaré très amé-
lioré par l'emploi à ce rythme posologique de lallylisopropylacétylcarbamide.