OBSERVATION IV
© M. Daniel B.…., 24 ans, à Pertuis.
Examiné le 10 septembre 1930.
M. Daniel B... est atteint de débilité mentale vraisemblablement consécutive à des lésions nerveuses de la première enfance.
Le niveau mental est celui d’un enfant de cinq ans.
Très grande indigence de la mémoire et de l’idéation.
Il s’agit de troubles d’évolution à prédominance intélléetuelles sans troubles qualitatifs surajoutés (en particulier pas de perversion des instincts ni des sentiments).
Depuis cinq mois des vomissements nocturnes sont apparus, qui se produisent régulièrement quatre heures après le repas du soir, s’accompagnant de douleurs épigastriques à type de brûlures, avec éructations abondantes. Le liquide rejeté est bilieux.
Il existe en même temps des douleurs diffuses des membres inférieurs avec légère parésie, et amyotrophie, mais sans troubles des réflexes.
Le Bordet-Wasserman chez ce malade avait été trouvé positif dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien, ce qui est évidemment l'explication de la plus grande partie de ce syndrome.
Un traitement au sulfarsénol et au bismuth avait été tenté, mais sans autre résultat que d’aggraver l’intolérance gastrique, qui peu à peu est devenue pour le malade un véritable objet de phobie entraînant une insomnie opiniâtre que, dans son langage d’enfant, Daniel B... accuse comme ie symptôme qui le gêne le plus, à tel point qu’il a manifesté le désir de mourir.
Sans cesser, bien entendu, d’avoir en vue la spécificité indiscutablement en question, nous donnons de Pallylisopropylacétylcarbamide à titre purement symptomatique.
Nous conseillons-donc un demi-comprimé de 0 gr. 25 dans l’aprèsmidi, et un comprimé de 0 gr. 25 le soir ; à notre vive satisfaction, ayant eu l’occasion de suivre de près ce malade, nous avons vu disparaître les vomissements après trois jours de ce traitement, et le sommeil redevenir normal ; pendant quinze jours cette amélioration s’est maintenue et a permis avec une reprise de l’état général de revenir à la médication spécifique. |