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La croyance à l’existence de tels centres est née des résultats concordants de l’anatomo-pathologie et d’expérimentations pratiquées sur l’animal, >
Dans la narcolepsie (maladie de Gélineau), dans l’encéphalite léthargique, dans certains cas de suppurations ou de tumeurs cérébrales on a pu situer des lésions dans le plancher du troisième ventricule, dans la région thalamique et sous-thalamique ; d’autre part, des lésions provoquées par piqûre de ces mêmes régions mésencéphaliques ont pu donner naissance à des sommeils assez prolongés. Ce sont donc ces régions anatomiques qui renfermeraient le ou les centres soupçonnés. Ces centres représenteraient un appareil de réglage et seraient le support du rythme du sommeil ; ce sont eux qui par leurs connections avec les centres voisins de la vie végétative et le système nerveux vago-sympathique conditionneraient ces variations des fonctions de nutrition dont il a été fait mention. Pourtant, à eux seuls ils ne suffiraient pas à expliquer le sommeil, ce n’est pas d’eux que dépendraient la perte de connaissance, l’arrêt des fonctions supérieures, mais bien du télencéphale dans la totalité de ses circonvolutions auquel alors serait dévolu un rôle de vaste centre passif, siège de réflexes inhibiteurs que pourraient déclencher soit des lésions figurées (abcés, néoplasies), soit des irritations (toxines exogènes ou endogènes), soit des infiuences multiples (mouvements spéciaux, manœuvres hypnotiques, états météorologiques).
Cette théorie n’est pas seulement séduisante en tant que connaïissance pure ; ainsi que nous l’indiquerons plus loin, elle a servi de base à une classification rationnelle des hypnotiques.
L’inhibition du système nerveux central, une autre théorie la fait relever de l’action propre du vague, et le sommeil serait alors une phase plus accentuée de l’état vagotonique qui est celui auquel ressortissent la grande majorité des constitutions et tempéraments ; ce qui semble bien corroborer cette manière de voir, c’est ce que Laignel-Lavastine désigne sous le nom de paroxysmes pathologiques du sommeil et qui comprend une foule d’états morbides sous la dépendance d’un déséquilibre vago-sympathique (crise d’asthme, laryngites striduleuses, énurésis, priapisme et crises clitoridiennes, prurits, algies osseuses et articulaires) pour lesquels la nuit apparaît comme un moment électif d’éclosion.
Enfin dans un travail de ces derniers mois, Léopold-Lévi réunit et hiérarchise toutes les théories précédentes, en une synthèse explicative fort harmonieuse qui, faisant intervenir tous les facteurs déjà entrevus, leur adjoint comme condition sine qua non le facteur endocrinien. Selon cet auteur, et en se rapportant à des observations cliniques et expérimentales (animaux partiellement ou totalement privés des principales glandes à sécrétion interne connues), dans lesquelles l’insommie ou l’hypersommie dépendaient nettement de troubles ou de viciations des hormones, ce sont les glandes à sécrétion interne (par ordre décroissant d'importance ; la thyroïde, les ovaires, les surrénales, l’hypophyse, les parathyroïdes, le pancréas et le complexus endocrine du rein et du système adipeux), qui jetteraient dans la circulation les substances destinées à « mordancer », à « sensibiliser » les cellules des centres hypniques et par là
même à les maintenir dans leur activité fonctionnelle normale.