‹ Contribution à l'Étude de la Médication Hypotensive et en Particulier du Nitrite de SoudeChapitre 7 sur 20 · ES · texte numérisé non relu

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qui se fait à la suite de l'introduction ou de la soustraction d’une quantité de sang. C’estainsi qu'après une saignée abondante, la pression sanguine est très peu modifiée et. revient à la normale dans les heures quisuivent l'opération.

Mais en dehors de cette action, sur le volume du sang, les iodures en général, exercent une influence considérable sur la nutrition et favorisant par la diurèse qu'ils provoquent l'élimination de déchets organiques, doués comme on l’a vu de propriétés vaso-constrictives. De plus ils agissent favorablement dans les cas d'astério-sclérose confirmée, modifient les tuniques artérielles, et contribuent à l'amélioration de leur élasticité. C’est surtout en raison de ces faits que l’iodure de potassium soulage le cœur et agit, sinon comme un hypotenseur direct, du moins comme un hypotenseur indirect mais réel.

Les véritables médicaments hypotenseurs et vaso- ts teurs sont constitués par le groupe des nitrites et des nitrates. |

Ce groupe comprend un certain nombre de médicaments minéraux ou organiques qui ont à un degré plus ou moins. accentué les mêmes propriétés physiologiques. Ils se différencient les uns des autres surtout par la rapidité et la durée de leur action vaso-dilatatrice. Certains, comme le nitrite d'amyle agissent presque instantanément, d’autres au contraire comme le tétranitrate d’erythrol ont une action beaucoup plus lente à s'établir, mais aussi plus durable. Enfin pour d’autres, l’action hypotensive est plus faible, moins brutale, plus maniable, et d’une durée d’action plus longue que celle dés précédents.

L'étude physiologique de.ces différents médicaments a

surtout été faite par les anglais. En France Constantin Paul, et dans ces derniers temps Huchard et Alb. Robin

les ont étudiés au point de vue clinique et sont ainsi arri-

vés à établir, d’une façon méthodique et rationnelle, les” indications de leur emploi et le mode d'administration qui leur convient. Ce groupe de nitrites comprend : Les nitrites alcalins el alcalino- terreux. Les éthers nitriques d’alcools monovalents. Les éthers nitreux des alcools monovalents.

Les nitrites des alcools polyvalents.

Les nitrates des alcools polyvalents.

L'étude des nitrates alcalins, et du nitrite de soude en : particulier, faisant l’objet de cette thèse, nous ne nous ÿ

arréterons pas maintenant, et indiquerons seulement les principales opus et les doses des corps DR in-

ne diqués : $

Les nitrites des alccols monovalents sont réprésentés surtout par le nitrite d'amyle. ee

C'est un liquide incolore, d’une odeur suave et péné- trante, très volatil, très diffusible dans l’organisme. Il se

transforme rapidement dans l’organisme en acide nitreux h

et provoque à la suite de son inhalation, une accélération nolable du rythme cardiaque, coïncidant avec une baisse de pression sanguine considérable. En même temps, on voit apparaître de la rougeur de la face, quelques légers vertiges, de la surexcilation cérébrale et de l'augmentation du nombre

des mouvements respiratoires. Trois à cinq gouttes respirées .

sur un mouchoir, suffisent pour provoquer ces phénomènes. Si la dose est plus considérable, le cœur s ‘accélère encore,

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il se produit des bourdonnements d'oreilles, une douée +

intense. On constate également du relâchement muscu- laire avec perte de connaissance, et quelquefois même des convulsions d’origine cérébrale. Ces phénomènes aussi bien thérapeutiques toxiques, sont très fugaces, en raison de la transformation presque instantanée du nitrite d’amyle dans l’économie et de l'élimination rapide de ses produits de transformation. Ses indications thérapeutiques sont nombreuses, mais il est surtout utile dans le traitement de l’angine de poitrine qui est due, comme l'ont démontré les travaux de A. Sée, Peter, et AL. Robin, à une ischémie cardiaque. Cette ischémie serait causée le plus souvent par. l’athérome des artères coronaires à leur | origine. La rapidité de l’action du nitrite d'amyle le rend d supérieur à tous les médicaments similaires pour produire presque instantanément la dilatation des artères ischémiées. Mais ceux-ci reprennent au contraire, l'avantage pour la persistance de l’action. Aussi, en dehors de ces cas, et de quelques cas de migraine à fume, angioplasique, n'est-il guère employé.

Dans ces dernières années, Font a proposé de remplacer, ce nitrite d’amyle par un isomère, le nitrite d’amyle tertiaire, qui dérive de l’hydrate d’amylène. D’après ces auteurs le nitrite d’amyle tertiaire agirait comme le nitrite d’amyle ordinaire, mais son action serait beaucoup plus -marquée. Il ne produirait pas la sensation désagréable de ‘chaleur, de tension de la face, de battement des temporales. De plus, son action serait plus durable. Moins toxique on pourrait en inhaler 80 à 100 gouttes par jour sans inconvénient. Enfin ilserait légèrement doué de propriétés |

hypnotiques. De | DIET FE 0

Malgré cetensemble de propriétés, le nitrite d’amyle tertiaire n'est pas encore entré dans la pratique, et de nouvelles expériences sont désirables pour constater l'exactitude des faits signalés par Bertoni. :

A côté du nitrite d’amyle on rencontre Pen dans cette même série, le nitrite d’éthyle (CH Az O?), surtout employé en Angleterre et aux Etats-Unis. C’est un liquide jaunâtre, d’une odeur agréable de pomme reinette, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l'alcool. Il est très volatil et bout à 18. Il est. également fort instable et se décompose à la longue, surtout en présence de l’eau en donnant naissance à des dérives azotésacides. On avait essayé primitivement de l’'employer comme anesthésique, mais il a donné lieu à des accidents, caractérisés par de l'excitation violente, des convulsions précoces, et de l'arrêt respiratoire, sans provoquer une anesthésie bien nette. Par contre on lui a constaté une action vaso-dilatatrice très évidente, et il est rentré dans la pratique médicale anglaise, sous de nom d’éther nitreux alcoolisé.

Dans cette même série on a employé, également en Angleterre, le propyle nitrite et l’isobutyle nitrite qui sont tous deux des liquides volatiles, d’odeur aromatique et persistante. Ils donnent également naissance dans l'organisme à de l’acide nitreux que Gangee a pu retrouver dans

estomac et le duodénum. Leur action physiologique est

très voisine des précédents et ils ne sont pas entrés dans la thérapeutique courante.

Ces préparations sont le résultat de la réaction de l'alcool à 90° sur l'acide azotique. Elles renferment un mélange d’alcool, d’aldéhyde et de bioxyde d’azote. Elles sont

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sont connues en France sous le nom d’acide azotique alcoolisé ou esprit de nitre dulcifié. La formule du Codex est la suivante :

Acide azotique.:.:1....... 18 gr.

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Il se prescrit à la dose de X à XL gouttes. Son action |

väso-dilatatrice est peu énergique Il agit plutôt comme

stimulant, et est surtout employé comme succédané de

l’éther. Il serait en même temps durétique.:

Les nitrates d'alcools monovalents ont été surtout étudiés par Bradbury et Leech.

Le nitrate d’ethyle (C? H5 Az O5) est un liquide d’odeur agréable, d’une saveur sucrée, avec un arrière goût amer. ll est insoluble dans l’eau, mais soluble en toute proportion dans l'alcool! et l’éther; il bout à 85-86°. C’est surtout un hypno-anesthésique. L’emploi de 50 à 60 gouttes peut amener rapidement une narcose complète. Malheureusement il est inutilisable en raison de sa trop grande toxicité. Schmiedeberg, en effet, a constaté qu’il produisait rapidement la rigidité musculaire et la mort. Son action vasodilatatrice est nette, mais inutilisable.

Leech a égalementemployélenitrate d'éthyle (C?H°Az0°), de propyle (C5 H7 Az O0), d’isobutyle (C4 H° Az Of); mais ces différents corps n’ont pas été utilisés en pratique. Ils possèdent des propriétés analogues aux corps précédents et ne présentent aucun avantage.

Les alcools polyatomiques out fourni à la thérapeutique un certain nombre de corps dont les principaux sont les

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suivants: Le nitrate de glycol, le nitrate de glycérine (trinitrine), le nitrate de mannitol, le pentanitrate de xylite, l’hexanitrate de mannite, et l’heptanitrate de quercite. Tous ces corps sont oblenus par l’action d'un mélange d'acide sulfurique et d’acide azotique concentré sur l’alcool correspondant. Ce sont des corps cristallisés sauf le dinitrate de glycol, et le pentanitrate de xylite. Leur préparation est toujours dangereuse. Ce sont en effet pour la plupart des explosifs puissants. Aussi n°y a-t-il guère Fe que la trinitrine, ou nitro-glycérine, et le tetranitrate d’éry- -throl ou tétranitrol qui soient restés dans la pratique. | La nitroglycérine à été étudiée en 1882 par Murrell. C’est un liquide oléagineux, légèrement jaunâtre, d’une densité de 1.60, insoluble dans l’eau, soluble dans l'alcool. En France, Huchard l'a bien étudiée. Elle provoque, comme

l'a montré Marieux dans sa thèse, une accélération des

battements cardiaques, avec dilatation des vaisseaux périphériques et diminution de la tension artérielle. L’action vaso-dilatatrice est sous la dépendance directe du sympathique. Elle n'exerce aucune action sur les sécrétions, peu sur la respiration. Elle se prescrit d'ordinaire en solution alcoolique. Huchard l’ordonne à la dose de III gouttes de solution alcoolique à 1/00 toutes les 2 heures. Dans ces conditions on peut espérer pendant 7 à 10 heures de la journée ou de la nuit un abaissement de la pression assez

prononcé. Mais si cet abaissement se produit il atteint son

maximum en quelques minutes puis décroit rapidement. De plus la trinitrine provoque assez souvent de la céphalalgie frontale pulsative, parfois violente et intolérable ; aussi un certain nombre de malades ne peuvent-ils supporter son administration.

Le tétranitrate d'érythrol ou tetranitrol comme l'appelle Huchard à été surtout bien étudié en Angleterre par Leech, Bradbury, Lauder Brunton, et Marschall. C’est un corps

cristallisé en aiguilles blanches, très peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool. Ses propriétés physiologiques :

sont presque identiques à celles de la trinitrine. Cependant il est moins toxique, ne provoque que rarement de la céphalée et est d’ordinaire bien toléré. On l’emploie sous forme de comprimés de 9.01 que l’on prescrit toutes les 3 heures. En raison de son insolubilité dans l’eau il ne peut être prescrit en solution. De toxicité faible il peut être facilement prescrit à la dose de 0.06 à 0.08 par jour. L’'action de ce médicament apparaît au bout d’un quart à une demi-heure. La durée de l'abaissement de la tension sanguine produite est d'environ 5 heures. Pour cette raison, Hushard l’emploie de la façon suivante. Il fait prendre 3 gouttes de trinitrine en solution alcoolique à 1/00 et quelques minutes après un comprimé de tetranitrol. Il obtient ainsi presque immédiatement un abaissement de la pres-

sion sanguine qui passe de 28 à 20 ou de 21 à 18et.

même 16. On constate en même temps une amélioration notable du pouls qui tombe à 100 et 110.

L'action cardiaque de ce corps est presque nulle. L’action exercée sur la tension sanguine est presque exclusivement d’origine vasculaire. Huchard a égaleme nt essayé l'emploi de pentanitrate de quercite. Ce corps avait donné de très bons résultats thérapeutiques, mais il n’a pas été employé en raison des difficultés de sa préparation qui est

très dangereuse.

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