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Administrés par la voie digestive ou sous-cutanée, ces corps ne nous paraissent pas présenter ainsi tous les avantages qu’on peut en tirer.
Par la voie digestive. — 1° Le dosage de la médication est difficile, une partie du médicament sans avoir été absorbé est retrouvé dans les selles ;
2° Dans les cas d’idiosyncrasie, ou plus généralement chez les individus présentant une cause d’intolérance, la muqueuse digestive est peu en état d’absorber le médicament, si elle a déjà été irritée par l'élimination iodique ;
3° Nous verrons plus loin que dans ce cas l’huile iodée, après l’action de suc pancréatique qui l’émulsionne, est décomposée beaucoup plus rapidement et d’une façon presque instantanée dès qu’elle arrive dans le milieu sanguin.
Par la voie sous-cutanée. — Sans nous attacher aux accidents locaux toujours possibles avec un produit difficilement résorbable, nous signalerons seulement les tumeurs dont J.-L. Faure, Jacob, Faure-Frémiet, Duraud et Michon ont donné des observations à la Société de chirurgie et dont plus récemment W.-H, Mook et W.-G. Wander ont publié une série de cas, après les injections souscutanées d'huile camphrée, tumeurs durant plusieurs années, douloureuses et récidivant après l’extirpation. [l s'agissait en l’espèce, il est vrai, d'huile de vaseline, mais de pareils accidents ne peuvent-ils survenir avec d’autres corps gras injec-
tés sous la peau ?
Une conséquence beaucoup plus importante cependant de cette difficulté de résorption, réside dans l'incertitude de l’action d'un médicament administré dans de telles conditions. Les signes d’hydrargyrisme éclatant brusquement chez un malade soumis au traitement mercuriel par l'huile grise, traduisent l'irrégularité de la résorption du mercure introduit sous forme d’émulsion grasse dans le tissu conjonctif inter ou intramusculaire. Avec les lipoïdes iodés incomparablement moins toxiques, les accidents analogues ne sont guère à redouter, mais bien l’irrégularité et l'incertitude de leur action thérapeu: tique lorsqu'on les confie à la voie sous-cutanée.
L'apparition tardive de l’iode dans les urines (quarante-huitième heure) est la preuve de cette résorption difficile ; et si celte circonstance peut trouver dans certains cas une indication, il en est . d’autres où l’action de l’iode, sans être brutale, gagne à être plus hâtive et dans tous les cas plus régulière. |
D’après Pouchet, quelle que soit la modalité de la médication iodique employée, il faut agir avec des doses fortes pour juguler un symptôme, faire disparaître une altération, puis, l'effet obtenu, des doses faibles suffiront pour éviter les récidives ; or, comment compter sur une action énergique dans des conditions de résorption difficile ?
C'est d’ailleurs après avoir éprouvé par l’expérience, comme nousle verrons plus loin, à propos du traitement d’une mycose du cheval, cette incertitude
d'action de l'huile iodée administrée par voie souscutanée ou intra-musculaire, que nous avons été amené à abandonner cette voie.
Il est encore un élément qui, à lui seul, pourrait justifier la recherche d'un autre mode d’administration, c’est la douleur consécutive à l'injection souscutanée et qui se manifeste au bout de trois à quatre heures ei dure six heures en moyenne. Dans un cas d’après Martin elle aurait dû faire cesser le traitement.
Restait à fixer le composé iodique à utiliser.
Il ne pouvait être question des iodures, bien que lIK ait pu être injecté par Teppaz dans la veine jugulaire du cheval, l’'INa par Spolverini et Ravaut dans les veines chez l’homme. Ces sels sont trop diffusibles et trop facilement décomposables pour que leur introduction directe dans le sang présentât d'avantage réel, sans parler des dangers d’une pareille thérapeutique.
Restaient les composés organiques de l’iode ; c’est parmi eux qu’il fallait choisir un corps répondant aux conditions que nous nous proposions de réa-
liser.
J. Cartier 3