CHAPITRE PREMIER
Les expériences et observations qui précèdent montrent la possibilité d’administrer l'huile iodée par voie intra-veineuse chez les animaux.
Il restait à appliquer la méthode en thérapeutique humaine en partant des données précédemment établies.
Pour les raisons que nous avons indiquées déjà c’est au lipiodol (l'huile iodée à 4o 0/0) que nous nous sommes adressé, cette huile, fabriquée avec de l'huile d’œillette, exempte à chlore, riche en iode, réunissant les conditions les plus favorables pour l'application de la méthode.
Dans les observations qui vont suivre,nous avons appliqué pour la recherche et le dosage de l’iode les mêmes techniques que celles exposées à propos des expériences chez le chien.
OgservarioN VI. —F... Joseph, quarante-neuf ans, déménageur.
Antécédents.— A contracté la syphilis en 1910 et a subi à cette époque un traitement par l’arsénobenzol dont il a reçu quatre piqûres et quelques piqûres d'huile grise.
Le malade n’accuse depuis aucun accident il n’a subi aucun
autre traitement.
DHÉTTIE
re He ani RÉRp UE Ste
TEE
ë AE EEE HE =. A Nec eco el SE HE NE LEEETEECERRRRRRRR RE +. ER EE HE HÈSRE ee
: us DÉREnEE
En août 1919 il souffre d'une douleur dans la région
précordiale, puis il subit une crise douloureuse avec irradia-
tions dans le bras gauche s’accompagnant d’une céphalée
intense; son état nécessite un séjour de trois semaines à
l'hôpital.
Fin octobre 1919, après un bain, le malade ressent des picottements dans les ortéfls qui deviennent en même temps violacés, quinze jours après ils sont noirs, secs, racornis.
18 novembre. — Entrée à l'hôpital,
ee
I subit un traitement arsenical (4 piqûres de néo-salvar-
san de o gr. 30) et une série de vingt piqûres de benzoate de
mercure.
. Au début de janvier l'examen du malade montre :
La mortification sèche des 2 phalanges des gros orteils.
] ae
— des 2° et 3° phalanges du 2° orteil.
— de la 3° — du 3 — — de la 3° — du & — Toutes ces lésions étant rigoureusement symétriques aux deux pieds, le cinquième orteil étant seul indemne.
Au pied droit on remarque un léger suintement suppuratif du sillon d'élimination, à gauche, les lésions ont l'aspect parcheminé sans suintement
Tension artérielle radiale : Max. 16 1/2. Min. 91/2,oscill. 205,
Tension artérielle tibiale : Max. 18. Min. 9, oscill. 60.
bé
Sa
L'examen des organes et appareils ne révèle rien de notable.
Les poumons sont sains.
Il s’agit d’une gangrène symétrique des extrémités attribuable à une artérite spécifique.
7 janvier. — Température 37° 1, pouls 84, tension artérielle radiale 19-11 1/2 (app. Pachon). Nous pratiquons une injection intraveineuse de 1/2 centimètre cube d'huile iodée à 17 heures. Dans les urines fractionnées recueillies d'heure en heure, l'iode est retrouvé à 19 heures, deux heures après.
Après l'injection, le pouls reste à 84, le malade n’accuse aucune réaction thermique, aucun trouble immédiat ni consécutif.
Les jours suivants l’urine renferme des-traces d'iode.
11 janvier à 11 heures. — Température 373, pouls 80, tension artérielle 16 1/2-8 ; nous injectons 3/4 de centimètre cube d'huile iodée, le pouls n’accuse aucune accélération, température vespérale 374. Le malade n’a présenté aucun malaise,aucun signe objectif. L'élimination de l’iode continue à s'effectuer à l’état de traces dans l'urine.
19 janvier. — Température 3701, pouls 86, à 1r héures injection d'huile iodée: 1 centimètre cube, à 16 heures, pouls 86, température 373.
18 janvier. — L'iode des 24 h. dans l’urine atteint 1 mgr.
AVES TR SIENS 20 — — — 2 mgr. ÿ 21 re — — 9 L 22e; 22 — — — 1 mgr.
23 DR — — I — 24 RE — — I — 29 es —— — ÏJ — 26 Er — us DUT —
Pan
Injection d'huile iodée : 1 eme. 5
27 janvier. — Iode urinaire des 24 heures 1 mgr. 28 — | — 3 mgr. 5 . Elimination de la troisième phalange du troisième orteil droit, la plaie est rosée,bourgeonnante,sans trace de nécrose. 29 janvier. — Iode urinaire des 24 heures 5 mgr. 30 — — 5 mgr. 5 31 janvier. — Iode jurinaire des 24 heures 3 mgr. 5 L’élimination se poursuit en diminuant lentement les jours suivants.
11 février. — Tension artérielle 16 1/2-9 1/2.
: 15 février. — Elimination des deuxième et troisième phalanges du deuxième orteil, plaie de belle apparence sans nécrose.
L'élimination de l’iode se poursuit jusqu’au 22 février.
29 février. — La deuxième phalange du gros orteil droit est éliminée sans suppuration ni nécrose consécutives.
1°" mars. — Injection d'huile iodée : 2 centimètres cubes, (x gr. 08 d’iode).
L'iode est retrouvé dans les urines fractionnées deux
heures après l'injection, «
L’élimination se poursuit les jours suivants, le taux des vingt-quatre heures augmenté jusqu’au cinquième jour (tension artérielle 16 1/2-8 1/2), se maintient à 35 et 36 milligrammes pendant quarante-huit heures et baisse ensuite, mais se poursuit jusqu’au 25 mars, date à laquelle le malade
passe en chirurgie pour subir une intervention sur le pied
gauche.
J {Cartier 6
Si l’action de l’iode sur les lésions d’artérite n’a pu faire régresser une gangrène ayant déjà réduit les tissus à l’état d’escarres, il semble pourtant indéniable qu’ellese soit manifestée d'unefaçon heureuse sur l’évolution des moignons
d'élimination dont aucun n’a présenté de nécrose.
La tension artérielle a été influencée nettement dès la
première injection.
L’élimination de l’iode, dont nous donnons la courbe, a
débuté à l'état de traces dès la deuxième heure. Le taux
s’est élevé pendant les jours qui ont suivi l'injection pour
n’atteindre son maximum que du troisième au cinquième jour.
L’iode 2 été retrouvé dans l’urine ensuite pendantplusieurs
semaines.
OBsERVATION VII. — G... Jules, soixante-seize ans, boucher.
Antécédents. — On relève uxe crise de goutte à trentequatre ans.
Des douleurs articulaires dans les poignets en 1900, en 1917 dans les jambes, les épaules, douleurs violentes s’exaspéranti par les mouvements ; ces douleurs disparurent puis réapparurent moins vives mais avec un caractère permanent et gênant beaucoup la marche.
Examen, membres supérieurs. — On note à droite une élévation du moignon de l'épaule, l'articulation augmentée de volume, déformée, présente de forts craquements pendant les mouvements qui sont limités.
Le malade ne peut élever la main au-dessus du menton.
L’articulation du coude et les articulations du poignet du