‹ Contribution à l'étude de la médication iodiqueChapitre 8 sur 34 · UT UE · texte numérisé non relu

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importants quant à la date d'apparition et à la gravité des accidents.

Les lésions constatées consistent en œdème aigu et infarctus hémorragique. L’organe atteint est parsemé de taches jaunâtres ou blanchâtres et d’ecchymoses. À l'examen histologique, après action de l'acide osmique, les capillaires apparaissent remplis d’une masse colorée en noir moulant les divisions vasculaires.

Mais ces accidents ne succèdent pas fatalement à l’embolie graisseuse qui se produirait d’après Scriba dans 50 o/o des fractures. Peu graves lorsqu'elles sont légères, elles peuvent par leur répétition entrainer des accidents pulmonaires,et parfois même déterminer la mort, dans 8 o/o des cas d’après le même auteur.

Dans la majorité des cas, la graisse franchit les capillaires du poumon grâce à sa fluidité et à sa faible adhérence aux parois, et les globules graisseux sont peu à peu évacués dans la grande circulation. Ils peuvent alors aller déterminer des lésions analogues à celles décrites ci-dessus dans les autres parenchymes, ils peuvent aussi franchir ces derniers, pour être finalement éliminés au niveau du rein. Un signe manifeste de cette élimination est la lipurie.

Les symptômes traduisant l’embolie graisseuse sont dominés par la dyspnée qui apparaît brusquement un temps variable après l’introduction de la graisse dans l'appareil circulatoire. Cette dyspnée qui s'accompagne des autres signes de l’infarctus ou de

f l’œdème pulmonaire (toux, expectoration sanguinolente ou mousseuse, matité et râles) traduit donc les complications mécaniques de l’embolie.

Dans les cas graves, la gêne de la circulation pulmonaire ne tarde pas à retentir sur le cœur dont les contractions s’accélèrent tout en s’affaiblissant. Le cœur droit se dilate. La dyspnée s'accroît progressivement et la mort peut survenir avec des accidents cérébraux.

Roux (de Lausanne) a attiré l’attention sur la discordance entre le pouls (ralenti d’après lui) et la respiration (accélérée), discordance qui permettrait de prévoir l’embolie graisseuse.

Benestad a noté l’apparition de petites pétéchies cutanées sur la face antérieure des épaules,les parties latérales du cou, la poitrine, le ventre, et la face antérieure des cuisses.

Œhler les a également observées sur les muqueuses et en particulier sur les conjonctives.

Les cas mortels sont exceptionnels et il semble bien, si l’on reprend les observations qui en ont été publiées, qu’un certain nombre aient été attribuées à l’embolie graisseuse, qui relevaient du shock dans les grands traumatismes. |

« C'est à l’embolie graisseuse, disait J. Déjerine, qu’il faut attribuer la mort, dans bon nombre de cas de mort rapide après de graves lésions osseuses, morts rapides qui sont le plus souvent attribuées à ce que l’on appelle le choc dans le langage chirurgi-

cal, dénomination vague qui n’a aucun sens précis dans le langage scientifique. »

Les idées actuelles sur cette question sont toutes différentes.

Cherchant à produire l’embolie graisseuse expérimentalement, le même auteur fit à un chien anesthésié une ouverture dans la cavité médullaire du tibia. Introduisant alors une tige de fer, il pratique lattrition de la moelle osseuse. Il constate l’issue dans la plaie de sang mélangé de gouttelettes huileuses.

Ayant sacrifié l’animal trois heures et demi après, il ne trouve dans le poumon aucune trace d’embolie graisseuse.

Pour produire l’infiltration graisseuse des capillaires pulmonaires,J. Déjerine eut alors recours à l’introduction dans la cavité médullaire de l’os d’une tige de laminaire. Celle-ci en se gonflant déterminait la sortie abondante de la moelle osseuse. Encore notet-il que le chein ayant subi cette épreuve ne présente pas de dyspnée appréciable, il le sacrifie après cinq jours et trouve à l’autopsie, aux poumons : « de la congestion très légère des bases et quelques petites ecchymoses sous pleurales ».

Cependant que l'examen microscopique montre le poumon injecté presque complètement par la graisse surtout abondante dans les capillaires périlobulaires et dans le réseau inter-alvéolaire.

Les reins et le foie sont indemnes.

De ces expériences nous retiendrons que malgré le

passage dans le sang de substance grasse, on peut ne pas observer l’embolie graisseuse.

L'infiltration très abondante des capillaires du

poumon est obtenue par l'introduction de quantités importantes de graisse dans la circulation, mais cette infiltration peut ne s'accompagner que de phénomènes réactionnels limités n’entraînant pas de symptômes apparents.

* Scriba a cherché a établir expérimentalement la quantité de matière grasse dont le passage dans le sang déterminerait la mort chez l’homme ; il n’en faudrait, d’après lui, pas moins de 210 grammes.

Conclusion. — De ces faits il résulte qu’une substance grasse introduite dans le système veineux n’est arrêtée dans les capillaires péri et intralobulaires qu’à la condition d'être liquide ou d’être introduite en quantité importante, ou d’une façon répétée. |

Dans les autres cas elle finit par être éliminée de l'organisme.

Les lésions réactionnelles du poumon sont minimes en comparaison de l’importance de l’infiltra-

tion graisseuse.

J. Cartier 2

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