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et cela sans aucun succès. «Il semble, dit-il, que l’action de cet extrait est sous la dépendance d’une certaine irritabilité de l’utérus, telle qu’elle existe à l’état latent dans l’état de grossesse. » Cependant, dans un cas de rétention placentaire remontant à 3 mois, il put provoquer l’expulsion du placenta au moyen d’injections répétées.
Schiffmann n'obtient aucun résultat dans quatre cas dont un pour métrorragie intense survenue pendant le sixième mois de la grossesse ; par contre, chez une femme qui fit une hémorragie utérine au troisième mois, les contractions faibles et espacées augmentèrent en énergie et en fréquence après injection de un centicube.
Fischer, malgré trois injections de 1 centicube, ne put provoquer l’avortement pour hémorragie chez une multipare enceinte de quatre mois ; par contre, dans un avortement gémellaire de six mois en cours, une seule injection suffit pour amener, vingt minutes après, l'expulsion d’un fœtus, trente-cinq minutes après celle du second.
Hauch et Mayer ne peuvent enregistrer que des insuccès dans huit cas d’avortement en cours dont un avec décollement prématuré du placenta.
Vayssières publie une observation dans laquelle une injection de pituitrine fait reparaître les douleurs vingtdeux heures après leur cessation. L’avortement s’effectua dans ce cas en quatre heures. Dans deux cas de rétention placentaire, il y eut deux résultats négatifs, dont l’un pour lequel la pituitrine ne provoqua aucune réaction, ni douleur, ni contraction.
Richter tente l’avortement dans cinq cas sans résultat. De même pour terminer l’avortement, il ne put obtenir de résultats appréciables.
Dans deux cas de grossesse au 3° et au 6 mois, Zinsser tenta vainement de provoquer l’accouchement.
Hell, dans vingt-deux cas, n’obtint que des douleurs trop faibles pour expulser l’œuf ; mais la pituitrine lui permit de constater l’accentuation des contractions utérines et la délivrance spontanée dans cinq cas.
Hamm rapporte six cas d’avortement en cours. Dans
un premier cas, après six injections, l'avortement se produit après la première injection ; dans un deuxième, cinq injections n’amènent l’expulsion de l’œuf qu’au bout de 26 heures ; dans un troisième, résultat après huit injections ; mais un ballon introduit ensuite eut son action facilitée et renforcée. Enfin, dans un quatrième cas, J'avortement ne se produisit que sous l’influence simultanée du ballon et de la pituitrine.
Studeny l’emploie également en même temps que le ballon, et obtient ainsi un résultat appréciable dans une grossesse au cinquième mois. Dans deux autres cas, le résultat fut presque nul.
Grunbaum eut un insuccès complet dans un avortement au cinquième mois.
Vogt, dans 7 cas d’avortement en cours, eut 3 succès probants.
Fellenberg use de l’extrait hypophysaire dans un cas de rétention placentaire ; il obtint des contractions, mais non l’expulsion du placenta, ce qu’il explique par les dimensions restreintes des annexes qui offrent un faible point d'appui à l’utérus qui se contracte.
Pour nous résumer, nous pouvons dire que l’action de l'extrait hypophysaire dans l’avortement, que ce soit pour le provoquer ou l’accélérer, est très douteuse. A côté de succès certains, nombreux sont les insuccès : force nous est donc d’attendre de nouveaux résultats pour nous faire une opinion définitive, et, à la suite de nos expériences, c’est l’attitude qui a prévalu à la Maternité d'Alger. En effet, nous avons eu l’occasion de faire usage de l’'Hypophyse dans deux cas d’avortement. Dans l’un, il s’agissait d’un avortement spontané de deux mois. La femme entre à l’hôpital avec le diagnostic de rétention placentaire. Au toucher, on constate que le placenta est engagé dans le col. L'expression utérine est inefficace. On fait alors un tamponnement vaginal très serré ; puis on fait ingérer à la malade deux cachets d’'Hypophyse de 0,10. Cette deuxième méthode reste absolument sans effet ; il faut alors recourir à la pince à faux germes qui
permet l'extraction du placenta. Dans le second cas, il s'agissait d’un avortement de cinq mois ; comme après la délivrance l’utérus restait mou, on donna deux cachets d'hypophyse qui incitèrent l’organe à se contracter.
En somme, le premier cas est un insuccès complet ; quant au second, il nous a permis de constater l'efficacité de l’extrait hypophysaire pour combattre l’inertie utérine post abortive. Cependant nous ne tirerons aucune conclusion ; nous attendrons d’avoir un nombre d’observations plus élevé.