‹ Contribution à l'étude de la mélanose de RiehlChapitre 9 sur 15 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

avait vu survenir à la suite de petits nodules noi-

-râtres accompagnés de placards du genre de ceux

décrits ci-dessus.

M. Gougerot, en France, en a parlé aussi récemment.

La seconde est la forme dans laquelle {a mélanose s'accompagne de bouton d'huile ; dans ce cas le visage et la poitrine présentent l'aspect de la mélanose que nous avons décrit ; alors que sur les bras apparaissent des boutons d'huile typiques.

A l'appui de cette opinion nous citerons une partie de la première observation française de mélanose de Riehl avec bouton d'huile qui a été présentée par Thibierge à l'Académie de médecine le 12 mars 1918 sous le titre Pigmentation des régions découvertes chez des ouvriers tourneurs d'obus.

Il s’agit d'un malade âgé de 39 ans qui travaille depuis janvier 1917 dans une fabrique d’obus :

Peu de temps après son entrée dans cette fabrique il a eu quelques boutons d'huile sur les parties des membres supérieurs découvertes pendant le travail, et surtout des taches noires, punctiformes, produites par la pénétration dans les orifices folliculaires de graisse et de particules métalliques que j'ai décrites sous le nom « d’encrage des follicules ».

Au bout de deux mois environ, il a commencé à remarquer sur les mains et sur le visage une coloration brune qui a augmenté progressivement, et ne paraît avoir été précédée ni de rougeur ni de desquamation, la teinte brune est devenue de plus en plus accusée jusqu’au mois d'octobre date à laquelle il est venu me consulter.

A ce moment l’aspect général du visage est celui d'un addissonien la coloration brune occupe tout le visage, les oreilles, le cou : elle est moins prononcée sur les mains.

Les régions pigmentées ont un reflet noirâtre, leur coloration uniforme à distance, se présente, lorsqu'on l’étudie à la loupe, sous la forme d’un très fin réticulum disposé autour des orifices glandulaires, dans les mailles duquel la peau a conservé une teinte sensiblement normale; l'épiderme ne présente aucune desquamation, tous les orifices folliculaires sont nettements appa-

RE te

ponctuée absolument analogue à celle qui marque le début du lupus érythémateux.

Nous citeronségalement quelqueslignes de l’obser. vation qui accompagne la précédente où il s’agit

d'une femme âgée de 47 ans qui travaille depuis

cinq mois dans une usine, où elle est occupée à tourner des obus, elle se sert comme lubrifiant d’une huile dont elle ne peut préciser la nature.

La face entière, le cou, les oreilles. sont le siège d’une colora-

tion bronzée, brunâtre, à reflet noirâtre de teinte uniforme.

Sur les joues la coloration est un peu plus foncée, à reflet cuivré;

des squames se détachent de temps à autre, laissant après leur chute un épiderme de coloration normale; elles se montrent surtout au niveau des rides, En examinant les joues à la loupe, on constate que la pigmentation n’est pas absolument uniforme ; elle est disposée en fin réseau entourant les orifices glandulaires au niveau de ceux-ci on constate de petites perforations épidermiques entourées d’une légère hyperkératose comme au début du lupus érythémateux .

Sur le front on voit de petits comédons noirs, au niveau certain nombre d’orifices glandulaires,

Sur le cou la coloration est moins foncée, elle occupe toute sa surface, se prolonge sur la partie supérieure du thorax, principalement sur la ligne médiane en avant, suivant le contour de l'ouverture des vêtements ; il n’y a pas de desquamation au niveau du cou.

Sur la face dorsale des mains et des avant-bras, dans leur partie découverte, la peau est épaisse, rugueuse, les orifices glandulaires sont surélevés, rappelant l'aspect du pytiriasis rubra-pilaire, les squames sont très adhérentes, la coloration

brune des téguments est moins prononcée que sur la face. Il n’y

a aucune pigmentation sur le reste du corps.

Nous rapprocherons des faits cités par Thibierge dont nous venons de parler le résumé de l'observation présentée par MM. Sézary, Pasteur-Vallery- Radot et Benoist à Ja Société de dermatologie’ en sa séance du 40 mars 4927, sous le titre « Mélanose

rents à la loupe et sont le siège d'une très fine byperkératose

de Riehl, hyperkératose folliculaire, chez un ouvrier tourneur sur métaux ».

11 s’agit d'un ouvrier tourneur sur métaux âgé de 24 ans avec toutes les apparences d’une santé parfaite ,il consulte pour une coloration brune de la face ; on constate en effet une pigrmuentation réticulée de la face à maximum dans les régions frontales, temporales et malaire cessant rapidement au-dessous du maxillaire inférieur, ne s'étendant pas jusqu’à la région recouverte par le col-de la chemise, épargnant le nez, le menton, les oreilles, la nuque, le cuir chevelu. Pas d’atrophie cutanée, la peau ne desquame pas et n’est pas purigineuse ; sur la muqueuse de la gencive au-dessus des incisives supérieures il existe quelques petites taches pigmentaires, on retrouve la même pigmentation réticulée au membre supérieur, particulièrement prononcée aux avant-bras. La région axillaire antérieure, les régions thoraciques antérieures et postérieures sont pigmentées par endroits avec de l’'hyperkératose de place en place. Des papulo-pustules se voient aux avant-bras, qui sont continuellement exposé à l’action de l'huile qui arrive en jet sur les pièces qu'il tourne.

Nous avons tenu à résumer de ces observations, afin de bien montrer que dans tous ces cas il s’agit de malades présentant les caractères de la pigmentation du type Riehl associés au bouton d'huile ; ajoutons que ces malades interrogés ont répondu, qu'ils étaient les seuls dans leurs ateliers respectifs à présenter des troubles de cette nature et que tous les ouvriers de leurs ateliers se servaient des mêmes produits qu’eux et accomplissaient le même travail.

Dracnosric

Le diagnostic de la mélanose de Riehl présente un certain nombre de problèmes dont quelques uns seront signalés plus tard lorsque nous étudierons les mélanoses voisines du type de celle que nous venons de décrire : nous parlerons dans ce chapitre des erreurs les plus communes à éviter,

pin à Pen

Les malades présentent dans la plupart des cas un aspect typique qui ne peut guère prêter à la confusion, la pigmentation particulière du visage, la ponctuation folliculaire, les papules acnéïformes disséminées, l'absence de prurit dans la plupart des cas, l'absence des troubles généraux sont les caractères permettant de faire un diagnostic positif.

On ne confondra pas néanmoins ia mélanose de Rieh]l avec les lésions de la radiodermite ou de la radiumdermite, ces lésions sont presque toujours très distinctes de cette affection ; d’ailleurs les commémoratifs aideront à établir ce diagnostic.

Il faudra également éliminer les lésions par agents extérieurs produisant de la mélanodermie, les tatouages par poussières de charbon, de suie, ou de métal qui s’incrustent dans le derme ou sous l’épiderme, et ont une teinte bleutée spéciale ; les mineurs présentent souvent ce phénomène, mais le tatouage n’a pas de rapport plus spécial avec le follicule pilo-sébacé et la pigmentation est uniforme.

Le bouton d'huile peut prêter a confusion, mais l'élémentest typique par sa forme pustuleuse à la période d’état ;en effet le bouton d'huile à cette période présente à considérer une vésicule qui peut s'infecter facilement et donner naissance à des sortes de « furoncles »?. Par son siège; d'autre part ; on ne le voit que dans les régions constamment

exposées à l’action de l'huile, mains et bras parti-.

culièrement.

Il peut coexister avec la mélanose mais s’en dis-

tingue nettement.

Exanthème acnéiforme de von Veress (de Koslovar). — Cette affection a été signalée en Alle- Le \ , magne comme pouvant donner lieu à erreur, c'est une sorte deboutons d'huile.

J, Renoult 2

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