Ponction lombaire. — 11 novembre
Liquide légèrement trouble, tension normale. — Culot de centrifugation purulent.
Leucocytose très abondante ; avec prédominance très nette de polynucélaires.
Diplocoques intracellulaires et extracellulaires.
8° Ponction lombaire. — 12 novembre 1910.
Liquide légèrement trouble ; tension normale. — Culot de centrifugation moins abondant.
Polynucléose : mais les mononucléaires el les lymphocytes sont en plus grand nombre que la veille.
On note toujours la présence de quelques diplocoques intracellulaires et extracellulaires.
Le liquide C. R. est ensemencé sur bouillon et gélose.
Ponction du 19 novembre 1910.
Liquide très trouble, d'aspect purulent. — Tension normale.
On trouve presque exclusivement des polynucléaires, dont quelques-uns sont en karyolyse.
Tous contiennent un grand nombre de diplocoques (jusqu'à 7 et 8) à leur intérieur. — Diplocoque prenant le gram.
Nouveaux diplocoques extracellulaires.
Ce liquide a été ensemencé sur gélose sang et inoculé à la souris sous la peau et dans le péritoine.
Liquide Cephalo-Rachidien du 12 novembre,
Cultures. — Le liquide Cephalo-Rachidien retiré le 12 par ponc-
tion lombaire a été ensemencé sur bouillon simple et sur gélose simple.
1° Sur bouillon simple.
Après 36 heures à l’étuve à 37; liquide trouble avec dépôt pulvérulent.
À l'examen microscopique: diplocoqnes, les uns en grain de café. les autres lancéolés, gardant le gram.
2° Sur gélose simple : petites colonies transparentes, très petites.
A l'examen : diplocoques présentant des formes diverses ; quelques-unes sont en chaïînettes courtes. d'autres se regardent par leur surface plane comme la méningocoque ; d’autres enfin sont juxtaposés par leurs extrémités et ont la forme en 8 de chifire comme le pneumocoque. Mais tous gardent le gram.
En résumé, l'examen du liquide céphalo-rachidien à l’état frais, et après coloration par la thionine et le gran, d’une part, les cultures sur gélose et sur bouillon d'autre part, donnent des résultats identiques et montrent un diplocoque prenant le gram. Ce caractère permet d'éliminer la méningocoque de Weichselbaum et doit nous orienter soit vers le diplocoque de Jœger, ou diplococcus crassus, qui seul de tous les pseudo-méningocoques, prend le gram, soit vers le pneumocoque de Talamon-Fraenkel.
Les cultures précédentes ont été repiquées le 17 novembre sur bouillon et sur gélose sang, et l'une d'elles a été inoculée à la souris.
1° Repiquage sur bouillon.
Après 24 heures : léger trouble du bouillon avec dépôt pulvérulent. — A l'examen microscopique, après coloration à la thionine et au gram ; diplocoques groupés le plus souvent en de longues chainettes dont les éléments allongés, ovalaires, gardent le gram.
2 Repiquage sur gélose sang. — Petites colonies transparentes difficiles à voir.
A l'examen : diplocoques, lancéolés, en 8 de chiffre ; quelques chainettes de 3 ou 4 éléments. — Ces éléments sont entourés d’une
capsule.
lis gardent le gram.
En somme : ces diplocoques présentent tous les caractères mor-
phologiques et tinctoriaux du pneumocoque.
Donc, sur gélose sang, qui est un milieu organique, un
milieu favorable, ce pneumocoque commence à reprendre les caractères morphologiques ‘classiques, qu'il avait perdus sur des milieux peu appropriés, tels que gélose et bouillon simple (où il avait perdu sa capsule et aflectait la disposition en longues chatnettes analogues à celui du streptocoque).
3 L'inoculation sous-cutanée à la souris d'une culture en bouillon est restée sans effet : on note un peu d’abattement, de. prostration. — Mais 2 jours après la souris parait en bon état.
Liquide Céphalo-Rachidien du 19 novembre.
1° Ensemencement.
Ensemencé sur gélose sang, donne certaines caractéristiques du pneumocoque. Etalé sur lame et coloré, on obtient des diplocoques lancéolés en huit de chiffre gardant le gram « Pneunocoque. »
2° Inoculation à la souris :
a) Inoculation sous-cutanée.
Après 2 jours d’abattement, la souris reprend son état normal.
b) Inoculation intrapéritonéale.
Mort 48 heures après l'injection.
Avant la mort : l'examen du sang montre nombreux diplocoques prenant une forme lancéolée typique et gardant le gram.
Après la mort : |
Sang du cœur: très nombreux diplocoques lancéolés, gardant le gram, et encapsulés.
Frottis de rate : mêmes caractères.
Le sang prélevé de ce cœur après la mort a été ensemencé.
c) Sur gelose.
Au bout de 24 heures ; semis de petites colonies transparentes, ressemblant à des goutelettes de rosée.
A l'examen : diplocoques, disposés en courtes chaïnettes. soit en 8 de chiffre gardant le gram.
d) Sur bouillon.
24 heures après: léger trouble donnant à l’examen de larges chainettes gardant le gram.
3° Sur gélose sang :
Colouies caractéristiques du pneumocoque au bout de 24 heures.
Diplocoques lancéolés, encapsulés, gardant le gram.
Une émulsion de la culture précédente, sur gélose est encore inoculée à la souris dans le péritoine et sous la peau.
La) re
1° Inoculation sous-cutanée. — Pas d'action pathogène.
2 Inoculation intrapéritonéale.
Mort de la souris en 36 heures.
Dans le sang du cœur: diplocoques encapsulés, lancéolés, gardant le gram.
Ce sang ensemencé sur gélose : donne colouies caractéristiques du pneumocoque.
L'examen microscopique de la culture étalée sur lame donne un pneumocoque typique.
En résumé, l'examen direct du liquide céphalo-rachidien, les cultures, l'inoculation à la souris donnent des résultats concordants et permettent d'identifier l'agent pathogéne de cette méningite et de la rattacher au pneumocoque de Talamon-Frœænkel.
Très polymorphe au début, tantôt sous forme de déplocoque en grain de café comme le méningocoque, tantôt en 8 de chifire comme le pneumocoque, tantôt sous forme de longues chaînettes de 10 à 12 éléments analogues au streptocoque, ce microbe après passage sur la souris, ou ensemencements sur milieux favorables, reprend sa force classique ; et l’on trouve à l'état de pureté un diplocoque encapsulé, en pain d'orge ou en flamme de bougie, avec disposition en 8 de chiffre caractéristique du pneumocoque.
Il se colore facilement par les couleurs basique d’aniline ; prend le gram.
Il donne en cultures sur gélose, après 24 heures, un fin semis de très petites colonies, grosses comme une tête d'épingle, comparables à des gouttelettes de rosée et caractéristiques du pneumocoque. — Ce pneumocoque a cependant un pouvoir pathogéne médiocre pour les souris. — Injecté sous la peau, il a donné peu de réaction et les animaux ont survécu. Par couche, l'inoculation intrapéritoniale a entraîné la mort en 48 et en 36 heures, avec présence dans le sang du cœur et de la rate de très nombreux diplocoques.
Quoiqu'il en soit et bien que le microbe inoculé ait été peu virulent pour la souris, habituellement si sensible au pneumocoque, sa morphologie, ses caractères de culture et de coloration, permettent de l'identifier au pneumocoque de Talamon.
En résumé : Méningite aiguë à pneumocoques.