‹ Contribution à l'Étude de la Méningite Cérébro-Spinale Primitive à PneumocoquesChapitre 20 sur 26 · AE NE VE · texte numérisé non relu

AE NE VE

répètent, enfin des troubles oculaires, strabisme, inégalité pupillaire, nystagmus, peuvent apparaître.

Examinant en détail les symptômes nerveux, nous insisterons sur l'importance des contractures. Elles apparaissent dès les premiers jours, parfois méme dès les premières heures, contractures douloureuses des muscles de la nuque avec renversement de la tête en a:rière. Cette crampe de la nuque fait rarement défaut, elle s'étend aux muscles du tronc et la main glissée sous la tête peut soulever tout d’une pièce le cou et le tronc du malade raides comme une barre de fer.

La photophobie, l’hyperesthésie sont notées ainsi que

les troubles des sphincters. La raie méningitique de Trousseau est fréquemment observée. La recherche du signe de Kernig (flexion obstinée des genoux, le malade assis, par contracture des fléchisseurs) a pour but de déceler la contracture des membres inférieurs. Le kernig constitue un des symptômes constants de la méningite cérébro-spinale, mais on le rencontre aussi quelquefois dans la méningite tuberculeuse.

Toutes ces contractures musculaires qui apparaissent avec la maladie et qui persistent pendant presque toute la durée sont dues à une exagération du tonus musculaire normal. Cette hypertonicité n’est pas l’apanage exclusif des méningites, mais elle est si fréquente dans les inflammations du névraxe qu’elle acquiert une: importance considérable dans l’histoire clinique des méningites.

Les réflexes sont souvent modifiés, le plus souvent ils sont exagérés, le signe de Rabinski souvent positif.

La fièvre est à peu près constante mais variable et irrégulière. Dans les formes à marche rapide la température s’élève dès le début à 39-400. Elle reste élevée pendant toute la durée de la maladie, se maintenant en plateau au voisinage de 40, ou plus souvent offrant de grandes oscillations du matin au soir. A la période

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terminale le thermomètre monte rapidement. et le malade meurt avec une température très élevée, 41-42, si le malade guérit la température baisse et revient à la normale.

Le pouls et la respiration, dans la plupart des cas, Sont accélérés au début de la maladie; puis à mesure que celle-ci évolue on note une dissociation dans le nombre des pulsations et celui des mouvements respiratoires. La respiration est haletante à type de Cheyne- Stokes. Le ralentissement du pouls n’atteint jamais le degré qu’on rencontre dans la méningite tuberculeuse.

La pression artérielle nous donne des indications pour le pronostic, Ss’abaissant en même temps que le pouls s’accélère et que la maladie évolue vers une terminaison fatale. Les troubles digestifs sont peu marqués. Les vomissements sont très fréquents au début mais ne présentent pas la persistance des vomissements de la méningite tuberculeuse. La langue est sale, souvent sèche — soif vive. Il y a augmentation de volume du foie et de la rate.

Les urines sont épaisses, chargés en urates et en phosphates, l’oligurie est la règle.

Comme formes cliniques, la forme suraiguëé est celle que l’on rencontre le plus souvent elle dure de 2à3 jours, tandis que la forme foudroyante tue en 24 à 48 heures. Le début est foudroyant, température à 40. Délire très fréquent. Le malade a l’aspect profondément intoxiqué, infecté et présente souvent un faciès plombé. On retrouve chez ces malades tous les signes d’excitation médullaire exagérés. A l’agitation extrème succède bientôt le coma.

Ces cas cliniques sont ordinairement les plus fréquents et les plus graves comme pronostic. La forme aiguë est celle qui évoluant en une quinzaine de jours, comporte le pronostic le moins grave ; on a voulu lui considérer trois périodes d’invasion, d’excitation et de

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dépression. Cliniquement cette division est trop schématique. La durée de l'affection est de 10 à 15 jours dans les cas mortels, elle peut être plus longue dans les cas de guérison.

Somme toute, l’aspect clinique de la maladie est extrèmement polymorphe et le diagnostic précis de cette affection est essentiellement délicat. Il fera l’objet de notre prochain chapitre.

Nous indiquerons la ponction lombaire, limportance des renseignements qu’elle peut donner au cours des méningites cérébro-spinales fait qu’on doit la considérer désormais, comme un symptôme. Nous n’exposerons pas le manuel opératoire si souvent décrit, nous nous contenterons de dire que cette ponction nous vient en aide non seulement pour nous affirmer le diagnostic de méningite, mais encore pour nous en indiquer la nature.

Dans le cas de méningite cérébro-spinale à pneumocoque, le résultat bactériologique et cytologique de la ponction nous montrera généralement le germe pathogène pneumocoque et une polynucléose abondante, symptôme qui, comme nous le verrons plus loin, peut manquer quelquefois.

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