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Dans l’observation n° 1, MM. Achard et Louis Ramon ont appelé l'attention sur ce singulier contraste entre l'abondance de la pullulation microbienne et la pauvreté de la réaction leucocytaire.
Une observation de MM. Méry et Parturier à la Société Médicale des Hôpitaux, 1908, mérite de retenir notre attention par les caractères bactériologiques, la pullulation extrème du germe pneumococcique dans le liquide céphalo-rachidien avec un minimum de réactions cellulaires semblant indiquer une défense très peu efficace de l’organisme.
MM. CasStaigne et Debre rapportent des observations de méningites très riches en pneumocoques sans réactions cellulaires.
Signalons enfin une observation de MM. Lesieur, Froment et Garnier à la Société de médecine de Lyon, dans laquelle la cytologie du liquide céphalo-rachidien ne décélait aucune polynucléose, mais seulement « une lymphocytose très discrète telle qu’on peut en constater chez les individus normaux ».
Tels sont les faits, Achard fait remarquer à propos de ces observations que les cas de ce genre qui ont été observés se rapportent à deux groupes très distincts: L'un pour lequel la méningite survient au cours de l’évolution d’une maladie qui a déjà affaibli l'organisme. La leucocytose fait alors défaut parce que les moyens de défense sont sidérés.
L'autre groupe plus difficile à expliquer comprend des cas dans lesquels la guérison est survenue après une évolution relativement bénigne. Doit-on penser dans ces cas à une non virulence du microbe pour expliquer l'absence de réaction méningée? Sans doute, mais ne sait-on pas que la moindre substance toxique provoque | une réaction énergique du liquide céphalo-rachidien ? Mais s’il s’agit de microbes ne possédant aucune sécrétion toxique ni irritante, ne peut-on pas admettre la
possibilité de leur pullulation dans le liquide céphalorachidien sans réaction leucocytaire?
Dans les cas de méningites consécutives à des affections graves, pulmonaires ou autres, sans avoir cependant jamais présenté de phénomènes alarmants et suivies de guérison, l’hypothèse de M. Achard expliquant le manque de leucocytose par une sidération des moyens de défense de l’organisme n’est pas admissible.
Peut-on, d’autre part, parler de pneumocoques non virulents ne produisant aucune sécrétion toxique, ni irritante, lorsque ces pneumocoques tuent la souris en vingt-quatre heures et que leur présence dans le liquide : céphalo-rachidien se signale par une hémiplégie (obs. Lesieur). Le liquide céphalo-rachidien lui-même ne peut-il pas parfois jouer un rôle de défense contre les microbes?
La conclusion des travaux de MM. Lamais-Lesieur et Gauthier à ce sujet c'est que « somme toute, ce liquide a une action variable, tantôt nulle, tantôt simplement modificatrice et atténuante, tantôt (mais rarement) empêchante et même vraiment bactéricide suivant les micro-organismes » (Société Biologie 1908).
Ce qu’il faut retenir de cette courte étude c’est l’existence de ces faits paradoxaux au premier abord de liquides céphalo-rachidien riches en microbes sans qu’il existe de réaction cellulaire, nous contentant de conclure avec MM. Pissavy et Guggenheim que la pathogénie de ces infections méningées sans réaction leucocytaire est encore des plus obscures.
ART Res