PRONOSTIC
La méningite cérébro-spinale est susceptible de guérison ; certes le taux des issues heureuses n’est pas aussi élevé que pour la méningite cérébro-spinale épidémique à méningocoque contre laquelle nous possédons un sérum vraiment actif, mais nous ne devons pas moins noter les résultats obtenus par certains auteurs.
Nous signalerons quelques faits généraux. Tout d’abord la gravité n'est nullement en rapport avec l'intensité des manifestations cliniques, le fracas de celles-ci ne permet pas de conclure à la gravité des lésions, tant est variable la susceptibilité réactionnelle de chaque malade.
D’après MM. Sicard et Descamps, la réaction cellulaire du liquide céphalo-rachidien milite en faveur d’une guérison prochaine ; devons-nous vraiment en tenir compte alors qu’il existe des faits de guérisons de méningite cérébro-spinale sans réaction leucocytaire. Nous croyons plutôt, avec MM. Rüneberg, Netter, Hutinel et Grasset, qu’il y a différents stades de linfection pneumococcique dans les centres nerveux comme dans l’arbre pulmonaire. On doit compter, comme le dit M. Gunion, avec le degré de virulence du microbe, la réaction cérébrale personnelle de l'individu affecté et la topographie des lésions à la surface du cerveau.
La méningite est d'autant plus grave qu’elle frappe un sujet plus jeune, les adultes semblent mieux la supporter ; elle redevient de nouveau très grave chez les gens âgés.
Certaines conditions individuelles jouent un rôle
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important. Le surmenage, l'alcoolisme, la grossesse, les tares nerveuses, assombrissent le pronostic.
Bernard, qui a établi le chiffre de la mortalité dans les méningites à pneumocoques, parle de 75 0/0 de décès; c’est encore, comme on peut le constater, un taux très élevé comparativement à celui de la méningite à méningocoque qui n’est que de 21 0/0 (mème auteur).
Il semblerait, d’après ce pourcentage, que l’on dût compter 25 0/0 de guérison, cela n’est pas tout-à-fait exact, la guérison du processus méningé, en effet, n’est pas toujours une guérison complète, tel malade restera impotent, tel autre sourd ou aveugle. La production de ces séquelles s'explique par ce fait que les méningites s'accompagnent souvent de lésions sous-jacentes plus ou moins profondes du système nerveux.
Ces séquelles, dans les cas de méningites cérébrospinales à pneumocoque, ne semblent-elles pas plus rares que dans la méningite à pneumocoque ? Le pourcentage est à peu près le même, si l’on tient compte de ce fait que les cas de méningites à méningocoques sont de beaucoup plus nombreux.
Quel est l’avenir de ces malades ?
En l’absence des séquelles immédiates peut-on considérer ces malades comme guéris radicalement, et ne peut-on pas supposer que ces malades, guéris d’une méningite, soient des prédisposés à faire plus tard, dans un avenir plus ou moins éloigné, des manifestations nerveuses à l’occasion d’une nouvelle infection.
Sous l'influence de la syphilis par exemple ne pourraiton pas voir le malade faire des accidents nerveux, ce qui serait bien d’accord avec la théorie de Pierret, qui veut qu’une première atteinte, même légère, du système nerveux, constitue pour l'avenir un danger permanent, un foyer d’appel pour les localisations morbides.
J'ai tenu à rapporter trois cas de guérison de ménin-
OP
gite cérébro-spinale à pneumocoque, dont un traité par le sérum de Rômer, rapportés par M. Schlesinger à la Société médicale des Hôpitaux de Vienne.
I s’agit d’un jeune garçon de 15 ans atteint de méningite ; en pratiquant la ponction lombaire on obtient un liquide purulent renfermant des pneumocoques. Actuellement le malade est guéri, le pouls est normal, pas de fièvre et la ponction donne issue à un liquide clair. A propos de cette observation, le même auteur rapporte qu’il à observé, jadis, un homme de 29 ans qui fut atteint subitement d’aphasie et d’hémiplégie droite et dont le liquide céphalo renfermait des pneumocoques. Guérison complète.
Malade qui fut pris, octobre 1910, de bourdonnements; céphalées, fièvre et vomissements. Signe de Kernig très net. Par la ponction lombaire on obtient un liquide purulent renfermant du pneumocoque; il s'agissait donc de méningite cérébro-spinale à pneumocoque. On pratiqua plusieurs ponctions lombaires et une injection intrarachidienne de sérum antipneumococcique de Rômer. Quelques jours après cette injection, l'amélioration commença à se manifester et persista. Actuellement le patient n’a plus de fièvre, mais il présente encore le signe de Kernig et le pouls bat à plus de 110. La dernière ponction ne donne plus issue à du liquide trouble. Le malade conserve de la congestion papillaire probablement consécutive à l’oblitération du trou de Magendie.
Scherb cite 2 cas de guérison dans sa thèse.
Ainsi, jusqu’à ce jour, on considèrait la méningite à pneumocoque comme comportant un pronostic fatal. Cette opinion n’est pas fondée d’après les cas de guérison que nous venons de fournir.
CE Noa