I: MÉTHODES DE DOSAGE
1°) Dosages par Oxydation Nitrique.
Ces méthodes fournissent les chiffres de soufre
total et ne peuvent évidemment servir à doser la
méthionine que si cette dernière représente le seul élément soufré de la prise d'essai.
Selon FRIEDRICH et MANDL (22), on oxyde la substance en la chauffant en tube scellé vers 350° en présence d'acide nitrique concentré et de nitrate de soude ; le produit est dissous dans un tube de CARIUS, puis transformé en sulfate de benzidine que lon titre à l’aide de soude N/50. ;
Lerèvee et RANGIER (13) ont montré que l'oxydation de la méthionine par voie humide, à l’aide d’acide nitrique ou d’eau de brôme, aboutit à une sulfone : R — SO* —— R', alors que la cystine et la cystéine. donnent un acide sulfonique. Il en résulte que le dosage du soufre total des composés renfermant de la méthionine est délicat puisque les sulfones, ne donnant pas de sels, se décomposent à une température inférieure au point de fusion du mélange alcalin habituellement employé pour la minéralisation, d’où une perte de soufre par volatilisation.
Le procédé suivant, dû à LEFEBVRE et DESGREZ (23), donne toute satisfaction, car il ne met en jeu qu'un matériel simple : « Une oxydation préalable par voie «< humide, au moyen du chlore et de son composé « oxygéné CI O° détruit en même temps une grande « partie de la matière organique, maïs il est néces- « saire de recourir ensuite à la voie ignée pour trans- « former le soufre en sulfate. :
« Une fusion avec un mélange oxydo-alcalin, vers « 250° permet cette oxydation sans perte de soufre.
« On se sert d’une fiole conique de:500-em° à laquelle
PRE Le
-s’ajuste, par un rodage à; l’émeri, un réfrigérant
vertical à eau. Le tube central du réfrigérant:est terminé par un entonnoir dans lequel on verse un, mélange d’acide nitrique fumant et d’acide chlorhydrique. Ce. mélange doit rester en contact à
froid avec la substance à analyser que l’on: avait
introduite dans la fiole. Au bout de 24 heures, on chauffe légèrement et, lorsque la substance a été désagrégée, on introduit très lentement et de temps à autre une solution concentrée de chlorate de sodium (chlorate de sodium 1 p. — eau 1 p.).
« En opérant lentement, on n’a pas de réaction explosive et il arrive que le mélange devient homogène au bout de peu de temps. On verse cé mélange dans une capsule et on l’évapore au baïin-marie.
« Une partie du soufre a été transformée en sulfate et sulfonate de sodium ; le reste a subi une oxydation partielle car il a été transformé en sulfone et n’a pu donner un sel de sodium. Ces corps peuvent néanmoins supporter une température de 250° sans perte de soufre ».
Le mélange suivant, fondant à + 250° n’entraîne
aucune perte : 2
KQ
Nitrate de Potassium... 20 er.
Nitrate de Sodium...... 20 gr.
Peroxyde de Sodium..... 10 gr.
« Le résidu de l’oxydation par voie humide est additionné, dans la: capsule qui le contient, d’environ 10 à 12 gr. du mélange précédent. On main-
MMNOOE
« tient la température de fusion pendant quelque « temps, puis on chauffe peu à peu jusqu’à déga- « gement de bulles gazeuses. — Une demi-heure « après, on laisse refroidir, on dissout le résidu de « la fusion dans de l’eau acidulée par H Cl et on « termine en précipitant l’acide sulfurique par le
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« chlorure de baryum ».
2°) Dosages par Hydrolyse Iodhydrique.
Ces méthodes sont spécifiques de la méthionine en l'absence d’autres groupements éthérés CH ou CH dans la substance à analyser. — BAERNSTEN (24) dans son procédé initial utilise l’action de l’acide iodhydrique, l’iodure de méthyle produit est transformé en iodure d’argent dans une solution alcoolique titrée de nitrate d'argent dont on dose l’excès. |
La substance à analyser, préalablement desséchée à + 100°, est chauffée, en présence d’acide iodhydrique concentré, dans un ballon pourvu d’un réfrigérant à reflux dont l’eau est à la température de + 60°, l'iodure de méthyle bouiïllant à + 44. Un courant d’anhydride carbonique entraîne les gaz à travers une solution sulfurique de sulfate de cadmium contenant quelques grammes de phosphore rouge pour arrêter l’acide iodhydrique, l’iode et lhydrogène sulfuré ; l’iodure de méthyle barbotte enfin dans une solution alcoolique de nitrate d'argent. D’autres auteurs et BAERNSTEIN lui-même ont rem-
placé ensuite le phosphore rouge par l'acide. phosphoreux.
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Plus tard, BAERNSTEIN (25), mettant toujours à profit Paction hydrolysante de l’acide iodhydrique sur les protéines, a modifié la fin de son dosage ; la cystine réduite en cystéine est titrée par l’iode ; la méthionine déméthylée, se transforme en homocystéine, puis en homocystéine-thiolactone inattaquable par liode. La fonction lactone, détruite par action de VPammoniaque régénère l’homocystéine sur laquelle on fait alors agir le tétrathionate de sodium ; il est réduit qualitativement en hyposulfite que l’on dose par iodométrie.
KuaN et ses collaborateurs (26) (27) ont mis au point une micromodification de la méthode de BAERNSTEIN qui permet de doser moins de 1 milligramme de méthionine.
* Baizey (28) et Luac (29) ont étudié la détermination de la cystine et de la méthionine dans les protéines en présence de glucides. Au cours du dosage par la méthode de BAERNSTEIN, il peut se produire de l’humine aux dépens de la cystine même dans les produits d’hydrolyse iodhydrique, et des iodures volatils à partir de glucides ou de résidus tenaces de solvants organiques. Ces difficultés ont amené LuGG, dans ses recherches sur les protéines végétales, à adopter une méthode d’oxydation différentielle basée sur ce que dans certaines conditions le soufre cystinique est transformé en sulfate par lacide nitrique, alors que le soufre méthionique ne l’est pas. Les valeurs de cystine et de méthionine ainsi obtenues comparées aux chiffres de soufre total et de sulfate libre, furent
SALE d'Re
généralement. supérieures de 10 à 20 % à celles: que
donne la méthode de BAERNSTEIN.
LerÈvRE et DESGREZ (23) ont critiqué la, méthode
initiale de BAERNSTEIN dans les termes suivants :
« L’acide iodhydrique concentré est préparé en
hs Je 2 dirigeant un courant de H° S sur de l’iode placé dans de l’eau. :
HS +12 — 2 HIS mais la réaction inverse intervient dans une cer-
taine limite, D’autre part, on sait que HI s’altère
: assez rapidement au contact de l’air et que de l’io-
de est mis en liberté. Pendant le dosage de CF. le courant de CO* s’oppose à la mise en liberté de l’iode, mais il y a toujours entraînement de ce corps, l’acide iodhydrique en renfermant plus ou moins.
« L'emploi d’une solution de sulfate de cadmium a pour but d'arrêter H°S car le sulfure de cadmium est insoluble dans Peau acidulée par SO‘ H:. La solution cadmique retient aussi HI qui est très soluble et elle pourrait retenir un peu d'iode, bien
moins soluble. Mais c’est le phosphore qui absorbe liode en donnant :
PAL SL Hate OP GORE EE « Cependant cette réaction n’est jamais complète car il peut se former de l’iodure de phosphonium PHT lequel d’ailleurs s’obtient en décomposant lPiodure de phosphore par l’eau :