II. —— LA MÉTHIONINE DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL
La méthionine est très répandue dans le règne végétal. On ne cite jusqu’à présent que les protéines précipitées par le formol de certaines algues marines qui en soient dépourvues (MAZzUR et CLARKE) (39) ; leur soufre organique (0,5 %), est représenté uniquement par de la cystine.
D’autres albumines végétales étudiées par Luc (29) contiennent environ 1 % de soufre partagé également entre cystine et méthionine, alors que celle-ci domine nettement en général dans les albumines animales (28). On trouve d’autre part les teneurs sui-
vantes en méthionine dans-certaines protéines végétales d’après les travaux d’auteurs précédemment
cités :
Léinen ss er SES 2,4 % destine Lire 2106 Gliadine 3 2 ne 2% Arachine ss tee 05072 (60) Protéines des lentilles .. 0,82 % (33) Protéines du soja ..... 0,08% (32) hvdrol 142% ne Méthion . = REA avant hydrolyse. 1, /0 rappor TE DT Organ = 100
Peptone de gluten } “après thydrolyse et dialyse.... 1,44 %
(LEFÈVRE et RANGIER).
La phalloïdine, toxine cristallisée de certains champignons a, selon ses inventeurs, LYNEN et WIELAND, un poids moléculaire de 677 seulement, déterminé par ébullioscopie. Cependant les dosages de soufre de Kuxx et ses collaborateurs (26) (27) sont en contradiction formelle avec ce faible poids moléculaire, car ils montrent une teneur de 3,5 % en méthionine et de 15,1 % en cystine.
HAPITRE V
Physiologie de la Méthionine
T. —— LA MÉTHIONINE ‘EST L'AMINO ACIDE SOUFRÉ INDISPENSABLE A LA CROISSANCE
On a longtemps cru, même après la découverte de la méthionine, que la cystine était le seul amino-acide soufré indispensable à l’organisme animal. Ce sont les travaux de JAcKsoN et BLoCK (40) (41) (42) (43) (44), ‘de pu ViGNEAUD (45), de Rose (46) (47) (48) et léurs collaborateurs qui, depuis 1931, ont établi la nécessité -“e la méthionine. Ces auteurs administrant aux animaux de laboratoire des régimes carencés en cystine, mais complets et équilibrés par ailleurs, ont constaté que l’addition de méthionine sous ses deux formes 4 et 1 annihiülaïit les effets de cette carence.
Les dernières ‘expériences sont celles de WoMaAGK, KEMMERER ‘et RosE en 1937 (49) ; elles consistent à nourrir des rats avec des acides aminés purifiés, cristallisés au moins trois fois, et additionnés de dex-
I AANEEE
trine, de sucre, de mélange salin d’OSBORNE et MENDEL, d’agar-agar, d’huile de foie de morue et d’axonge. Ils réalisent ainsi les quatre types suivants contenant 18 %, d’amino acides actifs et 75 microgrammes
de vitamine B par animal et par jour :
Type 1 d — 1 méthionine 0,6 % 1 cystine 03 %
2 d — 1 méthionine néant
1 cystine MA OO
— 9 d — 1 méthionine 14 % 1 cystine néant
ES d — 1 méthionine néant 1 cystine néant
Ces régimes ont été administrés à 17 rats perdant 12 jours ; leur croisance a été également bonne avec les types 1 et 3 ; il y eut perte de poids avec le type 2 et perte plus rapide encore avec le type 4. Il en résulte que la cystine seule est incapable d’assurer la croissance de jeunes rats. 3
Peu après MiTCHELL (50) publie une mise au point. de la question et selon lui l'animal en croissance a des besoins définis en méthionine et en cystine qui peuvent tous deux être couverts par la méthionine, la cystine ne pouvant satisfaire que la demande de cystine. Le fait que l’animal peut transformer la méthionine en cystine, mais non l’inverse, lui parait plus vraisemblable que l’assertion de Womack et ses collaborateurs (49) : « La cystine est capable de
MP me
remplacer une partie seulement, mais non la totalité de la méthionine ».
Wurre et BEACH (51) remarquent que, dans un régime pauvre à la fois en cystine et en méthionine, laddition de ce dernier corps provoque une légère ‘augmentation de la croissance, sans que la cystine puisse se substituer à la méthionine. Le dernier mémoire de ces auteurs (52) vient renforcer leurs conclusions précédentes : de jeunes rats reçoivent un régime dont la source d’azote est un hydrolysat de caséine, privé de cystine. Au bout de six semaines pendant lesquelles la croissance fut très satisfaisante, on trouva chez ces animaux un important excès de cystine totale par rapport aux témoins sacrifiés au début de l’expérience. Seule la méthionine, très abondante dans la caséine peut avoir été à l’origine des nouveaux tissus.
BENKET (53) a déterminé les proportions des différents amino-acides soufrés équivalent à une molécule de cystine pour entretenir la croissance du jeune rat ; elles sont de 2 molécules de 1 — cystéine, 2 molécules de 1 — méthionine ou 3 molécules de 1 — cystine — disulfoxyde. Ses résultats indiquent en outre des différences appréciables dans les rendements du métabolisme de la d — 1 — méthionine et de la 1 — méthionine. C’est cette dernière qui s’est montrée la meilleure pour l'entretien de la croissance et améliore de façon frappante l'efficacité des régimes.
Un seul fait est en désaccord avec tout ce qui vient d'être dit : MAppEN et ses collaborateurs (54) ont mon-
iré que la méthionine alimentaire ne peut passe substituer à la cystine pour régénérer les: protéines plasmatiques du chien.
Pas plus que la cystine, la: cystéine n’équivaut à la. méthionine dans la ration: alimentaire du rat blanc (BraAND) (55).
BEaca et Wire (51) avait crw constater que l'homocystine pouvait remplacer la méthionine et qu’elle serait donc transformée en méthionine. Or; Rose et Rice (56), pu ViGnEAUD, DYER et KIEs: (57) ont prouvé qu'il n’en était rien et que les résultats de BEacm' et WuiTe étaient dus à la présence;. dans les extraits. vitaminiques employés, d’un facteur supplémentaire rendant l’homocystine utilisable. Lorsqu'au: lieu de mélanges: impurs, on emploie des corps purs (thiazine, riboflavine, acide nicotinique), l’homocystine ne se comporte plus comme la méthionine. Les: investigations ultérieures de pu VIGNEAUD et ses: collaboratenus (58) sur ce curieux phénomène montrent que: le: facteur supplémentaire en question est un corps à structure de méthyl-ammonium: quaternaire tel! que: la choline ou la bétaïne.
Les formes d et l: de la méthionine, comme celles: de tryptophane et de l’histidine, sont! capables: d’assurer le développement des animaux. Ill en est de même de la 1 — cystine naturelle; de la méthyl 1 — méthionine 641), de læ formyl: — 1 — méthionine, du: sel de zinc de l’acide méthylthio-hydroxybutyrique: et: du chlorhydrate de l’éther méthylique: de: la cystine (11). Sont inwtilisables la: méthyl — d: — méthionine,