PRINCIPE DE LA MÉTHODE
Le corps, qui se guérit si souvent sans le secours de l'art, possède des moyens naturels qui lui permettent d'éloignér la maladie. La toux nous permet de chasser les corps étrangers du larynx ; les vomissements rejettent les substances nuisibles introduites dans l’estomac :
les larmes et les battements des paupières débarrassent
l'œil des corpuseules qui s'y introduisent. Cette toux et ces vomissements sont désagréables et paraissent dangereux pour l'observateur naïf qui prend ces moyens de défense contre le mal pour le mal lui-même.
De même la fièvre et les inflammations qui suivent certaines infections sont des manifestations utiles à la guérison; les soi-disant symptômes des maladies sont des phénomènes vitaux qui se manifestent avec la régularité d'une loi naturelle, et l’état morbide est une adaptation de l'organisme à des conditions différentes.
: L'inflammation, comme le dit Sachs, est une. réaction de toutes les forces multipliées de l’organisme pour le rétablissement et la conservation de son intégrité.
L'immunité naturelle ou acquise est aussi le résultat d'une réaction de défense de l'organisme contre les virus
pathogènes.
LÉ
« Toute cause, dit Pflüger, qui produit un besoin chez un être vivant, provoque en même temps la satisfaction de ce besoin. »
À côté du mal, on trouve le remède, et il est indéniable que les agents de l'infection sont également susceptibles de mobiliser les moyens de défense de l'organisme. Les toxines sécrétées déterminent la formation d'antitoxines qui neutralisent les poisons et détruisent les microorganismes.
Les moyens de défense naturels sont-ils insuftisants, la maladie éelate; quand ils disparaissent, le malade meurt. L'intervention du médecin a pour rôle de fortifier, d'augmenter la résistance de l'organisme: c’est à lui qu'incombe la tâche de soutenir les efforts de la nature, de la remplacer quand elle est impuissante,et d'en limiter les manifestations lorsque celles-ci menacent de dépasser la mesure. On calme les toux opiniâtres, on combat avanlageusement quelques-unes des manifestations de Pinflammation ; on modère utilement la fièvre quand elle devient trop intense : il serait donc insensé d'imiter servilement la nature dans tous les cas de maladies. D'ailleurs, ce n'est pas la nature, mais l’art, qui atteint l'idéal dans la guérison de beaucoup de maladies : un médecin guérit en quelques jours une plaie profonde et rétablit d'une façon parfaite les fonctions des tissus déchirés; la nature n'arrive Jamais au même résultat; les plaies suppurent très longtemps avant la guérison; les tissus sont imparfaitement rétablis; pendant tout le processus curateur, le malade est exposé à des complications graves. Cependant, dans les plaies infectées qui se cicatrisent par seconde intention, la sécrétion purulente est une réaction normale et utile. Le médecin né doit done pas imiter servilement
les procédés naturels, il doit les suivre quand ils se manifestent avec la sûreté et la régularité d'une loi naturelle. En somme, tous les phénomènes vitaux sont empreints à un haut degré du caractère de la finalité ; la plupart des symptômes morbides obéissent aussi au même principe el sont des processus curatifs naturels. Les causes profondes de ces faits sont inexpliquées, mais ce n’est pas une raison pour rejeter la valeur scientifique de la théorie téléologique. Le transformisme, l'adaptation, lhérédité ne sont pas mieux expliqués, personne ne conteste cependant leur haute valeur scientifique. | On constate l'hyperhémie dans loutes les processus vitaux importants. Tout organe qui travaille se congestonne pendant la durée de son activité : les actes 'de génération, le rut, la grossesse déterminent la congesion des erganes pelviens. Toute invasion de l’organisnfe par des corps étrangers,
bactéries ou substances chimiques, s'accompagne de concestion.
L'anémie ne se produit jamais dans un organisme qui fait des efforts pour éliminer un foyer morbide. L'hyperhémie est donc le plus constant des processus curatifs spontanés. Elle est liée soit à un ralentissement, soit à une accélération des courants sanguins. Cette dernière forme accompagne l'activité des organes: le ralentissement du courant sanguin se retrouve partout où 11 s’agil de supprimer des substances nuisibles où de produire rapidement des tissus jeunes. Si dans un but thérapeutique nous voulons utiliser cette activité curative et favoriser l'hyperhémie utile, nous devons imiter les procédés de la nature, et dans un cas accélérer, dans Pautre ralen-
tir la vitesse du courant sanguin.