PERCUSSION METALLO-MEÉTALLIQUE A L'ETAT PATHOLOGIQUE
+ Techniques. — Valeur séméiologique.
Passant en revue les ébranlements vibratoires provoqués, nous donnerons, à mesure, la technique qui a paru fournir les meilleurs résultats et essayerons d'exposer leur valeur diagnostique.
Son d'airain : Eliminant d’abord le son d'airain de Trousseau ($ C de l’exposé de Pitres), pathognomonique du pneumothorax étendu (1) l'observation montre qu'il est perçu avec le maximum d'intensité, si l’on provoque les vibrations et si l'on ausculte aux points où l'on obtient en avant et en arrière, répéré par la percussion digito-digitale et l'auscultation, le maximum de sonorité et de silence. Mais, insistons-nous, le son d’airain n'existe que si le pneumothorax offre une certaine
(1) Les cavernes de grande dimension que nous avons observées s’accom-
pagnaient, quand elles donnaient un son d’airain, de phénomènes cliniques qui permeltaient de les caractériser.
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étendue; avec un pneumothorax très limité, le son prend un timbre métallique. |
Sa valeur séméiologique n'étant pas à discuter, nous ne citerons qu'une des trois observations conservées :
Hôpital Cochin (Service de M. Pissavy).
Obs. 21. — F... Charles, 34 ans, conducteur de taxi. Salle Delépine, n° 5, entré le 8 Juillet 1919.
= Le malade, réformé le 25 Janvier 1917 pour tuberculose
. pulmonaire, a eu une hémoptysie assez abondante en Novembre 1918, et le 25 Juin 1919 a ressenti à la base du poumon dreit une douleur brusque en cop de poignard suivie d’une crise de dyspnée.
L’auscultation à gauche révèle en avant des Signes de, bronchite généralisée ; en arrière, un pis de ramollissement au niveau de la scissure.
À droite, en avant : sonorité tympanique (la matité du foie a presque disparu) et silence absolu sous la clavicule.
En arrière : signes de tuberculose du 2-3° degré au sommet ; en dessous, sonorité et silence avec une répercussion de la toux, à sonorité amphorique. La percussion métal-
. lique provoque le son d'’airain, la source sonore placée sous
la clavicüle, l'oreille vers la 9e et 10° côtes. L’inversion des pôles donne le même résultat.
Pas de son argentin. Pas de succussion hippocratique.
La radioscopie, à laquelle nous n'avons pas assisté, montre l'existence d’un Emo avec petit épanchement à la base.
Le 13 Juillet 1919. — Son d’airain. a hippocratique très marquée. Pas de son argentin.
Bruit de bois. — A l’état physiologique, on le trouve constamment au sommet. Dans les deux tiers inférieurs
CEE) an
de la cage thoracique, on peut quelquefois lé percevoir, mais excessivement lointain. Communément, on n’entend rien. La percussion antérieure ou postérieure, l'oreille étant toujours placée symétriquement du côté opposé, ne change pas la valeur de la perception.
A l'état pathologique, au niveau du sommet, on peut Hiver :‘le silence, le bruit de bois, ‘le son métallique.
La technique destinée à recueillir le maximum ‘de perception est réalisée par l'application de l'oreille sur la zone de Chauvet, tandis que la source sonore vibre dans l'angle sterno-claviculaire, à 1 centimètre au-dessous du bord inférieur de la clavicule et à 2 centimètres environ du bord externe du sternum.
Il importe, ici comme ailleurs, mais surtout ici, de pratiquer la percussion auscultatoire comparativement des deux côtés, car nous avons vu qu’un timbre légèrement métallique pouvait se rencontrer chez l'individu
sain {1).
(1) Il semble qu'on puisse appliquer la technique tout à fait intéressante que signale récemment le D' O. Pevyret (in Bull. de la Soc. méd. des hôp. de Paris. L’auscultation focale T. LXXXII. n° 28, Séance du 22 juillet 1919. M. M. Letulle, rapporteur. L'oreille étant placée, à demeure, au foyer sternal supérieur, situé au milieu du sternum, au niveau du 2° espace intercostal, l’auteur préconise la percussion digitale directe sur les deux sommets, en arrière. Du même foyer de réceplion, on perçoit les variations de l'ébranlement communiqué. « S'il y a une différence de ‘‘ fonalilé ” * aussi légère soit-elle, l'oreille la saisit toujours. Or, une différence de tonalité, c'est une lésion, et, dans l'immense majorité des cas, une lésion tuberculeuse. L'’auscultation focale est, pour l’auteur, un moyen d’une süreté incomparable pour déceler la tuberculose au début. » (p. 93).
(*) Nous nous élevons contre l’expression de tonalité employée comme synonyme de hauteur du son, Un sonisolé n’a pas de tonalité, laquelle est constituée par la tonique, l’armature de la gamme qui en part et par les intervalles existant entre les notes de cette gamme, La confusion vient, à natre sens, de la traduction de « son » en « ton » EE D
Le bruit de bois s’atténue, au point que-« c'est à peine si on le perçoit » (S B de l'exposé de Pitres) dans cerlaines condensations, pourvu qu'elles soient limitées, en noyaux. De plus, au sommel du poumon, en parliculier, les poussées congestives avec exsudations bronchiques qui ne s'accompagnent ni de souffle, ni d'exagération des vibrations vocales, et, d'autre part, les processus de fonte au stade 2-3 (râles humides, puis gargouillement) laissent constater, une diminulion considérable ou la disparition de tout ébranlement vibratoire. |
Son métallique. — Le son métallique s'obtient au sommet, avec la même technique que nous avons indiquée pour le bruit de bois. Nous l'avons observé dans certains cas de pneumonie fibreuse, avec ou sans sclérose pleuro-pulmonaire, due à des formes de tuberculoses qui ont provoqué une réaction diffuse, et où cette association paraît presque de règle, — à condition, semble-t-il, que la sclérose ait une importance, en surface ou en volume suffisante.
Le souffle bronchique isolé, joint uniquement à l'hypertrophie ganglionnaire au niveau du hile ne paraît pas s'accompagner de son métallique.
Cette conslalation présente un réel intérêt au point de. vue du diagnostic, car elle paraît susceptible de différencier un souflle tubaire d'adénopathie d'un souffle tubaire d'hépalisalion pulmonaire. La question se pose fréquemment en ce qui concerne la pneumonie tuberculeuse qui
affecte pour la région postérieure de la scissure une prédilection bien connue. |
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Dans les processus pneumoniques, accompagnés d'augmentation des vibrations pariétales et de souffle, il est constant. La percussion, le malade étant en expiration, au niveau du souffle tubaire, donne un son métallique à l'oreille placée sur la ligne axillaire, au même niveau que le point de frappe.
M. Pitres {$ B de son Exposé) dii avoir obtenu, dans les pneumonies, un bruit de bois très assourdi (1), dans les cancers massifs le son argentin. En réalité et en recourant à la technique indiquée, nous avons obtenu dans les pneumonies le son métallique (2); notre désaccord avec M. Pitres paraît s'expliquer : on trouve en effet un bruit de bois, inconstant d’ailleurs, par la percussion au-dessus du foyer soufflant, ou au-dessous, dans les pneumonies haut situées.
En ce qui concerne le cancer du poumon, je n'ai pas eu l’occasion de vérifier les assertions du professeur de Bordeaux. Tout ce que je puis dire à titre de simple document, c'est que dans un cas de cancer massif du foie, nous avons obtenu le son métallique.
Nous avons observé le son métailique, également, mais confus, chez certains bronchitiques emphysémateux chez qui prédominent les signes d’auscultation de lésions bronchiques (râles sonores, volumineux et très nombreux) et chez certains malades atteint de bronchopneumonies sans signes nets d’hépatisation étendue.
(1) Cf. Casrarene: op. cil., p. 39.
(2) M. Prrnes, d’ailleurs (op. laud., p. 112) menlionne que « dans la congestion massive, il a remarqué un bruit. . un peu moins argentin que dans
les cas de pleurésie avec épanchement liquide, mais à limbre franchement
métallique.