‹ Contribution à l'étude de la méthode de Pribram dans le traitement des calculs résiduels des voies biliaires après opérationChapitre 28 sur 30 · AIRES · texte numérisé non relu

AIRES

se dissolvaient pas sur le champ. Habituellement, les chiens ne toléraient que pendant une semaine la présence d’un drain dans leur vésicule, et au bout de ce laps de temps il fallait en replacer un nouveau au cours d'une deuxième intervention. C'était là la principale difficulté du traitement. Malgré tout, la taille des calculs diminvait lentement et progres: sivement. Il fallait quatre semaines de traitement, avec 2 injections lentes journalières de 3 à 6 cm? d'éther, pour, que les calculs fussent éliminés par le drain, en complète désintégration.

Une des difficultés du traitement fut l'extrême volatilité de l’éther qui crée de ce fait une surpression dans la vésicule. Il fallait immédiatement relâcher cette pression par ouverture du drain si on ne voulait pas avoir d’énergiques réactions de la part des animaux en traitement.

C'est pour cette raison que Raîffl introduit deux drains dans la vésicule au cours des expériences suivantes. Par le plus petit drain, on instille lentement l’éther, qui revient aussitôt par le plus gros. Les animaux se comportaient très bien durant l'injection, et bientôt Raffl institua une lente irrigation continue. 200 cm d’éther furent ainsi employés pour une seule irrigation, La seule réaction à noter chez les animaux était une anesthésie passagère au début de l’injection, quand l’éther passait dans le duodénum.

Les chiens mangeaient bien et ne maigrissaient que très peu. On pratiquait hebdomadairement une radiographie lipiodolée de la vésicule. Au bout d'une semaine de traitement, les calculs étaient à moitié dissous : ils étaient érodés, fissurés et s'écrasaient facilement entre les doigts. Au bout de deux semaines, ils avaient complètement disparu.

Malgré tout, 'Raïlfl, connaissant le pouvoir dissolvant de la bile du chien sur les calculs humains, eut l’idée de parfaire son expérience. Il placa dans la vésicule du chien des calculs humains et une sonde à double courant, mais ne fit, pas d’injections d’éther. Au bout d’un mois, les calculs n'avaient visiblement pas diminué de taille et avaient

conservé leurs caractères ordinaires. Par contre, des calculs de même origine furent dissons en deux semaines par des injections d'’éther.

Durant chaque expérience, ÿ est intéressant de remarquer qu'avant et après l'injection d’éther, il y avait un écoulement de bile par le drain. Sous contrôle radiologique, on pouvait constater, en outre, que le cystique et le cholédoque étaient intacts après deux semaines d'irrigation biquotidienne avec 200 cn d'éther.

— À l’autopsie, macroscopiquement, il n’y avait pas de lésions hépatiques. La réaction tissulaire périvésiculaire n'était pas plus importante chez les animaux traités par la méthode de Pribram que chez les animaux témoins possédant drains et calculs, sans traitement par l'éther.

— Microscopiquement, la muqueuse vésiculaire fut trouvée intacte après un mois d’injections biquotidiennes de 3 cm? d'éther. Il y avait une légère infiltration cellulaire, mais guère plus que chez les animaux témoins.

Le foie apparaissait normal. Le cystique et le cholédoque étaient intacts, la vésicule non enflammée : la muqueuse était normale. [l y avait une petite infiltration leucocytaire de la sous-muqueuse ek parfois une petite collection dans la musculeuse.

En résumé, dit Raffl, «il n'y avait chez aucun animal une réaction inflammatoire vésiculaire ou canaliculaire, ou une insuffisance hépatique suffisamment graves pour provoquer une transformation permanente des tissus ».

Comme nous pouvons nous en apercevoir, les conclusions de Raïfl vont à l'encontre des idées de Probstein et Eckert, et il semble d’ailleurs que ce soit l’avis de nombreux autres auteurs, Boyce en particulier.

Cette intéressante étude expérimentale in vivo fut précédée de nombreux essais de dissolution in vitro. Raïil, en cela, ne fit d'ailleurs que suivre les nombreux expérimentateurs qui l'ont précédé.

Si l’on dépose un calcul de cholestérol dans ün tube à essai

contenant de l’éther pur, on constate facilement que le calcul est entièrement dissous au bout de plusieurs heures et transformé en une boue brunâtre. L’éther une fois évaporé, on peut noter la présence de fines aiguilles de cholestérol le long des parois.

Le temps nécessaire à la dissolution varie d’ailleurs suivant la composition chimique du calcul. Théoriquement, il faut une heure pour dissoudre un calcul de cholestérol pur plongé dans de l’éther pur. Dans nos modestes essais personnels, nous avors dû attendre bien plus longtemps pour n'avoir qu'un résultat partiel. Nous avons utilisé plusieurs solvants pous essayer de dissoudre in nitro les calculs que nous avions en notre possession. Une analyse chimique qualitative et quantitative de ces calculs, faite dans le laboratoire de M. le professeur Tayeau, a donné les résultats suivants

— cholestérol : 70 %;

— pigments biliaires : présence; — sels biliaires : présence;

— carbonates de calcium : 0.

Ces calculs entrent dans la catégorie des concrétions biliaires facilement dissolvables dans l’éther. Nous avons donc essayé de les dissoudre non seulement dans l’éther, mais encore dans d’autres solvants du cholestérol : alcool, essence de térébenthine en particulier.

Afin d'étudier l’action des huiles sur les calculs, nous avons aussi introduit des calculs dans de l'huile d’arachide, fauté d'huile d'olive.

Enfin, nous avons traité ces calculs par divers mélanges des solvants précités. Nous avons expérimenté les mélanges Suivants a

. Ether-alcoo! : (4 cms d'’éther --— { cm3 d'alcool): Ether-essence de térébenthine : (4 cm d'éther — :.. 2 cm8 d'essence).

AVS) Me

Les calculs ont été laissés dans les solvants 24 heures et nous avons obtenu les résultats suivants

{° Ether pur. — En vingt-quatre heures, Je calcul était dissous aux deux tiers. Le fond du tube à essai était rempli d'une boue brünâtre cachant les restes du calcul. Celui-ci avait gardé sa forme polyédrique primitive, mais dans des proportions réduites des deux tiers. Il était transformé en une pâte brunâtre qu'on écrasait très facilement entre les doigts, donnant un sable résiduel. Nous n'avons examiné le calcul qu'après vingt-quatre heures d'expérience, mais en suivant les progrès de la dissolution on pouvait constater d'heure en heure que le calcul s'amenuisait et que la couche de boue biliaire croissait en épaisseur dans le tube.

2° Essence de térébenthine. — On pouvait faire les mêmes constatations; mais au bout de vingt-quatre heures, le calcul n'était réduit que de moitié. Il était malgré tout considérablement ramolli, et après écrasement facile entre les doigts, il ne restait qu'un petit novau central qui avait conservé son caractère calculeux.

3° Ether-alcool. — La dissolution est moins active qu'avec l’éther pur. La couche de boue biliaire formée par sédimentation s'accroît moins vite. Au bout de vingt-quatre heures, le calcul est légèrement plus dur à écraser que dans l’éther

pur.

4° Ether-essence de térébenthine. — Le calcul se dissout aussi bien que dans l’éther pur, mais la couche de boue biliaire est moins importante; l’écrasement du calcul est

,tacile.

5° Huile d'arachide tiède. — Dans l'huile, nous n’avons eu aucun résultat. Au bout de vingt-quatre heures, l'huile est simplement teintée d’une couleur jaune brunâtre. Le calcul est aussi dur qu'avant l'expérience.

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