HISTORIQUE
La médication lithotritique, dont la méthode de Pribram dérive directement, est connue depuis fort longtemps, et certains « remèdes de bonne lemme » en appliquaient les principes.
Elle jouit autrefois d’une vogue considérable, mais il s’agissait toutefois d’une médication per os, alors que la méthode de Pribram utilise le drainage externe des voies biliaires.
Le médicament lithotritique le plus connu était le fameux remède de Durande composé de deux parties d'essence de térébenthine pour trois parties d’éther sulfurique. Si ce mélange était, à la longue, théoriquement capable in vitro de désagréger en partie un calcul, il n'avait d’autre mérite in vivo que d'être un léger cholagogue, et c'est à ce titre qu'on l’emploie encore un peu aujourd’hui.
Pribram associe à l’éther l'huile de paraffine ou l'huile d'olive comme lubrifiant des voies biliaires. L'huile d'olive n'a d’ailleurs pas qu'une action lubrifiante. Chiray a pu arriver à faire éliminer des calculs par ingestion d'huile d'olive le matin à jeun.
L'huile d'olive a d’ailleurs été utilisée empiriquement depuis l'antiquité, et son action a été vérifiée scientifiquement par la suite,
D’après Chiray, l'huile d'olive est un cholérétique et surtout un cholécystokinétique puissant, provocateur de la chasse biliaire, par déclenchement de la contraction vésiculaire; et, J.-J. Dubarry, qui ne connaissait que la méthode primitive de Pribram avec l’huile de paraffine, quand il utilisa ce traitement, recourut à l'huile d'olive éthérée, en raison de l’action cholagogue de l’huile d'olive.
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En outre, au moment où Pribram mettait sa méthode au point, certaines théories nouvelles sur la production des calculs étaient publiées. Schade, étudiant les conditions de précipitation des cristalloïdes et des colloïdes, prouvait que ces précipitations étaient réversibles, et que, dans certaines conditions, le précipité peut repasser à l’état de solution.
Ces théories peuvent s'appliquer aux calculs biliaires qui sont des précipitations de cholestérol au sein de la vésicule biliaire.
Nous voyons donc que Pribram, dans sa méthode, utilise à la fois des données empiriques anciennes et des théories nouvelles vérifiées par des expériences chimiques. ‘
Bien avant lui, J.-W. Walker avait mis en pratique l’action dissolvante de l’éther sur la cholestérine. Cet auteur publie un cas de dissolution d’un calcul du cholédoque par quelques injections d’éther et de glycérine à parties égales dans un drain de cholédocotomie.
En 1908, Fontan présente au Congrès français de Chirurgie plusieurs observations de guérison de calculs restants par des injections d’éther dans les canaux biliaires. Une de ces observations date de 1892. Fontan, à l’encontre des chirurgiens de son époque qui prétendaient que l’éther pouvait, tout au plus, déblayer de la boue biliaire, déclare catégoriquement que ces idées sont erronées.
Si l’éther peut séjourner assez longtemps, ou tout au moins être ramené plusieurs fois sur les calculs, ceux-ci sont dissous ou suffisamment désagrégés pour être facilement expulsés.
Fontan cite une dizaine de cas où il a utilisé les injections d’éther, soit dans le but de dissoudre les calculs de cholestérol oubliés dans les voies biliaires après opération, soit à des fins de désinfection du tractus biliaire.
Nous arrivons enfin aux travaux personnels de Pribram et à la mise au point de sa méthode.
La première communication de Pribram à été faite à Berlin en 1932. Par la suite, Pribram fait plusieurs autres publica-
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tions dans lesquelles il donne les principes physiologiques at chimiques de sa méthode, la technique, et indique les résultats qu'il en a obtenus.
Au cours de notre travail, nous essaierons d'apporter notre contribution à l'étude de cette méthode et nous mentionnerons les nouveaux procédés appliqués actuellement, tant en Amérique, où cette méthode a intéressé de nombreux auteurs, qu'en France, où de récentes expériences en ont prouvé l'efficacité.