à 1.200 calories, soït environ 50 % pour le sujet A
1.500 à 1.700 calories, soit environ 50 % pour le sujet 10 SR
2.100 à 2.400 calories, soit environ 60 % pour le sujet S 128 DÉEAR
De même pour Ch. et G. RICHET la ration actuelle du parisien est d’environ la moitié de la ration optima. Mais elle est chaque jour au moins de 300 calories inférieure au minimum vital.
Si par conséquent le sujet ne peut combler ce déficit, il utilise ses réserves de graisse d’abord, puis consomme son propre tissu musculaire.
On aboutit alors à des amaïigrissements massifs de l’ordre de 20 % en moyenne et individuels signalés jusqu’à 40 % et plus (PERRAULT).
De tels amaigrissements par privations alimentaires, de tels manques de calories, ne peuvent qu’amener des fléchissements de terrains de plus en plus nombreux, si bien que le tuberculeux malade s'aggrave, que des formes reprennent de l’activité, et que surtout, le « tuher-
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culeux latent non malade (c’est-à-dire limmense majorité des gens), risque de devenir malade ». Cela reflète bien l’état actuel de la tuberculose : non seulement de fréquence accrue, mais plus grave.
Mais la sous-alimentation humaine telle qu’elle se trouve réalisée au cours des guerres et des disettes, associe en pratique, inanition et carence : l’inanition impliquant avant tout l’idée de quantité, la carence celle de qualité alimentaire.
On sait que l’organisme a besoin de plusieurs catégories alimentaires différentes |
— 1°) La quantité d'énergie nécessaire est libérée à partir de trois principes énergétiques ingérés = glucides; matières grasses ou lipides; matières albuminoïdes ou protides.
2°) Certains principes spécifiques sont indispensables à la vie : acides gras indispensables, acides aminés indispensables; éléments minéraux existant dans les aliments en quantités infimes (fer, zinc, cuivre, iode, etc.) — ou en quantité relativement notable (soufre, phosphore, sodium, etc.….), enfin vitamines hydro et liposolubles.
Or une loi régit les proportions de ces différents principes : il est nécessaire que les principes nutritifs indispensables à la vie existent dans les rations, en proportions convenables; il est nécessaire qu’un certain équilibre soit réalisé entre les constituants des rations.
Or il est certain que cet équilibre est rompu en temps de guerre et de sous-nutrition. Examinons ce qu'il en est actuellement
1°) Principes énergétiques.
Dans la fourniture des calories nécessaires les aliments peuvent théoriquement se remplacer du point de vue énergétique les uns les autres, suivant le schéma bien connu : ;
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Un gramme de protides . LT MT ARENA ES 4 calories Unigrimmendeelucidestetir meurt 4 calories Uni sramme de lipide “.,.. star 2 9 calories
Mais cela n’est vrai que dans certaines limites : le travail muscu'aire consomme essentiellement des glucides, et surtout un minimum de chacun des trois aliments énergétiques est strictement nécessaire. Pour un adulte de 70 kg. environ, il faut au minimum 70 gr. de protides (dont 30 gr. d’origine animale) et 40 gr. de lipides (dont la moitié d’origine animale).
Or le déficit de la ration allouée est notable : au lieu de 35-40 gr., les produits rationnés nous donnent 21 gr. 7 de lipides. Pour se procurer les acides gras indispensables, il faudrait pouvoir en trouver encore à peu près 15 grammes.
Pour les glucides, 220 grammes sont octroyés, chiffre nettement insuffisant, car il en faut au minimum 450 grammes, et le déficit atteint 350 grammes pour le T.F.Ï. et 550 grammes pour le T.F.2.
Selon LEOBARDY, c’est le déficit en sucre des rations des populations rurales qui favorise chez elles la recrudescence actuelle de la mortalité tuberculeuse.
Enfin pour les protides, une quantité totale de 70 gr. (pour une ration de 2.400 à 2.600 calories soit environ 25 à 30 gr. de protides d’origine animale, 35 à 45 gr. de matières albuminoïdes végétales) est nécessaire. Or les produits rationnés donnent seulement 12 gr. de protéines animales (9 gr. 8 avec la viande, 2 gr. 2 avec le fromage). 4
Cette insuffisance des protides est d’autant plus inquiétante qu’ils doivent apporter à l’organisme les acides aminés indispensables dont celui-ci ne peut faire la synthèse.
En ce qui concerne les sels minéraux, la situation est également très difficile. Elle justifie les appréhensions des biologistes qui ont signalé les dangers d’une ration insuffisante en calcium, en phosphore, et des cliniciens comme
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C. ROEDER, R. CLEMENT, ANTOINE et BRISSON, qui ont récemment attiré l’attention sur des formes variées de décalcification osseuse.
Parmi les travaux récents des biologistes, ceux de RanDoin et Ch. RiCHET, M. et H. HiNGzLaAISs, ont particulièrement étudié l’insuffisance en calcium, et le rapport calcium-phosphore. De leurs constatations il ressort que 5 gr. 18 de calcium sont alloués, soit une quantité 6 à 7 fois trop faible, et le rapport calcium sur phosphore est très au-dessous de la normale : 0,34 au lieu de 0,90-0,80 si bien que les individus ne sont pas dans les conditions nécessaire pour assurer leur métabolisme phosphoro-calcique normal.
Enfin WAREMBOURG, BOULANGER et BOCQUET, après avoir vérifié l’abaissement du phosphore lipidique sérique chez les sujets sains, constaté par COSTE, GRIGAUD et CAPRON, ont trouvé chez les tuberculeux une moyenne de 36 mgr. 40 contre 48 mgr. 75 chez les non tuberculeux, alors que le phosphore minéral est normal. Il leur semble que cette anomalie humorale peut expliquer pour une part l’extension et l’aggravation qu’ont imprimées à la tuberculose les restrictions alimentaires actuelles.
Cependant le rôle de l’insuffisance des sels minéraux dans l’accroissement de la tuberculose n’a pas été encore démontré, la déficience en se's de chaux dont il fut longtemps classique d’incriminer le rôle néfaste, ne paraît pas intervenir nettement. Bien plus que la quantité de calcium ingérée, c’est la façon dont l’organisme assure sa fixation qui importe.
Mais de toutes les carences, facteurs possibles d’accroissement de la tuberculose, les avitaminoses ont été les plus étudiées, notamment au cours de la dernière guerre.
Cliniquement les relations entre les maladies par
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carences vitaminiques simples et la tuberculose ont été peu étudiées chez l’homme. La pellagre, la xérophtalmie,
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le béri-béri ne sont pas cités comme causes favorisantes. |
Le rôle favorisant du scorbut est loin d’être démontré; admis par certains auteurs scandinaves, il semble nul à la plupart des autres auteurs : LiNp, HESs qui a bien étudié le scorbut pendant la guerre mondiale, et DouBrow qui à soigné sur le front russe (1915-1917) quatre cents scorbutiques et n’a rencontré des lésions tuberculeuses que chez deux d’entre eux.
De même chez l’enfant le scorbut ne paraît pas prédisposer à la tuberculose (CoMBY, NETTER, MARFAN, HESs).
L’expérimentation sur l’animal n’a pas apporté de lumières plus grandes sur les relations avitaminosestuberculose. Alors que pour MouRrIQUAND et ses élèves le régime carencé en vitaminés C ne modifie pas sensiblement la marche de la tuberculose expérimentale du cobaye, pour CouLAuUpn il en accélèrerait l’évolution. Dans un travail récent, BRETEY a montré non seulement que chez les animaux carencés en acide ascorbique la tuberculose expérimentale est très aggravée mais que les cobayes sains deviennent très sensibles au B. K. Par contre l’introduction de faibles doses de vitamines C. naturelles (fanes de chou) supprime cette hypersensibilité, alors que l’adjonction de doses même importantes d’acide ascorbique a une action beaucoup moins marquée.
Même incertitude, mêmes résultats contradictoires en ce qui concerne les déficiences en vitamines A, B et D.
Quoi qu’il en soit, la carence en vitamines est certaine actuellement : les restrictions en corps gras, en viandes, en fromage, en lait, portent sur les aliments les plus riches en vitamines A.
Les restrictions alimentaires actuelles nous apportent une proportion plus grande de vitamines B1 dans le pain fait avec une farine moins purifiée, mais il faudrait 400 grammes de pain complet pour apporter la ration minima d’aneurine.