‹ Contribution à l'étude de la Morbidité et de la Mortalité Actuelles par la TuberculoseChapitre 23 sur 36 · LEP STAR · texte numérisé non relu

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Théoriquement les restrictions officiellement imposées ne semblent pas provoquer une carence en vitamines C., mais il faudrait pouvoir obtenir les fruits et les légumes qui en contiennent, surtout en période hivernale.

Et surtout les sujets y compris les petits enfants, recoivent un régime pratiquement privé de vitamines D. Il en résulte que dans aucun cas et quel que soit l’âge, les individus ne sont dans les conditions nécessaires pour assurer leur métabolisme phosphoro-calcique normal. (M. et H. HINGLAIS).

WAREMBOURG, BOULANGER, SWYNGEBAUW et POITEAU, admettent que cet état précarentiel actuel, surtout en vitamines A. et C., est à l’origine de la transformation actuelle de la tuberculose.

Mais c’est encore la clinique qui nous indique le bilan déficitaire actuel de l’alimentation : on signale des ostéopathies de carence, des cas de pellagre, des œdèmes par déséquilibre alimentaire, dits de carence, apparaissant toutes les fois qu’une population est soumise à des restrictions alimentaires importantes, enfin une épidémie d’engelures dont le rapport avec les vitamines B. et P. P. vient d’être étudiés ces temps derniers. (1) « Le gros intérêt de ces affections est de « situer en quelque sorte l’état actuel de la famine à Paris, la nutrition de notre population est exactement celle qu’observaient dans leur pays les auteurs viennois et allemands en 1918-1919 » (JUSTIN-BEZANÇON).

(1) L. Jusrin-BEzaANcoN : l’ostéopathie de famine. Paris Médical, 20 août 1942, p. 259.

Guy LAROCHE et TREMOLIERES : le syndrome œdémateux du déséquilibre alimentaire.

LOEPER, VARAY, MANDE : à propos des œdèmes de carence. Œdème de famine, œdème de fatigue. Paris Méd., 20 août 1942, 10 DEC

CELICE, DUSCHENAY et PELICIER : engelures. Vitamine B1 et acide nicotinique, P. M., 10 octobre 1942, page 627.

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Nous nous trouvons donc dans les mêmes conditions d'alimentation que celles qui créèrent une telle recrudescence de mortalité et de morbidité par tuberculose au cours des guerres précédentes.

Cette insuffisance globale et ce déséquilibre des rations alimentaires, leur déficit en sels minéraux, et en vitamines sont très vraisemblablement à l’origine des troubles latents qui frappent les grands métabolismes. Les moyens de défense s’en trouvent diminués, et n’opposent plus à la dispersion bacillaire la barrière des organismes en état de bon fonctionnement. Ainsi les privations alimentaires suffisamment rigoureuses et prolongées, sont capables d'augmenter le pourcentage des cas de tuberculose. Dans ce phénomène interviennent à la fois l’accroissement de fréquence des formes cliniques et la plus grande gravité de la maladie évoluant sur des organismes débilités.

Mais en réalité il est nécessaire à côté du rôle de la sous-alimentation, d'étudier l’action d’autres facteurs sociaux, tel que le surmenage physique, les mauvaises conditions de logement, les épreuves morales de toutes sortes d’une population victime de la guerre et de la défaite.

Ces facteurs sont presque obligatoirement associés à la disette alimentaire. Cette complexité des causes sociales doit être soulignée.

C’est ainsi qu’il importe de se persuader d’un point essentiel : les individus n’ont pas des besoins alimentaires égaux. Les enfants en pleine croissance, les adolescents, les travailleurs de force sont plus exigeants. Dans une commune importante de la banlieue parisienne, essentiellement ouvrière (Puteaux) M. H. MoLLaRD (1) a fait l’an dernier une enquête précise dont il ressort que, au cours de l’hiver et du printemps 1940-1941 les femmes ont maigri de facon moins importante que les

(1) Communication personnelle. Cette enquête fera l’objet d’un article prochain dans l'Encyclopédie Médico-Chirurgicaie.

hommes, et que parmi ces derniers ceux qui maigrirent dans les proportions les plus fortes et créèrent ou ravivèrent des foyers tuberculeux dans leurs poumons, furent presque tous des sujets qui travaillent d’un métier manuel, et qui, malgré un salaire souvent élevé, ne purent s'assurer une nourriture aussi copieuse et substantielle qu’en des temps normaux. Au contraire, en dépit de l’absence de gain et du taux très minime de leur allocation, les chômeurs résistèrent presque tous. Ainsi une conclusion précise se dégage : si à la source de la maladie, la sous- alimentation actuelle tient une place prépondérante, elle, n'est menaçante que lorsqu'elle frappe un organisme k Ce rôle phtisio! ogique du surmenage a été prouvé depuis longtemps. Crest ainsi qu’au début du xix° siècle, la tuberculose connut. une extension parallèle au développement ‘des centres 1 miniers et des grandes manufactures. De même cette maladie a fait beaucoup plus de victimes pendant. la” guerre 1914 1918, parce que les ouvriers étaient | généralement ‘mal nourris et surmenés, que pendant 1 les longues ’arinées de crise économique où les ouvriers ?fürent pareillément sous- alimentés, mais furent condamnés au repos forcé, Par SAIte du chômage (F1ssde 828 JU9INMOTOÏIBRUCUO JSHPDEIIG 108 2TISS >'Par-ailleurs ‘un autre conflit éntre le travail et l’organisme a lieu toutes les fois que l’on charge d’une besogne, quelconque. un-homme qui,n'est mullement préparé physiquement, à l’exercice.: Cela nousiiconduit à,;parler notamment ..du: travail des femmes à Lusine. Son: rôle dans l’accroissement dela tuberculose féminine est indiscutable; L: BERNARD, ARNOULD, attribuaient la plus grande mortalité masculine au-dessus de-cinquante-neuf ans, Au jait.qne a ie mernèat st de:moins,en moins àJ'usine.OhCt 2qrrotnirq ja : 9 [8 ,9UP | En SR UES ahenrRs, ot. ME de FT eplus-sen:

sible. KNuUD et FABER la remarquèrent au Danemark, et en Allemagne la mortalité féminine passa de Loue à 228, de l’année 1914 à l’année. 1918. VE en 2e

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La dysharmonie n’est pas nécessairement d’ordre strictement physiologique : REITER et SIEBECK de Berlin, insistent sur un facteur qu’ils appellent « l'attitude psy-. chique vis-à-vis du travail inaccoutumé ». Les ouvriers qui possèdent l’esprit du métier qu’ils exercent résistent mille fois mieux que les autres aux appels de la tuberculose.

Mais un surmené n’est pas nécessairement un homme qui travaille au delà de ses forces; il est tout aussi bien un sujet dont le travail ne comporte aucun excès, mais qui dort mal ou pratique des activités supplémentaires qui empiètent sur le temps de sommeil physiologique. « L'importance du repos ne compense plus l’importance de l’énergie dépensée » (BEZANÇON et BRAUN). Nous sommes ainsi conduits à l’étude du surmenage intellectuel. Le Médecin Général DUGUET a étudié pendant un an l’influence de la vie scolaire sur le comportement organique de 400 enfants d’une petite ville campagnarde.

Le poids a été sérieusement trouble en dehors de toute cause morbide apparente, en décroissance chez 39 % des filles et 27,7 % des garcons. Or une récupération de poids identique à sa fréquence (87 %) chez les filles et les garcons, mais avec un coefficient deux fois plus accusé chez ces derniers, a coïncidé avec la période de vacances, toutes les conditions de vie restant inchangées : le seul changement a été l’interruption de scolarité. D'où l’hypothèse brutale : dans les conditions actuelles de l’alimentation des enfants, la vie scolaire est-elle physiquement nocive au point qu’il suffit de l’interrompre pour que cessent, dans la proportion de 87 % les troubles sérieux de nutrition et d’équilibre organique observés pendant les mois d'étude ? « Cette question de la santé est au moins aussi importante que celle des programmes, car il faut que les élèves vivent d’abord ».

Cette baisse de la croissance pondérale infantile a été retrouvée à Paris par GOUNELLE, VALETTE et MOINE, par CaAyLA, LAUNAY et BOULANGER-PILET, par BOULANGER-PI-

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LET et Mme RENARD (groupe de baniieue parisienne) et par AUBERTIN qui estiment que la proportion des élèves parisiens ayant maigri s’est trouvée en 1941-1942, assez élevée dans toutes les écoles et atteignit couramment 15 à 20 % et dépassait même ce chiffre dans certains quartiers. Cette proportion des enfants qui ont maigri (surtout au-dessus de 12 ans) est, « certes préoccupante, surtout parce qu’elle constitue une prédisposition à la tuberculose » (AUBERTIN).

Voici donc un probième fort grave dans les circonstances actuelies. Est-on certain que dans les circonstances de vie actuelles, avec sous-nutrition et absence de transport, les élèves puissent organiquement faire les frais de huit heures de classes et d’études par jour, avec trop souvent des veilles pro:ongées ? Est-on sûr que l’accroissement actuel des primo-infections graves de l’enfance n’est pas du pour une part au surmenage scolaire, qui déjà évident avant la guerre, voit son importance devenir capitale pour les enfants qui ne peuvent plus être alimentés comme auparavant ?

Il est permit d’en douter quand on voit la gymnastique devenir obligatoire au moment précis où la sous-alimentation, après les adultes, commence à frapper durement les enfants. Les voix les plus autorisées ont dénoncé ce péril à l’Académie de Médecine (RATHERY, TANON et DALIMIER, LE NoiR, LESNE, Ch. RICHET).

Autant le sport, et encore mieux le jeu, étaient utiles dans les conditions habitue.les, autant dans cette période de rationnement ils constituent un contre-sens à la fois physiologique et social ».

Il ressort en effet des travaux de CHAILLEY-BERT que, d’une façon générale l’exercice sportif le plus simple, la marche, coûte par heure autant que Je travail profesionnel musculaire de l’ouvrier moyen, que l’exercice sportif d'intensité normale (leçon d'éducation physique, gymnastique d’agrès) en exige autant que le travail profesionnel fort (du terrassier par exemple) que les exercices

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