‹ Contribution à l'étude de la Myélite TyphiqueChapitre 20 sur 26 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(J£an LÉbinx : Revue de Médecine, 1903, p. 930 et suiv..

À... dix-neuf ans, jardinier, né en ltalie, entre le 26 octobre 1901 à l’Hôtel-Dieu de Lyon,salle Sainte-Élisabeth, n°3, dans le service du professeur Lépine. Il est dans un état fébrile intense et présente un subdélire léger qui rend incertain l’interrogatoire. On apprend, partie par lui, partie par ceux qui l’amènent, qu'il a été écroué il y a un mois environ, pour vagabondage, à la maison d'arrêt de Saint- Paul. 11 s'y trouve depuis dans des conditions hygiéniques d'autant plus déplorables que sans travail depuis quelque temps, il avait déjà souffert de privations.

Depuis une dizaine de jours, il serait mal à l’aise etaurait eu de la diarrhée. Depuis quatre jours, il est vraiment malade. La fièvre a éclaté brusquement avec violence et l’on a constaté à la prison une température oscillant entre 40° et 4re.

Il est dans un état typhique très prononcé, obnubilé, abattu, indifférent aux excitations, à peu près immobile ; on remarque dès ce moment une paresse des membres inférieurs.

Les signes physiques sont ceux d’une dothiénentérie. Le ventre est légèrement douloureux dans la fosse iliaque droite, où l’on perçoit un peu de gargouillement. La diarrhée persiste, elle est claire et jaunâtre. La rate est légèrement hypertrophiée, le pouls un peu dicrote. Les bruits du cœur sont un peu assourdis. Les poumons présentent quelques ràles diffus de bronchite.

La sensibilité au tact et à la piqüre est nettement exagérée surtout aux membres inférieurs et à l'abdomen jusqu'au niveau de l'ombilic. Les réflexes rotuliens et achilléens sont exagérés des deux côtés, surtout à droite ; de ce côté, il y a de plus une ébauche de trépidation plantaire. Réflexe de Babinski en extension.

La force musculaire est diminuée d’une manière générale aux quatre membres, mais surtout aux membres inférieurs que le malade laisse en général inertes à la place où on les dépose sur le lit. Les mouvements volontaires demeurent néanmoins possibles, mais ils sont lents, et présentent une ébauche d'incoordination.

Lemalade n'accusecomme troubles subjectifs de sensibilité qu'une céphalée frontale persistante. Les pupilles sont égales, mais paresseuses. Le subdélire persiste dans la soirée et la nuit. La température à Fentrée est de 4o°.

Le 27, l’état ne s’est pas sensiblement modifié, le délire a poussé le malade à se lever plusieurs fois dans la nuit, mais chaque fois il n’a pu marcher sans aide. La bronchite est marquée par des ràles sibilants, nombreux et intenses ; le malade est pris par moments d’un tremblement généralisé. La diarrhée a augmenté. On a remarqué quelques gouttes de sang dans les selles. Le séro-diagnostic est incertain. M. Paul Courmont, agrégé, qui s’en est chargé, communique la note suivante : « Ébauche d’agglutination à 1/10 ou à 1/30 avec nombreux bacilles mobiles; certains sérums non typhiques peuvent donner ce degré d’agglutination, »

Température maxima de la journée, 41°2 ; température minima, 40°6. La température est prise régulièrement toutes les trois heures depuis l’entrée, et le malade est mis au bain à 19°.

Le 28, même état. L’hypertrophie de la rate devient plus manifeste, le dicrotisme devient extrême, la diarrhée ne se modifie pas. Les bains n'abaissent la température que de 4 à 5 dixièmes de degré. La courbe avant les bains demeure entre 4o° et 41°. La stupeur est plus marquée.

Il n’y a plus de délire et surtout pas de tendance à selever. Le malade reste somnolent, dans le décubitus latéral droit. Les réflexes sont plus exagérés qu’à l'entrée, la trépidation plantaire nette aux deux membres inférieurs. Le pouls oscille entre 125 et 135, il est régulier.

Même température.

d'énbetil àe

Page 1