OBSERVATION VII
Due à l'obligeance de M. le Professeur Pic.
RÉSUMÉ CLINIQUE. — Myotonie hypertrophique, apparue à l'âge de 36 ans. Forme fruste au point de vue clinique ; acroparesthésie ; sensation de faiblesse, crampes douloureuses ; déformation des os de la main et de la selle turcique. Parole lente ; mouvements lents el visiblement génés, surtout à leur début.
RÉSUMÉ ÉLECTRIQUE. — L'examen. électrique dénote une réaction myolonique avec tendance vers la réaction myopathique. Excitabilité mécanique des muscles.
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Le malade, âgé de 37 ans, teinturier, se présentait dans le service de M. le professeur Pic, le 24 mars 1914, pour une faiblesse musculaire de plus en plus accusée et pour une gène fonctionnelle ressentie dans tous les mouvements volontaires.
Antécédents héréditaires. — Père mort à 42 ans d’un refroidissement. Mère morte à 69 ans, à la suite d’une opération pour hernie Ctranglée. Elle avait un caracière instable, s'irritait facilement. A 67 ans, elle a eu un zona intercostal, mais, en général, bien portante. Son métier était celui de tisseuse.
Antécédents collatéraux. — La famille se composait de 5 enfants, dont 2 morts jeunes. Le malade est le dernier venu. Un frère de 43 ans, marié, a un enfant, ne présente aucun symptôme myotonique. Une sœur de 41 ans, mariée depuis un an, très nerveuse, mais ne présente pas non plus de symptômes myotoniques. Elle n’a pas d'enfants.
En somme, dans la famille, il n’y a pas eu d'accidents myotoniques. Seul, l’un de ses frères mort jeune, selon les dires de la mère, avait présenté des convulsions sur la nature desquelles le malade ne peut donner aucune précision.
Antécédents personnels. — Le malade fut nourri au sein maternel. Il ne sait pas à quel âge il a commencé à faire les premiers pas; il ne sait pas non plus si ses premières dents sont bien venues à temps et sans accidents ; pourtant, se rappelle d’avoir toujours souffert des dents (carie dentaire, périodontite, etc).
Pas de maladie dans la première enfance.
Enfant, il était toujours sérieux, enfoncédans son travail, studieux, mais un peu € dur » pour apprendre. Il avait fréquenté l’école de 8 ans à 13 ans et avait obtenu le certificat primaire.
Toutes les vacances estivales, le malade les passaient à la campagne en qualité de berger. Il jouissait d'excellente santé.
En quittant l’école, de 43 ans à 15 ans, il continuait à être berger ; ensuite, de 45 à 19 ans, il faisait l'office du primeur ; puis, à 19 ans, il entra dans une teinturerie. Jusqu’à présent aucune maladie,
À 20 ans, une éruption de boutons rouges sur la poitrine passés en 8 jours, avec un peu de fièvre (probablement la varicelle). À la suite de cet accident, le malade avait conservé un toussotement matinal, mais sans cracher.
À 21 ans, il entre au service militaire. Survientune bronchite qui l’oblige de se soigner à l’infirmerie. Pas de fièvre typhoïde. Le malade nie la blennorrhagie et la X:.
A 24 ans, quittant le service militaire, le malade entre dans une maison decommerce comme voiturier, qu’il continuait jusqu’à 29 ans. Buvait un peu, mais avait toujours une excellente santé.
En 1904, entre de nouveau dans une teinturerie.
Comme maladie, se rappelle avoir présenté une éruption . de boutons blancs avec démangeaison au niveau des mains, survenant un dimanche, après avoir mangé des fraises.
A différentes reprises, en rapport avec le changement des saisons, il a eu des bronchites qui ne l’ont jamais obligé d'interrompre le service.
Le malade est marié, n’a pas d'enfant. Sa femme, faible de constitution, n’a pas eu de fausses-couches.
Histoire de l'affection. — La maladie actuelle remonte à 2 ans. À l’âge de 35 ans, le malade avait remarqué qu'il lui arrivait d’avoir des crampes douloureuses dans les deux mollets, quelquefois dans les bras. Ensuite, les mouvements, en rapport avec son métier, sont devenus lents, gènés par une raideur qu'il ressentait dans les muscles. Il se fatiguait beaucoup plus vite, avait des sensations douloureuses dans les groupes musculaires. Il avait remarqué que les muscles fatigués devenaient gros, durs. La parole est devenue lente. Sa mémoire a un peu baissé. Le malade se dit n'être plus « leste», car il remarque que souvent il a une difficulté pour faire un mouvement donné : se lever après être resté longtemps assis ou couché. Selon lui, les jambes sont autant gênées que les bras.
Sur ces entrefaites, le malade avait consulté un médecin qui lui a dit que c'était du rhumatisme et lui a prescrit du bromure, la potion à la verveine, salsepareille, etc.
Examen clinique. — Le malade, d'aspect vigoureux, de