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en faute par la peur de la réprimande et le souci de sa défense personnelle.
LA MYTHOMANIE MALIGNE se voit surtout chez les pervers qui mentent et simulent simplement pour se divertir, accusent et dénoncent autrui uniquement pour semer le mal autour d'eux et s’attaquent aussi à des personnes qui n’ont en rien mérité leur rancune ou ler animosité. À cette catégorie de jeunés mythomanes malins, appartiennent les faux enfants martyrs, les petits accusateurs criminels qui dénoncent leurs parents et témoignent avoir assisté au crime dont ils narrent tous les détails avec précision et abondance. Les fillettes sont les plus dangereuses ; par bonheur leur récit apparaît si invraisemblable dès qu’on le fait préciser que sa fausseté devient évidente. Elles inventent des accusations sans en comprendre toujours la gravité. Elles ont vu leurs parents émus d’une affaire scandaleuse récente ; pour se rendre intéressantes, elles prononcent des paroles qui retiennent l'attention de leur entourage, questionnées, elles donnent des détails qui inquiètent par leur précision, elles jouent désormais un rôle et leur récit, purement imaginatif et orienté au hasard des questions posées, peut être le point de départ d’actions judiciaires regrettables. D'autres fois, et le cas est fréquent, c’est une fillette qui, pour s’excuser de rentrer en retard à la maison, imagine toute une histoire d’attentat à la pudeur : un monsieur qui l’a rencontrée, lui a promis des bon-
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bons, l’a emmenée dans un terrain vague où dans une maison : et là, s’est mis à lui relever ses jupes, à lui faire ceci et cela, etc. Certaines fillettes parlent, non spontanément, mais suggestionnées par des parents inquiets et maladroits, leur mère en particulier. Celle-ci est de bonne foi, émué d’une absence anormale de son enfant, d’un changement dans son caractère, de taches suspectes dans son linge, elle l'a questionnée avec maladresse et avec cette absence de précautions contre laquelle Babinski sut mettre en garde les médecins chargés d'examiner des hystériques. Le récit de l'enfant tient dès lors autant à la crainte d’un châtiment qu'aux suggestions maternelles et au souvenir d'histoires entendués précédemment. Ce processus dé fabulation infantile par suggestion tient d’abord à l'extrême suggestibilité de l'enfant dont Binet a si bien démontré les lois et les effets ; à sa docilité, mise en jeu par la crainte, ensuite Comme l’a bien fait remarquer Vibert, à la paresse de sa volonté qui lui dicte, aux questions posées, les réponses les moins pénibles, celles qui demandent le moins d'effort, qui se font par « oui » et par « non », enfin à l’inconscience dés conséquences de ses accusations.
D'autres enfants ne sont que les complices inconscients d’une tentative dé chantage exercéé par leurs parents contre un homme âgé, dans le but de tirer parti de son désarroi ; ce vieillard sait bien que, même reconnues faussés, ces calomnies l’auront dés-
honoré, il préfère, quoiqu'innocent, obtenir à prix
d'argent le silence de l'enfant et cette imprudence ne fait que l’accuser davantage.
LA MYTHOMANIE PERVERSE €sl la troisième classe de la mythomanie pathologique, d’après Dupré. Dans cette série, on trouve des actes de mensonge, de simulation et de fabulation, commis sous l’influence d’appétits vicieux tels que la cupidité, la lubricité, etc., et les diverses formes de perversité morale. Nous reviendrons sur cette forme dans le chapitre suivant et nous essayerons de démontrer qu’il ne faudrait pas la considérer comme une variété clinique à part de la mythomanie.