‹ Contribution à l'étude de la Mythomanie SimpleChapitre 12 sur 21 · THAT · texte numérisé non relu

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fabulation en activité, systématiquement exécutée par la mise en jeu et avec la complicité de toutes les énergies physiques et psychiques de l'organisme, par certains sujets prédisposés à ce mode d’activité mythopathique. La forme la plus hautement différenciée et la plus curieuse de la mythomanie de l’adulte, c'est la fabulation fantastique.

D'après Dupré, il faut distinguer chez l’adulte comme chez l'enfant, trois formes de mythomanies : vaniteuse, maligne et perverse.

A. Grossmann (dans un article intitulé : « Verschiedene Arten der Pseudologia plantastica ») distingue deux groupes de mythomanes : a) un groupe de mythomanes constitutionnels, la pseudologia fantastica essentielle, héréditaire et durable, dont les représentants s'adaptent au milieu et à l’époque en jouant les rôles de personnalités sensationnelles ; b) un autre groupe chez qui la mythomanie est symptomatique et psychologiquement explicable. Leur pseudologie est une réalisation des activités entravées, donc une réaction contre le sentiment d’infériorité. Deux observations intéressantes de cas de mythomanie de cette deuxième espèce sont rapportées par l’auteur : celle d’un garçon crétinoïde de 14 ans et celle d’un petit garçon de 6 ans et demi atteint de la maladie de Little. Ces derniers inventent un appareil de locomotion qui surpasse le moyen de locomotion de son frère et son entourage.

R. Dupouy, H.Pichard et M. Altmann publient un cas intéressant de mythomanie constitutionnelle

dont les thèmes mensongers trouvent leur explication dans un sentiment d’infériorité extrêmement net et conscient à l'égard de la mère de la malade. Gette mythomanie, véritable rêverie mise en action a même entraîné des réactions antisociales graves (vol, fugue, calomnie) et pose différents problèmes d'ordre pratique, thérapeutique et médico-légal.

Voilà un petit résumé de ce cas : Déçue dans son affection exclusive pour sa mère, par la découverte que d’un premier mariage elle a eu un fils qui a droit aussi à son affection, blessée dans son admiration pour les qualités physiques, intellectuelles de sa mère, par le sentiment de sa propre médiocrité physique et intellectuelle, une jeune fille qui avait d’ailleurs dans son enfance manifesté certaines tendances mythomaniaques, prend l'habitude de se faire valoir chez elle, en prétendant qu’elle gagne plus qu’elle ne gagne réellement et auprès de ses compagnons de travail, en prétendant sa famille plus riche qu'elle n’est. Pour soutenir ses prétentions, elle est entraînée à des vols au dépens de ses patrons. Découverte, elle s’aigrit, s'enfuit deux fois de chez elle ; doit mener une existence laborieuse et chétive. Finalement elle est internée. Quand son orgueil n’est pas en jeu, elle se montre franche et naturelle.Elle reconnaît d’ailleurs ses torts et s’en montre sincèrement affligée. La question thérapeutique pose la question de ses rapports familiaux et de ses sentiments vis-à-vis de sa mère.

Nous allons adopter la classification de Dupré

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et décrire successivement : la mythomanie vaniteuse, la mythomanie maligne et la mythomanie perverse, cette dernière restant sous toute réserve.

LA MYTHOMANIE VANITEUSE est la forme la plus fréquente, sinon la plus dangereuse. Elle se tradu’* par :

1° La hâblerie fantastique qui n’est pas absolument un jeu désintéressé puisque le désir de gloriole l’anime. Le hableur forge des récits étonnants, d’une imagination étourdissante, dans lesquels il se donne le beau rôle. Vantardise et fanfaronnade sans méchanceté. Pendant longtemps, ces histoires peuvent jouir d’un certain crédit, à condition de porter la marque d’un esprit assez intelligent. On retrouve ici l’impérissable Tartarin que A. Daudet a si bien brossé, On retrouve aussi Dorante, le personnage du « Menteur» de Corneille. Ce sont des malades qui ont les délires des inventions, qui font des projets irréalisables, dans le seul but d’attirer sur eux l'attention. On y trouve également des sujets qui portent illégalement des uniformes, des décorations, se disent diplomates et enfin les usurpateurs de fonctions.

2° L’auto-accusation criminelle est une autre variété de la mythomanie vaniteuse. Ge sont presque toujours de grands débiles qui empruntent aux événements sensationnels de l'actualité, les éléments de leurs fables et se dénoncent par déposition verbale

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ou écrite, aux autorités, comme les auteurs d’un grand'cerime dont ils ont lu les détails dans la presse. Il leur arrive aussi de s’accuser de crimes qu'ils ont inventé de toutes pièces ; ils s'expriment avec une telle précision, ils multiplient les détails à un tel point que l’invraisemblance de leurs récits oblige à des enquêtes judiciaires, mais dès les premières vérifications, le caractère purement imaginatif de ces récits apparaît avec évidence.

3° L’automutilation, est une manifestation pathologique, bien curieuse, de la mythomanie vaniteuse. Brouardel cite le cas d’une jeune fille qui disait avoir été l’objet d’une attaque en wagon et présentait une toute petite plaie au-dessus du sein gauche. L'enquête judiciaire fut négative, malgré les détails donnés par la petite victime, et on finit par découvrir que le couteau de l'assassin avait été acheté un mois auparavant par la victime elle-même.

4° Faux attentat, comme nous avons vu dans l'exemple précédent.

5° Simulations de maladies dont l'observation de Goudon et Caravin et celle obligeamment communiquée par un chef de service des Sanatoriums Emile Roux, publiées plus loin, vont constituer des exemples démonstratifs. Ce sont des sujets qui aiment se faire passer pour malade, font monter leur thermomètre, arrivent jusqu'à se faire opérer. C'est ici qu'il y aurait lieu de parler des rapports qui exis-

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