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tent entre la mythomanie et l’hystérie, mais cela nous entraiînerait trop loin et nous nous contenterons tout simplement de rappeler que « l’hystérie », d'après Dupré et Logre, « est la mythomanie des syndromes ».
6° Tentatives de suicide ; quelquefois pour impressionner, mais souvent ils vont jusqu’au bout. Fernandez et Huergo rapportent l'observation d’une jeune fille mythomane qui, réprimandée par ses parents pour des disputes qu'elle provoquait, disait à tout le monde qu'elle se suiciderait. Si elle se sentait surveillée, elle simulait les désirs de se suicider en allant jusqu'à la palissade du chemin de fer qui était à quelques mètres de sa maison et restait là un certain temps, faisant semblant d'attendre l’arrivée du train. La famille, fatiguée par ces comédies continuelles, ne se préoccupa plus de ses intentions et, pour cela, la malade a abandonné ces manières d’agir. Dans un autre cas cité par M. Lévy-Valensi (conférence du 19 Janvier 1936 à Sainte-Anne), il s’agit d’un jeune homme de 20 ans un peu poète qui fête son anniversaire avec des camarades. Il s’absente un moment, puis on le trouve mort sur son lit couvert de fleurs.
7° Tendance au vagabondage. C'est la « mythomanie errante » qui est caractérisée par l’association à l’activité mythique de la tendance au vagabondage. Les sujets sont des fabulants actifs poussés par l'envie non seulement de forger, mais encore de vi-
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vre des romans d'aventures. La forme infantile de cette variété mythopathique, crée les petits Robinsons ; on les arrête souvent dans les ports de mer, alors qu'ils sont sur le point de s'embarquer comme mousses. Certains suivaient les régiments pendant la guerre : ils étaient devenus les enfants des soldats et s’occupaient des cuisines, tout fiers de porter un bonnet de police. La forme adulte crée les vagabonds de toutes les classes, certains chemineaux, beaucoup d’aventuriers.
LA MYTHOMANIE MALIGNE se rencontre surtout chez la femme et s'accompagne d’un véritable instinct de destruction. Elle revêt deux formes principales : malicieuse et hétéro-accusation calomnieuse.
1° Dans la forme malicieuse, la plus bénigne, on arrange les mystificateurs qui gardent l’anonymat pour jouir en secret des fabulations, des machinations qu'ils ont dirigées contre autrui. Cette forme s'apparente de près à la mythomanie vaniteuse. Beaucoup plus grave est la véritable mythomanie maligne. Toutes les variétés peuvent se rencontrer. Il existe une gradation ascendante depuis la petite malignité jusqu’à la mise en œuvre des procédés les plus invraisemblables destinés à perdre l’objet de leurs machinations. Les mythomanes malins mettent tout en œuvre pour satisfaire leur instinct de destruction : récits mensongers, letres anonymes, l’organisation de scène. La lettre anonyme est un de leurs procédés les plus habituels. Elle est la marque
d'une tendance purement maligne ; l'absence de toute signature écarte en effet tout caractère vaniteux. Elle renferme le plus souvent des dénonciations formelles ; son mobile incitateur est des plus bas : on y retrouve la haine, la jalousie, les désirs de vengeance.
2° Enfin, la variété la plus curieuse et la plus grave des conséquences de mythomanie maligne, c'est l’hétéroaccusation calomnieuse, dont l'Affaire de La Roncière consttiue un exemple célèbre.
Il s’agit là, d’une jeune fille de 16 ans, mythomane, dont les fausses allégations de viol avaient fait condamner à tort à 10 ans de réclusion (en 1835) le lieutenant de lanciers Emile de la Roncière. C’est une mythomane vaniteuse et maligne: vaniteuse par le récit mélodramatique de la fausse tentative de viol, et maligne par ses dénonciations calomnieuses sans autre but que de nuire.
En général, il s’agit presque toujours d’une femme et d’une accusation génitale. Ce sont de jeunes femmes qui simulent le plus souvent une tentative de viol. Elles imaginent une mise en scène des plus dramatiques : les désordres des vêtements et des meubles, les bris de carreaux, les traces de lutte, rien ne manque pour étayer une accusation, pour ouvrir une enquête et c’est au moment de l’instruction qu'apparaissent les symptômes les plus nets de l'accusation mythomaniaque. Le plus souvent en effet, on est frappé par l’apparence lucide, sincère et